L’église Notre-Dame-de-la-Victoire, dans le Vieux-Lévis, vers 1920. CRÉDIT : BANQ – QUÉBEC – FONDS L’ACTION CATHOLIQUE

Les Lévisiennes et Lévisiens d’aujourd’hui seront sans doute étonnés d’apprendre que le territoire en face de la ville de Québec fut un jour comparé à l’ancienne ville autonome de Brooklyn, incorporée depuis 1898 à la ville de New York.

Par Claude Genest - Collaboration spéciale

Les différents journaux de Québec du 19e siècle s’intéressaient aux développements en cours de l’autre côté du fleuve sur la rive sud. Par exemple, Le Canadien du 21 septembre 1849 constate la croissance de la population de l’autre du côté du Saint-Laurent et «l’esprit d’entreprise et de commerce de ses habitants» et prédit que le territoire «promets de devenir dans quelques années, une ville très florissante, destinée à être pour Québec ce qu’est Brooklyn pour New York».

La comparaison est lancée et le journal revient sur le sujet l’année suivante, cette fois en écrivant le 17 juillet 1850 que «des hautes destinées» sont réservées et le voisin d’en face «sera bientôt à Québec ce que Brooklyn est à New York, et plus encore». 

Est-ce qu’il s’agit d’une comparaison exclusive aux rédacteurs du Canadien? La réponse est non. Au moment de la bénédiction de la cloche de l’église Notre-Dame, l’ancien Journal de Québec y va d’une prédiction surprenante dans son édition du 28 octobre 1851. «Dans quelques années, nous osons le prédire, l’édifice sacré où s’est faite cette cérémonie sera au centre d’une ville considérable qui deviendra pour Québec ce que Brooklyn est aujourd’hui pour New York.» Rien de moins.

Loin d’être éphémère, la comparaison avec Brooklyn revient çà et là pendant des années. Le 28 juin 1879 est lancé à Lévis un nouveau journal, Le Quotidien. Dans son premier numéro prospectus, on lit que «la ville de Lévis que l’on se plaît à appeler parfois la rivale de Québec et que l’on a baptisée un jour – toute proportion gardée – du nom de Brooklyn canadien». 

Loin de disparaître, cette expression est encore utilisée dix-sept ans plus tard par le journal La Semaine commerciale dans son édition du 16 octobre 1896 et par Le Temps à Ottawa le 14 novembre 1906. L’auteur Joseph-Edmond Roy n’est pas en reste et cite un autre article du Canadien daté du 17 juillet 1850 où on compare Lévis à Brooklyn dans sa biographie de Joseph-David Déziel, publiée en 1885 et rééditée cent ans plus tard en 1989.

Au fil des années, je me suis rendu compte que Lévis fut loin d’être la seule ville à se faire comparer à une ville américaine. En 1916, la ville de Trois-Rivières achète une publicité dans le Heaton’s Annual et se proclame la Buffalo du Canada. De son côté, l’ancienne ville de Maisonneuve (annexée à Montréal en 1918) se surnomme Pittsburgh du Canada. 

Et que penser des villes de Winnipeg, Chicoutimi et Collingwood qui se comparent respectivement au Chicago du Canada, au Chicago du nord et au Chicago miniature. La tendance est donc à la comparaison et Lévis n’y fait pas exception. Même Saint-Marc-des-Carrières se dit la Venise du Canada sur glace nous révèle Serge Lambert et Yvon Bellemare dans un ouvrage sur la Mauricie.

Phénomène unique pour les villes du nord de la frontière que de se comparer aux voisins du sud? Une chose est sûre, le cas de Lévis n’est pas unique et un article du journal montréalais Le Canada du 2 décembre 1908 qualifie Boston d’Athènes américaine.

Un nouveau collaborateur au Journal

Au cours des derniers mois, vous avez pu lire des chroniques historiques de Claude Genest (sur la deuxième photo - CRÉDIT : COURTOISIE) portant sur la pandémie de grippe espagnole de 1918 à Lévis. Vu le grand intérêt que vous avez manifesté pour ces retours dans le passé de notre ville, Le Journal de Lévis est fier de vous annoncer que M. Genest se joint dès le mois de juillet à votre hebdomadaire à titre de chroniqueur.

 Chaque mois, Claude Genest nous partagera ses nombreuses connaissances sur l’histoire lévisienne en nous rappelant des éléments méconnus de l’histoire de la ville.

 Diplômé en histoire de l’Université Laval en 1990, Claude Genest a notamment été assistant de recherche et historien du Mouvement Desjardins de 1993 à 2014 ainsi que présidents du conseil d’administration de la Société d’histoire de Lévis, de 2009 à 2012, et de la Corporation de développement du Vieux-Lévis, de 2016 à 2020. 

 M. Genest a aussi rédigé cinq livres historiques, soit Le Fort de la Martinière : défenseur de Québec, La Caisse populaire de Lévis 1900-2000. Là où tout a commencé (coauteur avec Guy Bélanger), L’inspection et la vérification dans le Mouvement des caisses Desjardins. Une tradition de rigueur et d’intégrité (coauteur avec Martine Côté), Histoire de la Caisse centrale ainsi qu’Une caisse, un siècle 1908-2008, 100 ans d’histoires. De plus, il a été collaborateur au journal Le Soleil de la Floride en 2014 et 2015 (Le rêve américain d’Alphonse Desjardins), pour quatre chroniques écrites en collaboration avec Pierre-Olivier Maheux.

Présentement, Claude Genest est responsable de 13 régions pour le programme Mes Finances, mes choix au Québec et en Ontario pour le Mouvement Desjardins.

Érick Deschênes

Directeur de l'information

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