CRÉDIT : COURTOISIE

Lors de sa conférence de presse du 20 octobre, Elhadji Mamadou Diarra, chef de Repensons Lévis (RL) et candidat à la mairie de ce parti, se trouvait devant l’hôtel de ville afin de dénoncer l’importante dette de la municipalité et d’annoncer son intention de créer un plan de gestion de la dette sur 10 ans s’il est élu le 7 novembre prochain.

«La dette augmente plus vite que la capacité de la ville à générer de nouveaux revenus. La population mérite un conseil de ville qui gère les finances publiques de façon plus responsable et plus transparente. Il est temps d’adopter un vrai plan de gestion de la dette pour assurer une prospérité durable et soutenue ces 10 prochaines années», a affirmé M. Diarra.

Issue du monde des finances, M. Diarra soutient que l’endettement de la ville a bondi lors des deux derniers mandats du maire sortant, Gilles Lehouillier, soit de 46 % entre 2013 et 2021. La norme en milieu municipale tend habituellement vers un ratio de 100 % tandis que Lévis se situe actuellement à 144 %, selon l’opposition.

En d’autres mots, selon RL, la ville a généré plus de dépenses que de revenus au cours des dernières années. Le chef du parti ne s’oppose pas à ce qu’une ville ait une dette, mais soutient que l’important est que celle-ci soit associée à des actifs en bon état. Il déplore que pour l’instant, les installations publiques soient désuètes.

«Cela revient à reconnaître qu’on a négligé l’entretien de notre maison et que maintenant, notre toit coule, les fenêtres laissent passer les courants d’air et le robinet fuit. La négligence du maire sortant quant à l’entretien des infrastructures publiques est grave», a souligné M. Diarra.

Vérificateur général

Rappelons que le vérificateur général de la ville avait mentionné, dans son rapport annuel de l’année 2020, avoir été «limité dans l’exécution de ses travaux» lors de son rapport annuel sur la gestion des ressources financière. Le parti a tenu à mettre en lumière le rapport de 2019 qui mentionnait que «le [Service de la gestion et de la planification des biens immobiliers de la Ville] est plus porté à réagir lorsque les équipements se brisent, plutôt qu’à gérer ses activités d’entretien de façon proactive».

M. Diarra a conclu en soutenant que 2 704 décisions prises par l’hôtel de ville ont eu lieu sans vote ni débat et que, considérant que tous les conseillers soient du parti Lévis Force 10 – Équipe Lehouillier, le pouvoir soit concentré entre les mains d’un seul homme.

RL dévoile sa plateforme

Au lendemain de sa conférence de presse, le parti a finalement mis en ligne le contenu intégral de sa plateforme électorale. En plus des quatre engagements que le chef a pu partager lors de ses différentes sorties électorales, cette dernière contient aussi les visions par district ainsi que 57 actions qui s’articulent autour de six grandes thématiques, soit la mobilité durable et l’urbanisme intelligent, la transition écologique plus ambitieuse et efficace, la saine gouvernance et la participation citoyenne, l’économie prospère et inclusive, la culture vivante avec un patrimoine reconnu et valorisé puis des quartiers plus vivants et à l’échelle humaine.

«C’est une plateforme ambitieuse que nous présentons aujourd’hui aux citoyennes et citoyens de Lévis. Elle a été réfléchie depuis plus d’un an, en équipe, selon les consultations publiques que nous avons menées, les commentaires que nous avons reçus par courriel, et sur nos médias sociaux, et surtout, grâce aux dizaines de milliers de discussions que nous avons eues en faisant du porte-à-porte», a expliqué M. Diarra.

Le président du comité des finances réplique

Le conseiller sortant et président du comité des finances de la Ville de Lévis, Clément Genest, a tenu à réagir après l’annonce de RL concernant la situation financière de la municipalité.

«Je pense que ce qui est véhiculé par M. Diarra tient plus de la panique […] C’est facile de faire parler les chiffres de toutes les façons possibles. Si on l’observe de façon trop comptable, on oublie que ça prend de la vision pour créer de la valeur et de la richesse. Il ne faut jamais oublier qu’on gère des fonds publics, mais il faut savoir investir pour pouvoir récolter les dividendes de ces investissements», a argué celui qui ne sollicite pas de nouveau mandat pour des raisons professionnelles.

Le conseiller sortant du district Saint-Nicolas a souligné que les infrastructures de la municipalité représentent 1,2 G$ et que sa richesse foncière uniformisée est passée de 15 G$ à 20 G$ depuis 2014. «Si on met en rapport la dette avec nos infrastructures, c’est comme si on possédait une maison d’une valeur de 290 000 $ avec une hypothèque de 120 000 $», a-t-il imagé.

M. Genest a rapporté que près du tiers du Programme triennal d’immobilisations est consacré au développement d’infrastructures et que beaucoup d’argent a été investi dans le volet qualité de vie. Il a également indiqué que la demande de nouveaux permis ne cesse de croître depuis les trois dernières années passant de 450 M$ en 2019 à 550 M$ en 2020.

«La dette est sous contrôle à Lévis. Peut-être qu’elle est haute, mais on s’est doté d’un plan pour les prochains mandats d’augmenter minimalement de 2,5 M$ par année de paiement comptant sur nos immobilisations. C’est ce qui va faire en sorte que la dette va cesser d’augmenter, que nos ratios vont s’améliorer et que si on continue sur notre lancée, la dette va pouvoir diminuer», a assuré le président du comité des finances.

Avec la collaboration d'Alexandre Bellemare

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