CRÉDIT : AUDE MALARET

Devant une salle comble et pendue à ses lèvres, la vice-présidente du Groupe Camada a présenté sa vision de l’entrepreneuriat auc gens d’affaires à l’invitation de la Chambre de commerce de Lévis, dans le cadre de l’Activité au féminin Femmessor, le 14 février. Femme et entrepreneure inspirante, Marie-France Poulin a partagé ses rêves et ses conseils.

«Comme femme, à travers ma carrière, j’ai eu à naviguer dans un univers presque 100 % masculin. Parfois intimidant. Il y a maintenant plus de 30 ans, lorsque j’allais à une exposition ou une foire commerciale et que nous présentions nos baignoires tourbillons remplies d’eau, on me demandait à quelle heure je sautais dans la baignoire. Et, on était loin de croire que je dirigeais cette division de Maax à l’époque», se souvient de ses débuts Marie-France Poulin.

À 23 ans, la jeune femme se consacre «avec passion» à l’entreprise familiale bâtie par son père. «Je suis la fille à placer. J’ai tout à apprendre. J’ai tout à prouver», constate-t-elle. Nous sommes en 1985, elle y œuvrera jusqu’en 2004, année de la vente de Maax à un consortium ontarien et américain. Une page se tourne. «On a vendu l’entreprise, mais on n’a pas vendu notre fibre entrepreneuriale», rappelle-t-elle.

Puis, la famille Poulin crée le Groupe Camada, un family office comme on dit dans le jargon de la finance, avec l’ambition de bâtir de nouvelles entreprises, découvrir les talents et les accompagner vers le succès.

Pendant toutes ces années, Marie-France Poulin travaille fort, persévère. «J’ai pris ma place. Et j’ai cherché, peut être trop souvent, à prouver ma valeur et démontrer que je n’étais pas seulement que la fille à placer. J’étais Marie-France, prête à conquérir la planète et à mobiliser tout un réseau pour qu’on fasse ça en gang.» 

Briser le plafond de verre

 De son propre aveu, ce sont ses expériences qui l’ont poussée à choisir d’appuyer les femmes, les outiller, leur donner confiance et leur permettre de renouer avec l’ambition et l’espoir, mais surtout oser aller au bout de leurs rêves. 

 «J’ai besoin de faire une différence et de créer de la valeur pour des entrepreneurs d’ici, pour ma région, pour les femmes, pour ma communauté», affirme-t-elle. Car le constat est sans appel : «Le plafond de verre n’est pas que dans les conseils d’administration, il est aussi dans les postes de direction de nos entreprises».

Les leçons apprises au fil des ans, elle les transmet aujourd’hui aux jeunes femmes. Ainsi qu’aux jeunes hommes! «N’attendez pas que l’on vous découvre. Positionnez-vous, dans le sens de prenez votre place. Donnez votre opinion, challengez les idées des autres, précisez vos attentes, faites-vous un plan d’action. En fait, mettez-vous en mouvement!».

Marie-France Poulin estime qu’une entreprise n’est jamais une fin en soi. Après une vente, même lorsqu’un siège social disparaît, très souvent un entrepreneur renaît. L’entrepreneurship ne se vend pas. Se préoccuper de la relève entrepreneuriale est donc essentiel, car «il faut collectivement transférer le goût d’entreprendre».

Parce que le plus grand risque qui guette les entrepreneurs est de faire du surplace, plonger, oser sortir de sa zone de confort et se faire confiance sont pour l’entrepreneure les clés de la réussite. Elle rappelle aussi combien travailler avec les bonnes équipes, être accompagné et profiter du bagage de ceux qui se sont lancés avant peut augmenter les chances de succès.

L’équilibre plutôt que la performance

 «Le mythe de la performance dans tout, oubliez ça. Cherchez plutôt l’équilibre. Identifiez vos piliers qui vous ramèneront à l’ordre, qui vous aideront à y voir clair parce que parfois ça déborde. Pour moi, c’est la santé, la famille, le travail, les amitiés et une certaine spiritualité. Certains peuvent l’appeler zénitude, peu importe», confie-t-elle avant d’inciter chacun à se donner des règles de vie et d’apprendre à dire oui. Et à dire non. «On ne peut pas rêver, on ne peut pas performer si on est crevée.» 

Être soi-même, réinventer ses modèles, innover dans les façons de faire. «C’est une bonne façon de se démarquer et c’est assurément votre façon de contribuer à changer le monde. Soyez vous même.»

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