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Un boisé bientôt détruit pour des maisons mobiles ?
Publié le 22 octobre 2012 09h46

Cherchant activement des terrains pour relocaliser les locataires de maisons mobiles du secteur de la rue de l'Aréna à Saint-Nicolas, la Ville de Lévis projette de vendre un terrain boisé dans le domaine de l'Érablière à Saint-Nicolas pour accueillir huit maisons mobiles. Une solution dénoncée vivement par une résidente du secteur, Natalie Guay.

Par Érick Deschênes
e.deschenes@journaldelevis.com

«Je me sens flouée. Je me suis installé ici pour vivre dans un terrain boisé et la Ville veut avoir une dérogation pour déboiser un terrain donné afin de créer un parc. C'est un déboisement massif qui va se faire sur ce terrain pour permettre la création d'un stationnement à roulottes», a ironisé en entrevue téléphonique la semaine dernière Natalie Guay.

Rappelons qu'il y a une trentaine d'années, le terrain avait été donné par un promoteur à la Ville de Bernières à titre de compensation. Dans cette entente, le terrain devait servir à la Ville pour créer un parc. À la fusion municipale, la Ville de Lévis a obtenu ce terrain avec la même condition.

Toutefois, comme l'a expliqué François Tremblay, conseiller en développement économique, dans un échange de courriels avec Mme Guay, la Ville juge qu'il est inutile de construire un parc à cet endroit.

«Depuis l'époque de la transaction, le besoin d'aménager un parc à cet endroit n'est plus ressenti. De même, la topographie du site est peu propice pour l'aménagement d'un parc (…) Par ailleurs, la Ville doit actuellement gérer un besoin criant en terrains pour des maisons mobiles sur son territoire. Les maisons mobiles seront implantées de façon oblique par rapport aux rues, le tout en conformité avec les résidences adjacentes.»

De plus, le conseiller en développement économique a assuré que les futurs profits engendrés par la vente des terrains allaient être versés en entier au fonds servant à l'amélioration des parcs municipaux.

Des arguments qui ne portent pas

Cependant, Natalie Guay rejette les arguments et tient mordicus à la sauvegarde du boisé dans son état actuel. De plus, la trentenaire croit que d'autres terrains pourraient être utilisés au lieu du terrain ciblé par la Ville.

«Après le massacre du projet Vertbourg juste à côté, un moment donné, il y a des limites à donner des terrains pour déboisement dans des environnements boisés. Le terrain est un don de parc et il devrait rester un parc. Dans les faits, le terrain est utilisé par les voisins et les jeunes comme un parc. Doit-ton garder cet environnement fréquenté par les jeunes ou les laisser pourrir devant leur Nintendo ? On devrait plutôt relocaliser les maisons mobiles sur un terrain libre situé à côté du camping KOA près de tous les services. Sinon, on pourrait punir les promoteurs du projet Vertbourg d'avoir déboisé illégalement un terrain en les obligeant à accueillir ces maisons mobiles», a proposé la résidante du domaine de l'Érablière.

Du même souffle, la mère au foyer balaie du revers de la main les bénéfices que pourraient avoir la transaction pour le fonds d'amélioration des parcs municipaux.

«Ils nous disent que l'argent servira pour les parcs. Ce ne sont que de belles paroles. Il y a un petit parc à l'entrée du domaine et il n'y a aucun investissement depuis une dizaine d'années. La seule chose que l'on peut faire sécuritairement, c'est glisser. Lorsque je veux aller dans un parc entièrement sécuritaire, je dois aller au parc des Chutes-de-la-Chaudière», a argué Mme Guay.

«Ces gens-là ont le droit d'avoir un toit!»

Rejoint vendredi dernier par Le Journal de Lévis, le directeur des communications de la Ville de Lévis, Christian Brière, croit pour sa part que la Ville doit aussi prendre en considération les besoins des locataires de maisons mobiles expulsés.

«Les commentaires de Mme Guay ont été acheminés aux directions concernées. Toutefois, c'est un terrain qui appartient à la Ville et selon les observations de fonctionnaires municipaux, le terrain ne ressemble plus tellement à un parc. Nous avons à cœur la situation des locataires de maisons mobiles qui doivent déménager. Il faut leur trouver une place où ils pourront vivre et ce terrain respecte les critères», a rétorqué M. Brière.

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