C’est dans l’Église Sainte-Jeanne-d’Arc de Lévis, où André et Aline se sont mariés, que s’est tenue la cérémonie d’adieu.

Aline Carrier a cessé de vivre le 1er novembre à l’Hôtel-Dieu de Lévis, auprès de ceux qu’elle a aimés et qui l’ont aimée tout au long de sa vie. À 61 ans, après avoir combattu la maladie, celle qui n’a jamais baissé les bras, a choisi de partir dans la dignité. André Plourde, son époux qui l’a accompagnée tout au long du processus, a décidé de raconter ce qu’est l’aide médicale à mourir.

L’histoire d’Aline, celle d’un amour partagé pendant 25 ans, André la raconte exactement comme ça s’est passé, du plus profond de son cœur. Il parle avec force et tendresse, la tristesse laissant place au rire, lorsqu’il évoque les souvenirs des beaux moments partagés avec son aimée. Chacune de ses paroles est un hommage à son épouse, dont les traits se dessinent mots après mots. Belle, fine et douce. Un cordon bleu. Une combattante, avec une force de caractère extraordinaire. Sa voix se brise. «À la fin, elle ne parlait plus, elle écrivait… Des mots d’amour», confie André dans un sanglot. Aline était sa compagne de vie et elle a choisi l’aide médicale à mourir alors qu’il n’y avait plus aucun recours pour qu’elle recouvre la santé.

En livrant le récit de son expérience, André espère contribuer à démystifier ce sujet tabou. Il a pensé son témoignage et écrit un texte sur l’aide médicale à mourir pour donner, à ceux qui le souhaitent, matière à réfléchir à partir d’une expérience vécue.

Être convaincue de sa décision

De ce processus, André garde avant tout en mémoire la force et le courage que s’est donnés Aline pour aller jusqu’au bout. Car elle était convaincue de sa décision.

«Quand on a été inclus dans ce projet, c’est quasiment un projet dans le fond, on réalise comme c’est important que la personne concernée soit convaincue de sa décision. Il y a des moments d’hésitations, il y a des moments de ci, il y a des moments de ça. Il y a cette journée où mon épouse a dit : “Je suis convaincue de prendre la bonne décision… Mais, c’est toute une décision à prendre.”», se souvient-il avec une pointe d’admiration.

Mais, surtout, elle était soutenue, par son époux, par ses sœurs, par sa famille, par ses proches. Par ceux qui la voyait souffrir et ont accepté, sans jugement, qu’elle n’ait pas envie de subir davantage de traitements médicaux pour prolonger sa vie, mais aussi ses souffrances, quelques temps de plus. Sachant ce qui l’attendait encore, elle avait prévenu.

«André, si à un moment ils m’offrent ça (la chimiothérapie), c’est non.»

Souffrir n’avait plus de raison d’être

«Je lui ai dit : Aline, je n’ai pas de conseil à te donner. Je sais que c’est réfléchi et je veux que tu saches que je t’appuie à 200 %. Savoir que moi, j’étais là… Ça aurait été de l’égoïsme de la garder quelques mois de plus. C’est elle qui aurait souffert. Ça n’avait pas de raison d’être.»

Quatre ans plus tôt, le couple apprend qu’Aline est malade. Âgée de 57 ans, elle doit être opérée des cordes vocales et recevoir des traitements de chimiothérapie.

«Ils lui ont enlevé les cordes vocales et elle a réappris à parler sans appareil, en utilisant l’œsophage, comme les ténors font quand ils chantent. Quand elle a commencé, elle avait deux syllabes à dire. Le premier mot, ç’a été papa. Pa… Et puis ça lui prenait 45 à 50 secondes pour sortir le deuxième... Pa.»

Après l’opération, Aline va mieux. Mais son état de santé se dégrade à nouveau au fil des années. Jusqu’à ce qu’une radiographie montre que les poumons sont touchés. Quand elle prend la décision de demander l’aide médicale à mourir, Aline se trouve prise en charge au service de soins palliatifs de l’Hôtel-Dieu de Lévis.

Vivre ce qu’il y a à vivre ensemble

Pour le jour de son départ, Aline et sa famille ont suivi les recommandations du médecin. Ils avaient réservé une salle de l’hôpital et se sont réunis autour d’elle pour partager cet ultime moment, dans le bonheur d’être ensemble. Ses sœurs avaient préparé de petites bouchées d’après ses recettes qu’elle leur servait. Aline s’était habillée avec l’aide de sa sœur.

«Ça faisait un mois et demi qu’elle ne s’était pas habillée. Elle a mis du fond de teint et du rouge à lèvres. Elle s’est habillée comme une princesse. Elle est partie de sa chambre avec sa marchette et elle est arrivée dans la salle. On est allés chercher des fleurs, pas de pleurs. C’était de toute beauté.»

Ils ont pris leur temps et vécu ce qu’il y avait à vivre. «Elle a parlé avec tout le monde. Elle encourageait l’un, elle encourageait l’autre. C’était sublime. Elle riait.» Aucune heure précise n’avait été fixée.

Avec André, Aline est allée dans sa chambre. Ils se sont embrassés. Ils se sont serrés dans les bras l’un de l’autre. «Elle a remonté elle-même son gilet et elle a dit : “Je suis prête.” Et ça s’est fait tout en douceur, on ne l’a pas quittée. Quand ç’a été terminé, on est restés.» Comme perdurent aujourd’hui les souvenirs et tout l’amour d’André pour Aline.

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