mercredi 28 janvier 2026
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Le DG d'estrade

La dureté et le mental

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26 janv. 2026 06:56

Le Canadien aurait bien besoin par les temps qui courent d’un bon discours de Bob des Boys. En plus de renforcer leur mental, le Tricolore devra trouver des solutions pour mettre fin à leurs ennuis contre les équipes qui préconisent le jeu rude contre les Montréalais. Sinon, cette nouvelle saison surprenante du CH terminera en queue de poisson.

Par Érick Deschênes

 La deuxième moitié du mois de janvier pour le Bleu blanc rouge doit bien faire creuser les méninges à Martin St-Louis et ses collègues entraîneurs. Depuis le 13 janvier, les Canadiens cumulent une fiche de quatre revers et deux gains, dont la victoire en prolongation à la suite d’une remontée spectaculaire contre les Sénateurs d’Ottawa, en six parties. Les deux triomphes du Tricolore ont été enregistrés avec un seul but d’écart contre leur adversaire.

Le dénominateur commun derrière les insuccès du Canadien par les temps qui courent, selon moi : la difficulté de la troupe de Martin St-Louis à s’adapter aux équipes qui jouent de façon très robuste contre elle.

Le contraste a particulièrement pu être constaté lors des deux affrontements au sommet contre les Sabres de Buffalo. Les représentants du nord de l’État de New York ont frappé tout ce qui bougeait lors de ces deux duels, fatiguant les joueurs de la Sainte-Flanelle et incitant ses joueurs de talent à jouer encore plus en périphérie. Le tout a permis de freiner littéralement le CH, diminuant l’impact de sa grande force qu’est sa vitesse, ainsi que d’augmenter le nombre de revirements, dont les Sabres ont profité.

Visiblement, d’autres équipes ont constaté le tout lors de leurs séances de vidéo, comme les Bruins de Boston. Oui, Samuel Montembeault aimerait sûrement revoir les buts qu’il a accordé au troisième vingt, samedi. Mais les Bruins ont profité de l’indiscipline du Tricolore, provoquée par la fatigue créée par le jeu physique de Boston, pour renverser le CH et gâcher la belle soirée de travail de Cole Caufield.

Les Canadiens ont aussi pris la fâcheuse habitude de l’emporter en pratiquant le hockey de rattrapage ainsi que de mal gérer les maigres matchs où ils mènent. Un moment donné, les autres formations sont capables de s’ajuster à la recette du Tricolore.

Martin St-Louis et l’état-major piloté par Kent Hughes devront donc travailler à s’assurer que les joueurs occupant une place dans l’alignement du Bleu blanc rouge occupent la bonne chaise, pour reprendre l’image du pilote des Canadiens, et s’adapte au jeu qui deviendra de plus en plus robuste dans la LNH à l’approche des séries.

Sinon, le Tricolore pourrait encore vivre de durs moments en séries, comme lors de la première ronde des séries 2025 contre Washington.

Une réflexion plus profonde

Mikaël Lalancette, chroniqueur sportif des Coops de l’information, rapportait ce matin que plus de la moitié des directeurs généraux de la Ligue de hockey junior Maritimes Québec (LHJMQ) réclamait un allègement de «la règle anti-bagarres» dans leur circuit.

Selon plusieurs d’entre eux, les joueurs de la LHJMQ seraient désavantagés face aux athlètes des autres circuits de hockey junior canadien, comme ces derniers peuvent démontrer qu’ils sont plus physiques que les joueurs de la ligue du Québec et des Maritimes.

Qu’il y ait un allègement ou pas de la règle qui punit plutôt sévèrement les instigateurs d’une bagarre, le nombre de joueurs de la LHJMQ repêchés par les équipes de la LNH n’augmenterait pas. Les recruteurs du circuit Bettman ont toujours eu un a priori face «au manque de robustesse» des joueurs québécois.

Toutes les équipes de la LNH recherchent la pièce oubliée par ses concurrents qui fera la différence et lui permettra de remporter les grands honneurs. Une franchise ne tournera pas le dos au talent qui peut l’aider à gagner, que ce soit par le repêchage ou le marché des joueurs autonomes, uniquement parce qu’il joue dans la LHJMQ.

Et la robustesse peut se développer dans les circuits mineurs. Avant de devenir l’un des pugilistes les plus craints dans le circuit Bettman, Nicolas Deslauriers était un défenseur robuste, mais plutôt réputé pour ses talents défensifs. Mathieu Olivier a pu faire son chemin jusqu’à la LNH, son côté hargneux étant bien vu dans la LHJMQ malgré qu’il évoluait dans une ligue «soft».

Avant de s’attaquer à une règle qui ne changera en rien les préjugés de plusieurs recruteurs de la LNH, les dirigeants de la LHJMQ devraient d’abord réfléchir sur bien d’autres aspects de leurs activités. Voici quelques pistes de réflexion : les méthodes de développement, le nombre élevé de matchs disputés par leurs joueurs comparativement au circuit universitaire américain, le nombre d’équipes élevé dans le circuit Cecchini qui dilue le talent ou le manque d’ouverture aux techniques de développement innovantes mises en place dans les pays européens.

Les problèmes de développement du hockey québécois sont généralisés et ne concentrent pas uniquement à la LHJMQ. Il n’est plus le temps des mesurettes, mais d’une importante réforme pour renverser la vapeur!

Cette chronique fait partie de notre section Opinions, qui favorise une pluralité d'idées. Elle reflète l'opinion de son auteur, pas celle du Journal de Lévis/Peuple Lotbinière.

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