Maryse Labranche, André Voyer, Elhadji Mamadou Diarra, Chamroeun Khuon et Gilles Lehouillier ont débattu pendant plus d’une heure et demie sur plusieurs enjeux lévisiens. CRÉDIT : GILLES BOUTIN

Pour une première fois, les cinq candidats à la mairie de Lévis, Gilles Lehouillier (maire sortant et chef de Lévis Force 10), Elhadji Mamadou Diarra (chef de Repensons Lévis), Chamroeun Khuon (indépendant), Maryse Labranche (indépendante) et André Voyer (indépendant), ont pu débattre le 20 octobre, lors d’une joute organisée par le Journal de Lévis et CJMD 96,9. Sur les ondes de la station lévisienne, les cinq aspirants à la mairie de Lévis ont pu présenter leurs positions sur l'administration, la gestion et les finances, l'environnement, les loisirs et l'agriculture, les transports, les affaires et les relations intergouvernementales ainsi que les relations avec les municipalités environnantes.

C’est la partie du débat consacrée au troisième lien qui a provoqué les échanges les plus chauds lors de la rencontre d’une heure et demie entre les cinq candidats. Partisan d’un troisième lien avec un ascenseur permettant aux usagers du transport en commun d’avoir accès au tunnel dans les environs du siège social de Desjardins, Elhadji Mamadou Diarra a alors critiqué le manque de leadership, selon lui, du maire sortant dans le dossier.

«Pour le troisième lien, l’administration sortante n’a pas réussi à mettre son pied à terre pour l’ascenseur. Elle n’a pas réussi à défendre les intérêts des Lévisiens dans le dossier. […] Pourquoi M. Lehouillier n’a pas su défendre les intérêts de ses concitoyens?», a martelé le chef de Repensons Lévis (RL) pendant ce segment.

Interpellé, le maire sortant et chef de Lévis Force 10 (RL) a rejeté cette critique. «La sortie du tunnel sera en plein dans l’arrondissement Desjardins, à proximité du boulevard Guillaume-Couture. Le projet du tunnel est en cours de conception et nous faisons toutes les représentations possibles pour défendre les intérêts des Lévisiens, que ce soit pour le troisième lien ou pour améliorer l’interconnexion des réseaux de transport en commun de Lévis et de Québec dans l’ouest», a répliqué Gilles Lehouillier.

Pour leur part, Chamroeun Khuon et André Voyer ont réitéré leur opposition ferme à la concrétisation de ce projet. «Le tunnel provoquera une erreur environnementale très importante», a simplement déploré M. Voyer, après que M. Khuon ait répété à plusieurs reprises que le projet était irréaliste.

Vitesse et gestion financière divisent

Dans un autre segment du débat, c’est plutôt le chef de Repensons Lévis qui a dû défendre une promesse de sa formation politique, soit celle de limiter à au moins 40 km/h la vitesse des automobiles dans les secteurs résidentiels et près des infrastructures récréatives.

Chamroeun Khuon, Maryse Labranche, Gilles Lehouillier et André Voyer ont notamment plaidé qu’une série de mesures devait être mise en place pour s’attaquer à cette problématique, particulièrement en travaillant sur la configuration des rues.

«Je crois qu’il faut d’abord et avant tout sensibiliser la population à bien se comporter sur les routes. On aura bien beau mettre des arrêts ou diminuer les limites de vitesse, si les automobilistes ne respectent pas les règles, il n’y aura pas de changement de comportement», a notamment souligné M. Khuon.

«Il faut aller de l’avant avec une limitation de la vitesse à au moins 40 km/h dans les rues résidentielles et près des terrains sportifs. Il ne faut pas attendre qu’un événement tragique survienne pour agir. La sécurité de nos enfants, ça n’a pas de prix», a cependant soutenu le chef de RL.

Au début du débat, les quatre opposants à Gilles Lehouillier ont également profité de l’occasion pour critiquer, selon leur vision politique allant de l’extrême gauche à la droite, la gestion des finances de la Ville de Lévis sous les administrations de Lévis Force 10.

«Je suis convaincue qu’il est possible d’effectuer des compressions à la Ville de Lévis. Par exemple, pendant le premier confinement, les autobus de la ville circulaient complètement vides. Est-ce qu’on aurait pu suspendre temporairement ce service et récupérer les sous?», a, entre autres, posé comme question Maryse Labranche.

Critiqué, le maire sortant et chef de LF10 a réitéré que la Ville de Lévis était un «modèle de gestion», comme ses ratios de dépenses sur la richesse foncière uniformisée (RFU) de sa dette sur sa RFU ainsi que du nombre d’employés par 1 000 habitants sont les plus bas parmi les 10 plus grandes villes du Québec.

En plus de ces trois sujets, les cinq candidats à la mairie ont pu présenter leurs positions et leurs divergences d’opinions sur la transparence de l’administration municipale, l’offre de loisirs, la collecte des matières résiduelles, l’équité des gouvernements dans son octroi des subventions à Lévis, la situation sanitaire, le leadership de Lévis en Chaudière-Appalaches et les relations entre Lévis et Québec.

Notons finalement que les personnes intéressées peuvent réécouter le débat, en visitant le www.youtube.com/watch?v=emV7cF-WHYs.


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