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Consommation • Environnement
Une culture bien originale à Saint-Anselme
Publié le 13 juin 2017 11h02

Producteur laitier sur sa propriété de Saint-Anselme, Denis Carrier travaille depuis quelques années à implanter une nouvelle culture fruitière sur ses terres : celle de la camerise. Et dans quelques semaines, le Bellechassois pourra littéralement récolter le fruit de ses efforts.

Par Érick Deschênes
erickdeschenes@journaldelevis.com

Désirant depuis quelques années diversifier ses activités avec une culture fruitière, c’est en 2014 que Denis Carrier s’est lancé dans l’aventure de la camerise. Petite baie ovale souvent comparée à une forme allongée du bleuet, la camerise (aussi connu sous le nom de chèvrefeuille comestible ou haskap) possède un goût unique, souvent associé au cassis, au bleuet et à la framboise.

L’un des petits fruits les plus riches en antioxydants, la camerise est récolté depuis des centaines d’années au Japon et en Russie. Au Canada, les cultivars de camerisiers comestibles ont été développés dans les années 2000 dans le cadre du programme du Dr Bob Bors, un spécialiste des arbres fruitiers de l’Université de la Saskatchewan. L’implantation des camerisiers est en cours au Québec depuis 2007, particulièrement au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Dans la grande région de Québec, Denis Carrier est l’un des rares producteurs.

«Du bleuet, il y en a partout. Le marché est saturé et j’ai abandonné le projet d’implanter cette culture que j’avais d’abord visée. De fil en anguille, on est tombé là-dessus. J’ai eu l’occasion d’en goûter et j’ai trouvé cela bon. En plus, cette culture répondait à l’un de mes critères : que sa récolte puisse être mécanisée. Alors, j’ai dit qu’on relevait ce nouveau défi», explique le propriétaire de Camerises Saint-Philippe sur l’origine de son projet.

Années de découvertes

Toutefois, l’aventure n’a pas été de tout repos. S’il savait que la production commerciale ne se ferait que quelques années après la plantation des arbres en 2014, Denis Carrier a dû se creuser les méninges pour trouver des solutions à des problèmes ou des irritants qui sont apparus en cours de route.

Notamment l’an dernier, alors que plusieurs fruits pas encore mûrs étaient sortis, le producteur agricole du chemin Saint-Philippe a vu des oiseaux s’abattre sur ses plants et dévorer une bonne partie des fruits. Une situation que n’avaient jamais vécue les producteurs de camerises du Lac-Saint-Jean. Ainsi, Denis Carrier a dû concocter un système de filets pour protéger les arbustes de l’appétit des Jaseurs des cèdres.

«Tout est nouveau. Pour les filets, il y a deux dérouleuses de filet partout dans la province. J’ai dit à un gars de m’en inventer une. Pour ce qui est du récolteur, il y en a un polonais, mais il n’était pas de mon goût. Alors, on a fait développer un récolteur juste pour la camerise. Il n’y a pas de livre d’instruction qui vient avec ça, tout est nouveau», illustre le producteur bellechassois de camerises.

Un fruit à faire découvrir

Après des années d’efforts, Denis Carrier pourra finalement amorcer vers le 1er juillet la récolte à grande échelle des camerises sur les 11 acres qu’il a consacrées à cette culture. Si grâce à la construction de congélateurs Camerises Saint-Philippe prévoit vendre commercialement une partie de ses fruits, le public pourra aussi faire l’autocueillette de la camerise sur le site.

«On est fiers et on a très hâte. Et on a hâte que les gens viennent goûter à cela, qu’ils disent wow et qu’ils trouvent le fruit bon. On travaille toujours là-dedans, mais c’est beaucoup d’attente et d’argent dépensé. Là, on va arriver à avoir quelques sous, mais il faudra attendre encore quelques années avant d’atteindre le plein rendement», conclut Denis Carrier. 

Crédit photos : Courtoisie - Denis Carrier

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