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Le salaire minimum passera à 15,75 $ l'heure

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Photo : Victor Ballesteros - Unsplash

31 janv. 2024 09:17

Le gouvernement du Québec a annoncé, le 31 janvier, une hausse de 0,50 $ du taux général du salaire minimum, qui atteindra ainsi 15,75 $ l'heure le 1er mai prochain.

Québec estime que cette hausse de 3,28 %, «plus élevée que l'inflation anticipée pour l'année financière 2024-2025», bénéficiera à 200 700 salariés, dont 111 200 femmes. Ces salariés bénéficieront d'une hausse de leur revenu disponible pouvant aller jusqu'à 691,00 $ par année.

Une augmentation de 3,28 % sera également apportée au salaire minimum payable aux salariés rémunérés au pourboire, qui passera à 12,60 $ l'heure. La même hausse sera appliquée pour les salariés affectés exclusivement, durant une période de paie, à la cueillette de framboises ou de fraises. Le salaire minimum payable passera donc à 4,68 $ le kilogramme pour les cueilleurs de framboises et à 1,25 $ le kilogramme pour les cueilleurs de fraises.

Rappelons que dans le cadre de sa politique gouvernementale sur le salaire minimum, le gouvernement du Québec vise l'atteinte d'un ratio de 50 % entre ce salaire et le salaire horaire moyen. Le ratio atteindra 50,8 % avec cette nouvelle augmentation, a soutenu Québec par voie de communiqué.

Pas suffisant

Toutefois, l'annonce n'a pas été bien accueillie par le Collectif pour un Québec sans pauvreté. Le regroupement s'est en effet désolé que le gouvernement du Québec «décide, encore une fois, de laisser tomber les travailleurs et les travailleuses au bas de l'échelle qui, même en travaillant à temps plein, demeureront dans la pauvreté». L'association estime que le salaire minimum au Québec devrait être plutôt entre 22 et 23 $ l'heure.

Le collectif a souligné que la Mesure du panier de consommation est actuellement estimé à 24 200 $ pour une personne seule et qu'avec un taux horaire de 15,75 $, une personne seule travaillant au salaire minimum à temps plein (35 heures par semaine) comptera sur un revenu disponible à peine supérieur.

«Avec un tel salaire minimum, il ne faudra pas se surprendre de voir continuer d'augmenter le nombre de travailleuses et de travailleurs ayant recours aux services des banques alimentaires, a décrié la porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté, Virginie Larivière.

Coût supplémentaire

Quant à elle, la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) est mitigée à la suite de la décision gouvernementale.

Si le regroupement se réjouit de cette hausse «modérée, surtout en regard des demandes répétées de certains groupes d'approuver une hausse significative à 20 $/h», l'association critique que la nouvelle augmentation du salaire minimum «représente un coût de plus à gérer pour des PME québécoises déjà surtaxées».

«Les hausses des coûts frappent les PME de tous côtés dans un contexte où elles doivent déjà composer avec un lourd endettement, des pertes économiques causées par la pénurie de main-d'œuvre et un fardeau fiscal désavantageux avec des taxes sur la masse salariale de 30 % plus élevées ici que la moyenne canadienne. Je remercie le ministre du Travail d'avoir pris en considération la situation critique des PME dans sa décision. Pour les aider, le gouvernement du Québec doit limiter l'augmentation de leurs coûts et créer un environnement fiscal plus favorable», a argué François Vincent, vice-président Québec à la FCEI.

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