CRÉDIT : CLAUDE MATHIEU

À la suite d’une visite du Journal dans le cadre de la Semaine nationale des journaux le 9 octobre, la porte-parole de l’opposition officielle en matière de culture et de communications, Isabelle Melançon, a profité de l’occasion pour demander au gouvernement provincial un plan d’aide plus ambitieux pour les médias. La députée libérale de Verdun déplore notamment que Québec n’ait pas mis en place des mesures pour imposer les revenus des géants du Web (Google, Apple, Facebook, Apple et Microsoft).

«Les mesures annoncées au début d’octobre pour les médias écrits (crédit d’impôt sur les salaires des travailleurs créateurs de contenus, allègement des coûts pour le recyclage du papier et aide financière pour la transition numérique) sont un premier pas. On essaie de traiter une maladie en ne s’attaquant pas au vrai problème. Le vrai problème, ce sont les géants du Web. Il y a une concurrence déloyale entre eux, qui ne paient pas d’impôts et de taxes ici, et les médias, qui en paient», a d’emblée lancé Mme Melançon.

Selon la porte-parole de l’opposition officielle en matière de culture et de communications, Québec devrait s’inspirer de la France et de la Norvège qui imposent les revenus de ces entreprises américaines. 

En y ajoutant les sous récoltés grâce à la perception de la taxe de vente du Québec (TVQ) par les entreprises numériques étrangères (62 M$ depuis le 1er janvier 2019), ces nouveaux revenus obtenus par le gouvernement provincial lui permettraient de créer un fonds dédié. Ce dernier financerait les mesures d’aide à tous les médias et les productions culturelles qui sont touchés par la crise des revenus provoquée par les géants du Web.

«Nous n’avons pas à être à la remorque d’Ottawa. […] Selon mes calculs, en réunissant l’argent obtenu par la perception de la TVQ, en allant chercher la TPS qui est actuellement laissée sur la table par le gouvernement fédéral ainsi qu’en imposant à la hauteur de 3 % les revenus des géants du Web, j’étais rendue à 120 M$. Présentement, le crédit d’impôt accordé aux responsables de contenus de médias écrits est payé par les contribuables. Plutôt que de faire payer les citoyens, ce serait payé par des entreprises de Californie. Les géants du Web pourraient ainsi payer leur juste part. Avec cet argent, on pourrait assurer la survie de nos médias et de l’information régionale», a expliqué Isabelle Melançon.

Passer à l’action

 Également, la députée libérale de Verdun déplore que le programme d’aide actuel crée deux classes de journalistes : ceux des médias écrits qui ont reçu du support gouvernemental et ceux des autres médias (radio et télévision) qui n’ont rien reçu. Selon Isabelle Melançon, l’aide devrait être uniforme. 

De plus, elle ne comprend toujours pas pourquoi le gouvernement provincial ne montre pas l’exemple en modifiant ses politiques d’achat de publicités afin de soutenir les médias québécois.

«C’est une immense déception pour moi. En mai, j’ai déposé une motion qui a été adoptée à l’unanimité demandant au gouvernement de montrer l’exemple à ce niveau. Je croyais qu’au lendemain de l’adoption de cette motion, la ministre de la Culture (Nathalie Roy) allait rédiger une directive demandant à tous les ministères et les sociétés d’État d’agir en ce sens. Six mois plus tard, il n’y a toujours rien de fait. Chaque jour qu’on perd, c’est une journée de moins pour permettre aux médias d’obtenir ces revenus. C’est ridicule. Le gouvernement caquiste est d’une lenteur», a-t-elle critiqué.

En plus du gouvernement provincial, Isabelle Melançon estime que les municipalités ont «un rôle à jouer pour permettre aux médias de survivre». Toutefois, elle ne renie pas l’adoption par le précédent gouvernement libéral de la loi 22. Cette pièce législative a permis aux municipalités d’arrêter la publication de leurs avis publics dans les médias, une décision décriée par plusieurs journaux. 

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