Le président de la STLévis, Mario Fortier, veut que le dossier du fonds d'immatriculation soit réglé d'une façon permanente. CRÉDIT : ÉRICK DESCHÊNES

Les dirigeants de la Société de transport de Lévis (STLévis) demandent au nouveau gouvernement provincial de résoudre le problème de la répartition des sommes récoltées à Lévis pour la contribution au transport en commun sur les immatriculations (fonds d’immatriculation) dans le prochain budget.

«Nous interpelons les trois députés de Lévis de la Coalition avenir Québec, qui sont des élus du parti au pouvoir, pour corriger l’iniquité historique dans le dossier du fonds d’immatriculation. On sait que Marc Picard (député des Chutes-de-la-Chaudière) y travaille depuis 15 ans. Avant les dernières élections, il nous a dit qu’il avait l’aval de son parti pour que le problème soit résolu. Notre confiance est élevée, mais nos attentes sont élevées. S’ils ne livrent pas, nous referons des sorties médiatiques», a tonné Mario Fortier, président de la STLévis, lors d’une entrevue le 20 février.

Rappelons que «l’iniquité», dénoncée par l’administration Lehouillier, remonte à 1992. Depuis ce temps, la moitié des 30 $ que paient les automobilistes lévisiens lors de leur renouvèlement d’immatriculation au profit du transport en commun est versée au Réseau de transport de la Capitale (RTC).

Entre 2009 et 2014, Québec a octroyé un montant compensatoire de 1 M$ par année à la STLévis pour corriger temporairement le tout avant l’adoption d’un nouveau cadre de répartition. Cependant, la rétribution a été stoppée depuis 2015. Avant les élections de l’automne dernier, le précédent gouvernement libéral avait accordé une aide financière transitoire de 1,9 M$ sur deux ans à l’organisme paramunicipal.

Toutefois, la STLévis en a marre des solutions temporaires. Voulant toutefois que le RTC puisse conserver son budget actuel, l’organisme paramunicipal lévisien veut une compensation entière qui sera en vigueur d’ici l’ouverture du réseau de transport structurant de Québec en 2026 ou 2027. Cette nouvelle infrastructure pourrait alors provoquer une redistribution des sommes récoltées par le fonds d’immatriculation puisque la STLévis n’aurait peut-être plus à envoyer ses autobus sur la Rive-Nord pour répondre aux besoins de ses clients.

«On ne parle pas de faire atterrir Apollo 13. On parle de régler un dossier de 1 point quelque M$ par année et d’argent que les Lévisiens versent déjà au fonds d’immatriculation. On veut l’équité envers les citoyens de Lévis. Depuis 2009, 6,2 M$ nous ont échappé et ont été donnés au RTC», ont illustré M. Fortier et Jean-François Carrier, le directeur général de la STLévis.

Développement freiné

 Si elles s’ajoutent au budget de la STLévis, les sommes demandées par l’organisme paramunicipal lui permettraient de mettre en branle plusieurs projets qu’elles caressent depuis un certain temps.

«Par exemple, contrairement à Sherbrooke, Laval, Gatineau et Longueuil, nous ne pouvons offrir des journées gratuites aux 65 ans et plus puisque nous sommes toujours en recherche de revenus en raison de cette iniquité», a expliqué M. Carrier.

Le gouvernement y travaille

 Bien au fait du dossier depuis son arrivée à l’Assemblée nationale en 2003 et ayant rencontré la STLévis au cours des derniers jours pour discuter de ce dossier, le député des Chutes-de-la-Chaudière, Marc Picard, assure pour sa part que sa formation politique veut faire disparaitre la problématique.

«Je travaille avec le ministre des Transports, M. Bonnardel, pour trouver une solution permanente et la plus optimale pour la STLévis jusqu’à ce que l’interconnexion avec le réseau de transport structurant de Québec devienne réalité. Avant, j’avais présenté des projets de loi, mais l’appareil bureaucratique nous a dit que ce n’était pas le bon chemin. Nous travaillons sur d’autres scénarios pour trouver une solution. Il faut trouver 4,6 M$ pour répondre aux attentes de la Ville de Lévis. Ce n’est pas compliqué de le demander, mais c’est plus compliqué de trouver l’argent pour faire le chèque», a déclaré M. Picard, en partageant son souhait de voir le dossier réglé d’ici le prochain budget provincial.

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