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Santé mentale

Tel-Jeunes s'inquiète de l'état des ados Québécois

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Photo : Unsplash - Lesli Whitecotton

11 août 2026 07:41

À l'approche des élections provinciales, Tel-jeunes a dévoilé lundi le Portrait croisé des réalités adolescentes 2026. L'enquête confirme que les enjeux de santé mentale des adolescents au Québec s'intensifient, leurs facteurs de protection s'affaiblissent et les freins à la demande d'aide demeurent importants et nombreux.

Le portrait de Tel-jeunes a été réalisé à partir de l'expertise de première ligne de Tel-jeunes, d'une recension scientifique du Centre RBC de l'Université de Sherbrooke et d'un récent sondage national mené avec Léger auprès des adolescents.

Selon l'étude, la proportion d'élèves du secondaire présentant une santé mentale «florissante» est passée, depuis 2016, de 47 % à 36,6 % en 2022-2023.

De plus, 84 % des 12 à 17 ans se retiendraient de demander de l'aide s'ils vivaient un problème qui leur semblerait impossible de surmonter seul. La peur du jugement, la crainte d'inquiéter leurs proches, le sentiment de ne pas être compris ou encore la peur de déranger demeurent les principaux freins, selon les données compilées par Tel-Jeunes.

L'organisme s'inquiète également que cette vulnérabilité frappe particulièrement les filles ainsi que les jeunes de la diversité sexuelle et de genre (LGBTQ+), chez qui les seuils cliniques d'anxiété et de dépression sont alarmants. En 2025, Tel-jeunes a reçu 60 000 demandes d'aide, dont la moitié portaient sur la santé mentale, avec une intervention sur cinq nécessitant une évaluation du risque suicidaire.

Parallèlement, les facteurs de protection s'effritent, s'alarme-t-on aussi chez Tel-Jeunes. 25 % des jeunes se sentent seuls chaque semaine, un chiffre qui grimpe à 48 % chez les ados de la communauté 2SLGBTQ+. Les interventions de Tel-jeunes révèlent que, si la plupart des adolescents disposent d'un réseau de soutien, plusieurs ne se sentent pas suffisamment compris, écoutés ou en confiance pour s'y appuyer lorsqu'ils vivent des difficultés.

Demandes aux partis politiques

«Ces constats ne sont pas une fin en soi, mais un point de départ, souligne Annie Papageorgiou, directrice générale de Tel-jeunes et de sa fondation. Notre volonté est de mettre notre expertise et nos liens privilégiés avec le terrain à la disposition des décideur•euse•s. C'est en appuyant les politiques publiques sur des données probantes et sur le vécu réel des adolescent•e•s que nous générerons un impact concret et durable.»

Ainsi, Tel-jeunes a formulé cinq priorités d'action qui devraient être mises en place par le prochain gouvernement du Québec.

L'organisme estime que l'adolescence devrait être reconnue comme une «période de vie distincte» dans les politiques publiques québécoises. Tel-jeunes réclame aussi qu'un réseau québécois de pair-aidance soit développé pour renforcer le soutien entre jeunes et briser l'isolement.

Le soutien aux professionnels du réseau scolaire devrait aussi être bonifié pour mieux répondre aux enjeux d'anxiété et de santé mentale vécus par les adolescents.

Tel-jeunes souhaite enfin que les services de première ligne destinés aux ados soient renforcés et un appui pour qu'il puisse organiser un «Rendez-vous national sur l'adolescence avec des jeunes et des acteurs du milieu communautaire, institutionnel, jeunesse et scolaire».

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