Clément Genest, président du Comité des Finances, et Gilles Lehouillier, maire de Lévis.

La Ville de Lévis a annoncé le 18 décembre une hausse de taxes moyenne de 2,8 %, qui s’explique, notamment, par l’inflation de 1,7 % annoncée par Québec en 2018 ainsi que le besoin de bonifier les infrastructures et de résorber le déficit d’entretien des infrastructures existantes.

Rappelons que 2016 et 2017 avaient été marquées par des hausses de 1,8 et 1,9 %. Il faut retourner à 2012 pour voir une hausse supérieure, soit de 3,7 %. L’augmentation du compte de taxes commerciales, elle, est de 3,5 %, contre 1,9 % en 2017. Il demeure le plus faible des communautés métropolitaines avoisinantes, avec un écart allant jusqu’à 35 %.

Président du Comité des finances de la Ville, Clément Genest a précisé que la charge fiscale moyenne des Lévisiens demeurait plus faible que la majorité des 10 grandes villes du Québec. «Selon le profil financier du ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire (MAMOT), la charge fiscale de Lévis était 12,3 % de moins que la moyenne des 10 grandes villes en 2017», ont répété les différents intervenants en conférence de presse.

Marge de manœuvre

Si cette augmentation permet de maintenir une taxation parmi les plus faibles au Québec, il s’agit néanmoins de la hausse la plus importante depuis l’arrivée de Gilles Lehouillier à la mairie. Le boom résidentiel connu dans les deux dernières années, deux fois plus grand que ce qui avait été estimé par le secteur de l’urbanisme lors de la présentation du Schéma d’aménagement, soit environ 1 600 permis plutôt que 800, oblige la Ville à se donner une marge de manœuvre.

«On fracasse des records au niveau du développement résidentiel, alors on est en train de repositionner notre stratégie, en diminuant dans l’unifamilial et en augmentant dans la haute densité. Ce boom nous met une certaine pression et pour y arriver, ça prend la mise à niveau de nos équipements. On a fait un effort pour maintenir notre taxation à un niveau acceptable et on vise maintenir la hausse de taxes à l’inflation dans les prochaines années. On doit trouver l’équilibre entre le résidentiel et l’industriel», a expliqué le premier magistrat.

D’ailleurs, les 2 M$ encaissés grâce à l’augmentation de taxes seront justement dirigés vers les travaux publics. Selon M. Lehouillier, cette augmentation aurait pu être plus grande si ce n’était du 1,2 M$ retranché de la masse salariale à la Ville, en raison de l’optimisation des dépenses, notamment par une plus grande rigueur au niveau des heures supplémentaires.

Richesse foncière

Lévis occupe le premier rang au chapitre de la croissance de sa richesse foncière avec un taux de 20,3 %, entre 2013 et 2017, contre un taux moyen de 16,1 % pour les 10 grandes villes du Québec. La municipalité détient également le meilleur ratio des dépenses sur la richesse foncière uniformisée à 1,57 %, comparativement à une moyenne de 2,18 %.

Le budget augmente de 9,9 M$ et atteindra 267,8 M$ en 2018, incluant un revenu supplémentaire de 4,4 M$ provenant du développement économique dynamique. Dans les dépenses, on note, entre autres, l’ajout de 2,2 M$ pour l’entretien des structures et une hausse de 250 000 $ de la quote-part versée à la Société de transport de Lévis.

Dette

La dette brute (capital et intérêts) augmentera de 3,5 M$, pour s’élever à 51,6 M$ en 2018. Elle respecte néanmoins les trois paramètres de la politique de gestion de la dette de la Ville, qui consistent en une richesse foncière uniformisée (2,30 %) et un endettement par unité d’évaluation (6 890 $) sous la moyenne des cinq grandes villes de moins de 200 000 habitants (2,95 % et 7 437 $), en plus de ne pas excéder 20 % de ses revenus totaux, à 17 %.

Gilles Lehouillier a rappelé que la Ville de Lévis élabore depuis cette année, un plan d’action visant à plafonner les emprunts nets pour les 10 prochaines années. La Ville vise diminuer l’augmentation de cette dette au cours des deux ou trois prochaines années, puis la stabiliser pendant quatre ou cinq ans, pour commencer à la réduire vers 2026 ou 2027. 

Immobilisation

La fluidité de la circulation ainsi que l’entretien et l’amélioration des équipements sportifs, en plus des infrastructures d’aqueduc et d’égout sont au cœur du programme triennal d’immobilisation (PTI) 2018-2019-2020, qui totalise 330,2 M$ pour des emprunts nets de 202,5 M$.

Ce montant inclut un supplément de 10,5 M$ par rapport à ce qui avait été discuté en 2017, en lien avec la construction du viaduc de Saint-Rédempteur, qui n’a pas obtenu de subvention provinciale. 27 M$ seront consacrés dans ce projet, 32,8 M$ à la construction du complexe aquatique multifonctionnel de Saint-Nicolas et 24 M$ dans la réfection du pavage, des bordures et des trottoirs sur l’ensemble du territoire. La phase 1 de la construction d’un nouveau poste de police, les développements des parcs industriels, du secteur du pôle commercial Saint-Romuald et du secteur de Saint-Étienne varient chacun entre 10 et 20 M$. 

INVESTISSEMENTS PRÉVUS PAR SECTEUR D’ACTIVITÉ

Infrastructures d’aqueduc et d’égout (103,6 M$)

  • Réfection de réseaux d’aqueduc, égout et voirie (34,9 M$);
  • Réseaux d’égout (24,2 M$);
  • Réseaux de distribution de l’eau et leur interconnexion (20,1 M$);
  • Développement et aménagement de parcs industriels (17,5 M$).

Développement du territoire (69,7 M$)

  • Lien de Saint-Rédempteur (27 M$);
  • Développement dans le secteur du pôle commercial Saint-Romuald (13,1 M$);
  • Développement des infrastructures dans le secteur Saint-Étienne-de-Lauzon (10,2 M$);
  • Prolongement de la rue Saint-Omer et raccordement au boulevard Étienne-Dallaire Est (9,9 M$);
  • Aménagement du secteur de la Traverse (3,9 M$);
  • Développement du secteur Monseigneur-Bourget Sud (2,6 M$).

Loisirs et culture (62,8 M$)

  • Construction d’un complexe aquatique multifonctionnel – arrondissement Chutes-de-la-Chaudière-Ouest (32,8 M$);
  • Construction de la Maison de la musique et école de danse (6,9 M$);
  • Poursuite des investissements amorcés dans divers parcs et pistes cyclables :
    • Grands parcs urbains (2,3 M$);
    • Aménagement et l’entretien des parcs (2,4 M$);
    • Interconnexion des pistes cyclables (1,6 M$);
  • Réfection d’arénas et systèmes de réfrigération (5,8 M$);
  • Rénovation de la bibliothèque Pierre-Georges-Roy (1,4 M$).

Transport (48,7 M$)

  • Réfection de pavage, bordures et trottoirs (24 M$);
  • Mesures pour la mobilité durable (4 M$);
  • Voies réservées secteur Saint-Rédempteur (3,9 M$);
  • Ajout de feux et contrôleurs de circulation (3,3 M$).

Sécurité publique (23,6 M$)

  • Construction d’un poste de police – phase 1 (19,5 M$);
  • Acquisition de véhicules d’intervention incendie et équipement (2,6 M$).

Santé et bien-être (4,4 M$)

  • Développement de logements sociaux et communautaires (4,4 M$).

Notons que le PTI sera disponible à compter de mardi sur le site Internet de la Ville de Lévis, dans la rubrique Finances et gestion de la dette.

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