«C’est une belle surprise, a confié Mme Collin. Ça montre que ton travail est vu et remarqué. La personne qui m’a expliqué pourquoi j’avais reçu le prix a mentionné qu’ils reconnaissent mon apport au milieu, ma démarche et l’audace créative. Elle m’a indiqué qu’ils considèrent que ça change le milieu de l’art dans ma région. C’est une belle forme de reconnaissance.»
Ce qui rend son travail unique, c’est qu’elle fabrique elle-même ses couleurs à partir des fleurs et des plantes cueillies dans son jardin. Elle a commencé son parcours artistique en 2020 en couchant ses idées inspirées de la nature sur la toile à l’aide de l’aquarelle ou de l’acrylique. Toutefois, elle sentait une certaine incohérence avec sa démarche.
«Je souhaitais que les gens remarquent la nature et ce qui les entoure. Je trouvais ça contradictoire d’utiliser une matière faite à partir de pétrole pour peindre alors que je voulais attirer leur attention sur la nature. Quand je suis arrivée ici en 2022, je me suis dit qu’il y avait une façon de faire quelque chose de plus respectueux de l’environnement», a-t-elle expliqué.
Elle s’est donc intéressée aux couleurs de la nature : la source originelle des pigments. Elle s’est informée, a lu sur la question et a fait des tests avec ce qu’il y avait dans son environnement : verge d’or, feuille de chêne, écorce de bouleau, sumac, etc. «Tout ce que je pouvais trouver et qui était accessible.» Par la suite, le désir d’avoir un plus large éventail de couleurs l’a poussée à créer son propre jardin. Et ces couleurs peuvent être aussi douces que vibrantes selon la façon dont elle les prépare.
La nature et l’humain
Ce désir d’être près de la nature et ce souci de l’environnement nourrissent sa créativité, elle réfléchit ses œuvres de façon environnementale et territoriale. Les paysages l’animent.
L’une de ses dernières expositions, Aménité, explorait l’agriculture au féminin. En collaboration avec cinq agricultrices de Lotbinière, elle a créé des œuvres ancrées dans la vision plus soucieuse de l’environnement qu’ont les agricultrices. L’exposition a été présentée l’été dernier à l’Espace culturel du quartier Saint-Nicolas, à Lévis.
Sa sensibilité artistique s’alimente aussi de son passé d’orthophoniste. «Ça me nourrit vraiment beaucoup. J’ai travaillé avec toutes sortes de gens qui avaient une variété de parcours et de conditions, de limitations. Je pense que ça a éveillé une sensibilité, une empathie face à ce qui m’entoure», a-t-elle décrit.