Québec estime que cette augmentation bénéficiera à 258 900 personnes. Ces travailleurs verront leur revenu disponible augmenter d'une somme pouvant aller jusqu'à 687,00 $ par année.
Le salaire minimum payable aux personnes rémunérées au pourboire sera augmenté de 0,40 $ l'heure pour atteindre 13,30 $. Le salaire minimum payable aux salariés affectés à la cueillette de framboises augmentera de 0,15 $ pour atteindre 4,93 $ du kilogramme, et celui des cueilleurs de fraises augmentera de 0,04 $ pour atteindre 1,32 $ du kilogramme.
«Dans le contexte économique actuel, il est important que le salaire minimum évolue de manière équilibrée. Cette hausse protège le pouvoir d'achat des travailleuses et des travailleurs, et ce, tout en permettant à nos entreprises de demeurer compétitives. Elle va aussi contribuer à inciter des personnes sans emploi à intégrer le marché du travail», s'est réjoui le ministre du Travail.
Réactions mitigées
Si elle s'est dit heureuse que le gouvernement ait écarté le scénario d'un salaire minimum à 20 $/l'heure à partir du 1er mai prochain, la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) a déploré l'impact de la hausse de 50 cents sur les finances des PME. Elle a souligné que cette hausse représentera pour les entreprises un coût de 1 197 $ par année pour un employé au salaire minimum, incluant 157 $ en taxes sur la masse salariale.
«Le gouvernement du Québec aurait dû accompagner cette hausse du salaire minimum de baisses de taxes pour les petites entreprises, une mesure d'ailleurs appuyée massivement par la population québécoise à hauteur de 73 %. Les économies découlant d'une baisse de la fiscalité seraient investies immédiatement par les PME dans l'augmentation de la rémunération des employés, le remboursement de leur dette et l'augmentation de la productivité», a estimé François Vincent, vice-président Québec à la FCEI.
Pour sa part, le Front de défense des non-syndiqué.e.s (FDNS) argue que le ministre du Travail a «fait le choix délibéré de maintenir des dizaines de milliers de personnes dans la pauvreté» en fixant le salaire minimum à 16,60 $/l'heure le 1er mai prochain.
«En refusant d'atteindre au moins 20$ l'heure, le gouvernement fait un choix politique clair : celui d'ignorer la contribution essentielle des plus de 177 000 travailleuses et travailleurs qui gagnent le salaire minimum au Québec», s'est indignée Nellie Arseneault ,co-porte-parole du FDNS.