L’Hôtel-Dieu de Lévis. CRÉDIT : ARCHIVES

Lancée sur change.org il y a trois semaines, la pétition «Pour le respect des droits des femmes et des personnes qui accouchent à Lévis» avait recueilli 1 419 signatures, le 14 septembre. Le texte dénonce les pratiques de l’Hôtel-Dieu de Lévis qui, selon des témoignages reçus par l’organisme à l’origine du mouvement, ne se conformerait pas aux directives du ministère de la Santé et des Services sociaux en imposant des restrictions supplémentaires.

«Plusieurs femmes et personnes qui accouchent nous ont rapporté une atteinte à leurs droits lors de leur accouchement à l’Hôtel-Dieu de Lévis», peut-on lire dans le texte d’une pétition qui dénonce la manière qu’a l’établissement d’appliquer les directives du ministère de la Santé pour lutter contre les risque de transmission de la COVID-19.

«Pour le respect des droits des femmes et des personnes qui accouchent à Lévis» a été lancée à la fin août par Sophie Mederi, responsable de projet et des communications du Regroupement Naissance-Renaissance, une organisation nationale basée à Montréal, dont font partie des organismes de la région.

C’est après avoir reçu les témoignages de six femmes, par l’intermédiaire de l’une d’elles, ayant toutes accouché à l’Hôtel-Dieu de Lévis pendant la pandémie que les organismes régionaux les ont orientées vers le Regroupement afin de faire porter leur voix. Elles ont alors partagé leur sentiment de détresse et même de violence ressenti lors de leur accouchement.

«De mes discussions avec les femmes, (j’ai appris que) Lévis a la réputation de ne pas être à l’écoute des femmes qui vivent beaucoup de violences obstétricales, rapporte Sophie Mederi. Je pense que la pandémie a exacerbé tout ça. Ils ne sont pas très pro sage-femme et le peau à peau aussi c’est difficile, particulièrement en cas de césarienne.»

Trois situations sont dénoncées par la pétition. D’abord, le fait que «les accompagnantes à la naissance ne sont toujours pas admises lors de l’accouchement», ensuite que «le peau à peau est interdit lors d’une césarienne, autant immédiatement après la césarienne qu’en salle de réveil» et finalement que «les sages-femmes qui doivent transférer une femme ou une personne qui accouche se voient refuser l’entrée en centre hospitalier sous prétexte que les visiteurs sont interdits».

Face à ces problématiques, la pétition demande «à l’Hôtel-Dieu de Lévis de respecter les droits des femmes et des personnes qui accouchent et que le centre hospitalier se conforme aux recommandations ministérielles sans délai».

Consignes en vigueur

Contacté par le Journal, le Centre intégré de santé et de services sociaux de Chaudière-Appalaches (CISSS-CA), qui n’a pas donné suite à la demande d’entrevue, a répondu par courriel à notre demande d’information sur la situation et les pratiques en vigueur à Lévis.

«Une seule personne est permise (la même) pendant tout le séjour», a fait savoir la porte-parole du CISSS-CA, Mireille Gaudreau, reprenant les consignes publiées sur le site Internet du CISSS. «Dans certaines situations qui le nécessitent, une seconde personne peut être permise. Cet aspect est discuté lors des rendez-vous de suivis de grossesse.»

Si le peau à peau est possible dans la salle d’intervention chirurgicale, a-t-elle précisé, «le peau à peau en salle de réveil n’est pas possible vu la non disponibilité de la table de réanimation dans le contexte de la COVID».

Avec la création d’une seconde salle d’opération qui doit être prête en tout temps pour les césariennes d’urgence, qui est une salle COVID, c’est-à-dire une salle «destinée aux césariennes pour les personnes ayant le virus ou symptomatiques», la table de réanimation néonatale de la salle de réveil a été déplacée et se trouve maintenant dans cette seconde salle de césarienne.

Pourtant, le ministère de la Santé rappelait dans ses directives que «le contact peau à peau est déterminant, (…) et il est recommandé pour un accouchement par voie vaginale ou par césarienne. Ses bienfaits sont reconnus (…). Compte tenu de l’impact de la pandémie sur la santé mentale, il est particulièrement important de privilégier ces contacts et la proximité pour diminuer (…) le risque d’anxiété et de dépression maternelle.»

«La présence des sages-femmes est permise selon les consignes et règles habituelles», a indiqué le CISSS-CA reprenant ainsi les mots du document publié par le ministère, «Directives pour la prise en charge des femmes enceintes et des nouveau-nés», le 2 juillet dernier. Le CISSS n’a toutefois donné aucune explication sur la situation dénoncée par la pétition qui contredit cette affirmation. 

Concernant la possibilité d’un second accompagnant, «il sera permis s’il est jugé requis par le médecin traitant (suite à son évaluation de la situation médicale de la cliente) ou selon les consignes en vigueur de la pandémie», indique Mireille Gaudreau, qui précise que, jusqu’à maintenant, cette possibilité n’a pas été utilisée à l’Hôtel-Dieu de Lévis.

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