Des bénévoles, de gauche à droite : Christine Gauthier, André Larochelle, Marie-Paule Leclerc, Gilles Tremblay et Réjean Cayer. CRÉDIT : COURTOISIE

Certains ont trop, d’autres pas assez. Pour répondre aux besoins de tous, rien ne vaut la solidarité. Le premier frigo partagé de Lévis est en service depuis le début du mois d’août.

Dans un frigo partagé, on y dépose les aliments qu’on ne pourra pas consommer à temps, avant qu’ils ne soient plus bons, et on y trouve de quoi manger si le budget est trop serré pour faire son épicerie.

«Les gens qui en ont besoin vont prendre dans le frigo. Ceux qui ont des surplus, parce qu’ils ont trop jardiné et là sont débordés de courgettes, sont allés faire des achats et se sont rendus compte qu’ils avaient exagéré et qu’ils allaient perdre des aliments. Avant de les perdre, ils pourront les donner», présente Audrey Evers, agente de développement au Filon. L’organisme lévisien pilote cette nouvelle initiative solidaire, mise en service le 1er août dernier. 

Depuis quelques années, le Filon travaille à mettre en place un système alimentaire solidaire et local à Lévis, accessible à tous. «On essaie de trouver toutes sortes de solutions pour répondre aux différents besoins pour que chacun y trouve ce qu’il cherche», précise-t-elle.

Avec d’autres organismes, le Filon a monté le projet Aliment pour tous. «On a regardé sur le territoire les déserts alimentaires, les défis. On a été voir les agriculteurs, les commerçants et les citoyens pour se faire une idée des besoins.»

L’objectif du frigo partagé est double, d’une part lutter contre le gaspillage alimentaire, d’autre part «répondre aux besoins des gens qui ont faim». Projet citoyen, cette réserve alimentaire est accessible à tous et fonctionne grâce à la participation de la communauté.

«Dans notre optique, on ne souhaite pas faire de catégorisation ni cibler une clientèle. On a envie de créer une solidarité et une force collective avec toutes les personnes, souligne Audrey Evers. On porte une attention spéciale aux personnes qui ont toutes sortes de défis dans leur vie, un défi social, économique ou en santé. Quand on fait des projets, on pense à eux.»

Un frigo en libre-service

En libre-service, le frigo est installé à l’extérieur de la Villa Saint-Louis de Pintendre, un immeuble géré par l’OMH de Lévis qui a soutenu la réalisation du projet, situé au numéro 317 de l’avenue Monseigneur-Lagueux. «À n’importe quel moment, les gens peuvent aller donner ou prendre des aliments», observe l’agente.

«Pour s’assurer que les gens vont avoir des bonnes pratiques et que les aliments sont adéquats», les règles de fonctionnement et une charte sont affichées sur le frigo. Par exemple, il ne faut pas y mettre de viande crue et respecter la chaîne du froid.

«Si j’ai fait un buffet et que les aliments sont restés dehors longtemps, je ne les donne pas. La nourriture que moi, je ne mangerais pas, je ne la donne pas», illustre Audrey Evers. Il est aussi demandé d’identifier le contenu et d’indiquer la date à laquelle le plat a été cuisiné ou déposé.

Une équipe de bénévoles entretient le frigo, s’assure de sa propreté et enlève les aliments périmés. Et c’est encore grâce à ceux qui s’y consacrent que le projet se développe. Comme cette personne qui, en voyant des cannes de conserve entreposées dans le frigo, a apporté une étagère pour l’installer à côté. «Les gens y contribuent d’eux-mêmes. Ça leur appartient. Ils en font partie et trouvent des solutions par eux-mêmes.»

Du temps, c’est tout ce que ça a coûté puisque l’appareil a été offert par la Ressourcerie. Un second frigo, donné par une citoyenne, devrait être mis en service dès la mi-septembre à la Maison de la Famille Rive-Sud, située au 5501 de la rue Saint-Georges. «Tout est prêt. On attend que les rénovations du bâtiment soient terminées», annonce-t-elle.

Au terme de ces deux projets pilotes, le Filon «va regarder s’il y a d’autres besoins, est-ce que ça a bien marché et répondu aux besoins». D’autres appareils pourront alors être installés sur le territoire. «Il y a des gens qui m’ont offert d’autres frigos. Pour l’instant, on n’en a pas besoin. Mais l’année prochaine, si on décide d’en développer d’autres, on lancera un appel à tous.»

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