Quatre ans après, le même scénario se rejoue. Le comité de démolition de la Ville de Lévis autorise la démolition de la maison Rodolphe-Audette, la décision est portée en appel et le mot final revient au conseil municipal. Les élus main- tiendront-ils la décision de démolir ou suivront-ils la ligne de leurs prédécesseurs? Réponse le 9 octobre prochain.

Sans détour, le citoyen à l’origine de l’appel contre la démolition de la maison Rodolphe-Audette a demandé au conseil municipal d’annuler la décision du comité de démolition, de protéger le bâtiment vieux de plus d’un siècle, comme l’attendent les citoyens selon lui, et surtout de maintenir la décision de 2014. «En quoi cette nouvelle décision est différente de la première?», a questionné Jean-Marc Lafrenière lors d’une séance extraordinaire le 24 septembre dernier.
«Imaginez-vous l’importance du message que vous allez livrer à nos concitoyens. (On parle de) la revitalisation du Vieux-Lévis et on va aller démolir la plus belle bâtisse. C’est quoi le mes- sage que vous allez envoyer?», a-t-il interpellé.

Autre chose que des condos

L’appelant a déploré que le projet d’écomusée proposé par le comité de mise en valeur de la maison Rodolphe-Audette n’ait pas été con- sidéré dans le processus, alors qu’il estime qu’il y a «autre chose à faire que des condos avec cette belle maison». Le citoyen regrette que le comité de démolition ait retenu les échecs des projets de sauvegarde et les coûts prohibitifs d’une restauration pour fonder sa décision plu- tôt que la valeur patrimoniale.

Pour défendre la sauvegarde, le citoyen a cité le rapport de la Firme Génie + de février 2018, qu’il a pu consulter à sa demande auprès de la Ville, qui dit que «tout bâtiment historique peut être réhabilité. La question principale, qu’il faut se poser, est de savoir si l’importance patrimoniale du bâtiment justifie les coûts importants reliés à sa conservation et à sa réhabilitation».

Interrogé avant l’audition de l’appel sur l’action de la Ville depuis sa décision de ne pas autoriser la démolition en 2014, le maire Lehouillier a tenu à s’expliquer. «Tout est dans le contexte des décisions qui sont prises. Vous pouvez prendre une décision malgré la vétusté du bâtiment. Vous pouvez dire qu’il y a encore des citoyens qui semblent intéressés à faire quelque chose. Alors là, on peut donner une chance. C’est ce qui est arrivé dans ce cas. Là, on va voir ce qui arrive dans ce cas-ci. Voyez vous, ça dépend toujours du contexte, de la conjoncture, de la façon dont les éléments sont présentés et du rapport comme tel qu’il faut regarder.»

Dix ans de taxes et d’études en vain

À la suite de l’audition de l’appelant, les copropriétaires et promoteurs, Jacques Laflamme et André Doyle, ont répondu aux accusations de spéculation immobilière et d’avoir laissé la mai- son se dégrader, portées par le citoyen. «J’ai acheté cette propriété en 2008. Elle est pas- sée au feu en 1998. Ça faisait déjà dix ans qu’elle était à l’abandon quand je l’ai achetée», a rappelé Jacques Laflamme.

«Avoir su, je n’aurais pas acheté ce bâtiment, parce qu’il ne resterait pas grand sou. Ça fait dix ans qu’on paie des taxes, des architectes et des ingénieurs. C’est sûr que la spéculation, on repassera pour ça», a fait remarquer le pro- moteur avec dépit. «S’il y a quelqu’un d’autre qui veut la prendre et essayer de la restaurer, bien à lui, elle est à vendre la maison», a quant à lui invité André Doyle.

L’entrepreneur est revenu sur le processus qui l’a conduit à demander la démolition. Sa première idée était en effet de rénover la bâtisse, mais après le passage de plusieurs ingénieurs et experts, il s’est rendu compte que démolir était la seule solution. «Les firmes arrivent toutes à la même conclusion. Ce n’est pas parce qu’on ne veut pas la rénover. C’est qu’à un moment donné, il faut se rendre à l’évidence, elle est finie», a-t-il affirmé.

Après l’audition des promoteurs, plusieurs citoyens ont emboîté le pas de Jean-Marc Lafrenière pour protester, souvent avec passion, contre la démolition du 6410 de la rue Saint- Laurent. Tour à tour, ils ont défendu la valeur historique de la résidence qui a appartenu à un ancien président de la Banque nationale.

À lire : Maison Rodolphe-Audette : démolition en appel

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