CRÉDIT : ÉRICK DESCHÊNES

Fermés depuis le 15 mars à cause de la pandémie de la COVID-19, comme les autres lieux de rassemblement tels que les bars ou les salles de spectacle, les salles obscures pourraient faire partie des derniers lieux à rouvrir selon le plan de déconfinement du gouvernement. Directeur des cinémas Lido et des Chutes à Lévis, Sylvain Gilbert se retrouve dans une situation intenable.

«J’ai 300 000 $ dans le trou et j’ai eu 40 000 $ pour ça. Ça ne paye même pas mon loyer d’un mois pour un cinéma.» Le constat est dur pour le directeur des cinémas Lido et des Chutes à Lévis, Sylvain Gilbert, qui craint pour l’avenir des grands écrans lévisiens.

Cette aide devra être en grande partie remboursée, puisqu’il s’agit d’un prêt sans intérêts. «À la fin, on va leur en payer 30 000 $ et on va avoir 10 000 $ de subvention.

Il a choisi de garder cette avance pour la réouverture et faire revenir ses employés. «Il va falloir les former, appliquer la distanciation, mettre des plexiglass, rentrer de nouveaux équipements», explique Sylvain Gilbert.

«Si on aide le Cirque du Soleil avec 200 M$, c’est sûr qu’en comparaison, il n’y a pas assez d’aide pour nous. C’est tellement inéquitable de voir des opérations de ce genre.»

Des frais qui s’accumulent

 L’exploitant a également rempli les documents qui pourrait lui permettre d’alléger un peu son loyer, qu’il n’est plus en mesure de payer depuis avril. C’est ensuite au propriétaire de transmettre la demande pour accéder à ce programme mis en place par le fédéral.

«Ça me coûte 100 000 $ d’opérations par mois, plus les frais de personnel. Le revenu brut que je perds sur trois mois, c’est 1,7 M$ brut. Ce sont les revenus que j’aurais eu et avec ça j’aurais pu faire mes dépenses régulières, dont les salaires, les opérations et le coût du produit.»

«On vend les billets à 10 $, taxes incluses, donc ça prend du temps avant d’aller rechercher les 100 000 $ manquants. Ça prend 10 000 clients», estime-t-il en se basant sur la moyenne des revenus ces dernières années.

Même sans personnel à payer, certains frais ne diminuent pas comme les impôts ou les taxes municipales. «On peut attendre que, la pandémie soit réglée. Mais il faut arrêter de nous charger, demande-t-il. Ça nous prend des revenus. Sinon, il va falloir que je convertisse rapidement mes locaux pour faire autre chose.»

Le directeur croit que «ça pourrait prendre cinq ans pour récupérer ce qu’on a perdu. Si on ne rouvre qu’au mois de septembre, on risque de ne jamais récupérer».

Une fermeture inattendue et sans précédent

«Au moment où ça a fermé, on ne s’attendait pas à ça. On faisait des investissements dans certaines salles», souligne Sylvain Gilbert. Il est en effet nécessaire de renouveler périodiquement les équipements et de les entretenir pour rester à la page de la technologie.

«Tout s’est arrêté. On avait commandé de nouveaux écrans qui sont encore assis dans le lobby à terre. Présentement, les gens ne se déplacent pas pour venir les installer.»

Avant la crise sanitaire, il estime que son entreprise «n’avait pas de problèmes. On était en réinvestissement. Si on ne les fait pas, nos cinémas deviennent désuets.»

«Je suis un gestionnaire qui prend beaucoup de précautions. Donc, j’avais quand même mis de l’argent de côté pour le futur. C’est ce qui va peut-être me permettre de rester plus de temps ouvert.»

Si la fermeture se prolonge au-delà du mois de juin, l’exploitant n’est pas sûr d’arriver à s’en remettre financièrement. «On veut qu’ils nous laissent ouvrir», demande-t-il.

Le directeur envisage plusieurs scénarios pour la réouverture. Il envisage de diminuer la capacité des salles à 20 % et de réduire le nombre de jours de diffusion, à quatre par exemple, ainsi que les séances. «Si j’ouvre tous les jours et que j’ai juste 2 % de spectateurs, ça ne marchera pas.»

Les cinémas Lido et des Chutes de Lévis enregistrent chaque année 375 000 entrées et présentent plus d’une centaine de films différents. Ce sont 40 employés, majoritairement à temps partiel, qui accueillent les spectateurs. 

Les plus lus

Le Pacini de Lévis définitivement fermé?

Un autre restaurant lévisien sera vraisemblablement une nouvelle victime de la COVID-19. Selon un article de La Presse, le restaurant Pacini de Lévis n'ouvrira plus ses portes.

Un Benny & Co à Lévis

La 61e succursale de la chaîne de restaurants Benny & Co ouvrira ses portes à Lévis, en septembre. Ironie de l’histoire économique, le nouvel établissement occupera les mêmes locaux qu’occupait jusqu’à sa fermeture la succursale PFK du quartier Lévis, sur la route du Président-Kennedy.

Une place éphémère à la tête des ponts tout l’été

À l’aube de la construction du nouveau quartier à la tête des ponts, l’Escale Cocité́ a été installée par le promoteur immobilier. À l’image d’une plage, le lieu se veut un espace de détente, où il sera aussi possible de se restaurer.

Se réinventer pour passer à travers

Entreprise événementielle florissante basée à Saint-Nicolas, le Groupe Satir Productions a été durement frappé par le confinement mis en place par le gouvernement provincial afin de freiner la propagation de la COVID-19. Cependant, la firme a développé de nouveaux services afin de poursuivre ses activités et rappeler ses salariés au boulot.

Mantra Pharma choisit l’Innoparc

Mantra Pharma a annoncé, le 16 juillet, qu’elle implantatera son nouveau centre de distribution jumelé à son bureau régional dans l’Innoparc de Lévis.

350 000 $ pour le développement de deux entreprises de Lévis

Deux entreprises de Lévis, Technologie Genset-Synchro et Boivin Évolution, ont reçu une aide de Développement économique Canada (DEC), a annoncé la ministre du Développement économique, Mélanie Joly, ce 23 juillet.

Le Bistro les 3 frères ouvre sur le site du Golf Stastny

Depuis le 10 juillet dernier, le Bistro les 3 frères a ouvert ses portes sur le site du Golf Stastny à Saint-Nicolas. Eric Nittolo et Steve Blouin sont les deux associés du projet et ont joint à leur équipe le promoteur Samuel Gourde qui s’occupera du volet événementiel.

Grands Prix du tourisme : deux entreprises de Lévis distinguées

Le 16 juillet en matinée, Tourisme Chaudière-Appalaches a dévoilé le nom des 19 lauréats de la 35e édition des Grands Prix du tourisme de la Chaudière-Appalaches. Lors de l’événement tenu sur le Web en raison de la pandémie, deux entreprises lévisiennes ont ravi des honneurs.

Procédé de récupération unique au Canada chez Fibres Breakey

Fibres Breakey est une entreprise du secteur Breakeyville à Lévis qui se spécialise dans la récupération de fibres de papier. Depuis avril, la filiale lévisienne de Fibres Sustana a mis au point de nouveaux procédés afin de recycler la fibre des contenants multicouches de lait et de jus recyclables, une première pancanadienne.

Desjardins investit 60,5 M$ pour acquérir DuProprio

Le Mouvement Desjardins a annoncé l’achat de la société canadienne de portefeuille de l’entreprise britannique Purplebricks qui comprend l’entreprise d’origine lévisienne DuProprio ainsi que l’entreprise installée au Canada anglais Purplebricks Canada, le 15 juillet.