Gilles Lehouillier a fait connaître la liste des bâtiments à valeur patrimoniale démolis (photo 1). Gaston Cadrin (photo 2).

Les bâtiments situés aux numéros 51, 57 ainsi que 61-63 de la rue Saint-Gilbert pourront finalement être démolis, a tranché le conseil municipal dans le cadre de l’appel, déposé par deux citoyens, de la décision du comité de démolition de la Ville de Lévis autorisant la destruction à la demande du propriétaire et promoteur, Michel Boutin.

«Ce soir, l’heure n’est plus aux discussions, l’heure est à la décision», a averti le maire Gilles Lehouillier en ouverture de la séance extraordinaire du conseil municipal, le 18 février.

«La décision qu’on rend ce soir, on le fait dans l’intérêt de la collectivité, dans l’intérêt des gens de la rue Saint-Gilbert, je le réitère. Amélie Landry, la conseillère municipale dans le quartier, n’a eu aucun téléphone de gens disant : ‘’Il faut que vous preniez une décision x, y ou z.’’ J’ai représenté ce quartier pendant 20 ans, si les gens de la rue Saint-Gilbert n’avaient pas été d’accord avec le projet, ils nous l’auraient dit», a justifié le maire face aux citoyens venus défendre la sauvegarde du patrimoine bâti lévisien.

Plusieurs raisons ont été invoquées pour justifier le maintien de la décision favorable du comité de démolition, telles que le «piètre état physique» des bâtiments constaté par les experts mandatés par le propriétaire et confirmé par le rapport de contre-expertise demandée par la Ville qui rend «difficile tout projet de réhabilitation des bâtiments», «la détérioration de l’apparence architecturale», l’importance des travaux qui seraient nécessaires pour stabiliser et rendre habitables les bâtisses ainsi que leur coût, et la conformité des projets de remplacement aux règlements.

Dans le document, on peut aussi lire que «le conseil de Ville a tenu compte de l’ensemble des commentaires formulés» devant le comité de démolition ainsi que lors de l’audition de l’appel et qu’il «est convaincu de l’opportunité de la démolition de chacun des immeubles compte tenu de l’intérêt public et de l’analyse des documents pertinents».

«C’est un droit démocratique des gens de déposer des demandes de démolition. On ne peut pas l’empêcher, c’est dans la loi. Chaque cas est analysé en particulier. Bien sûr, on tient compte de l’aspect patrimonial. Bien sûr, on tient compte de plusieurs aspects. Mais on tient compte aussi de la viabilité des projets», a fait valoir le maire qui s’est fondé sur le faible nombre de citoyens présents pour en conclure «qu’on a le sentiment profond que l’ensemble des membres de la communauté souscrit aux projets de remplacement qui ont été présentés. C’est la conclusion à laquelle on arrive ce soir.»

Combien de démolitions en dix ans?

Revenant sur sa déclaration devant le conseil municipal lors de l’audition de l’appel, Gaston Cadrin, vice-président environnement et patrimoine du Groupe d’initiative et de recherches appliquées au milieu (GIRAM) a réitéré son affirmation. «Vous avez spécifié que, lorsqu’on a affirmé qu’une vingtaine de maisons (à valeur patrimoniale) avaient été démolies en dix ans, c’était plutôt cinq. Alors, on a vérifié dans nos dossiers et on est arrivé à 21 depuis 2008.»

De fausses informations selon le maire qui a en réponse déposé  liste officielle fournie par la Ville de Lévis. «Je l’ai faite déposer publiquement ce soir», a indiqué Gilles Lehouillier.

La liste comporte cinq bâtiments à forte valeur patrimoniale détruits depuis 2010, soit le 133 du chemin Harlaka (ancien chemin Saint-Hélène), l’église Sainte-Bernadette, le Fort Numéro 3, le 1022 rue Gagnon et le 419 de la rue Saint-Joseph, ainsi qu’un bâtiment à valeur patrimoniale supérieure, la maison Rodolphe-Audette.

Au total, 94 démolitions ont été autorisées depuis 2010, selon les chiffres fournis par la Ville. En plus des bâtiments précédemment mentionnés, 17 bâtiments à valeur patrimoniale moyenne ont été démolis, 37 à valeur patrimoniale faible et 34 sans aucune valeur patrimoniale.

«Les critères sont très rigoureux, la sélection est très rigoureuse. Ça a été fait par des firmes spécialisées», a commenté le maire.

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