CRÉDIT : GILLES BOUTIN - ARCHIVES

La deuxième journée des audiences publiques du Bureau du coroner, portant sur le décès d’un résident de la Résidence privée pour aînés (RPA) du Manoir Liverpool de Lévis, se déroulait au palais de justice de Québec, ce 13 avril. On apprenait que les doses d’insulines prescrites pour Jacques Levesque ne concordaient pas à celles inscrites à son dossier médical à la RPA de Saint-Romuald.

«On a vu une discordance entre l’échelle d’insuline qu’on avait au dossier et celle qu’on avait prescrite. […] Le patient recevait donc des doses supérieures à celles prescrites», a soulevé le médecin du défunt invitée à témoigner aujourd’hui.

Jacques Levesque est décédé le 26 avril à l’âge de 60 ans alors qu’il a été retrouvé inconscient dans sa chambre, en état d’hypoglycémie, lui qui était diabétique de type 2 et reconnu pour faire des hypoglycémies notables qui nécessitaient souvent des hospitalisations.

Selon ce que rapporte le médecin de M. Levesque, le protocole à suivre lors d’une hypoglycémie dans le cas du défunt n’aurait pas été respecté à la lettre la journée de son décès. Une dose de glucagon lui aurait été administrée ainsi qu’une collation, mais la marche à suivre, selon son médecin, aurait été de contacter directement les ambulanciers à la suite de l’administration du glucagon.

Lors de son témoignage, le fils de Jacques Levesque, Nicolas Verreault-Levesque, a indiqué que son père se plaignait fréquemment. «Pour les médicaments, il n’était pas tout le temps d’accord de la façon dont ils étaient administrés et j’ai l’impression que ça s’est détérioré, selon la vision externe (de la situation) que j’aie», a-t-il partagé. Il a souligné que son père entretenait des relations «plus tendues» avec les employés provenant d’agences depuis que l’un d’entre eux lui avait demandé d’effectuer une injection d’insuline qui ne concordait pas avec sa glycémie à ce moment-là.

Une employée du Centre intégré de santé et de services de Chaudière-Appalaches (CISSS-CA) qui est intervenue auprès de résidents du Manoir Liverpool dans le cadre de ses fonctions a également indiqué que «dans le dossier de M. Levesque, il y avait eu des erreurs de médicaments».

Une employée du Manoir Liverpool a également souligné que les hypoglycémies perturbaient grandement Jacques Levesque et qu’il n’était pas toujours conscient de ses gestes dans cet état.

Un manque de communication avec la famille

Au cours de son témoignage, M. Verreault-Levesque a mentionné que les relations et les communications qu’il entretenait avec la RPA de Saint-Romuald où résidait son père étaient difficiles et peu fréquentes. Il a également souligné qu’avant même la pandémie, son père s’est souvent plaint de la nourriture offerte à la résidence ainsi que des longues périodes sans pouvoir prendre un bain.

Il a ajouté que lors de l’arrivée du CISSS-CA comme gestionnaire au printemps dernier, son père était satisfait de ce changement. «Il a même appelé ma petite-sœur pour lui dire qu’il pouvait enfin enlever les croûtes qu’il avait en dessous des bras (comme il avait accès aux services de bain plus fréquemment).»

Une pandémie qui frappe de plein fouet

Une employée du Manoir Liverpool a aussi souligné que la résidence a été grandement touchée par la pandémie puisque le personnel a pris la poudre d’escampette et le recrutement était difficile. «Aussitôt que le mot COVID était évoqué, les employés quittaient durant leur shift, c’est arrivé», a-t-elle déploré. «Les (employés d’) agences ne voulaient pas venir parce que s’ils entraient dans une unité où il y avait (des cas de) COVID, ils ne pouvaient pas aller travailler ailleurs (dans d’autres résidences).»

Déjà à l’automne 2019, le médecin de M. Levesque avait constaté un changement de personnel fréquent au Manoir Liverpool. «On avait remarqué avec d’autres patients qu’il y avait un roulement de personnel, ce qui fait que parfois l’infirmière connaissait peu le patient», a-t-elle évoqué.

De plus, une autre employée du CISSS-CA qui fréquentait la RPA de Saint-Romuald dans le cadre de ses fonctions a indiqué qu’à son arrivée en renfort lors de la première éclosion de COVID-19, plusieurs résidents étaient, de façon «généralisée», dénutris et déshydratés. Ajoutons à cela qu’elle a tenté à plusieurs reprises d’offrir de la formation aux employés ainsi que de faire des demandes pour les résidents et on lui a indiqué que «ce n’était pas le bon moment».

Les audiences publiques du Bureau du coroner, présidées par la coroner Me Géhane Kamel, concernant le décès de Jacques Levesque se poursuivent jusqu’au 16 avril prochain.

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