Des représentants du monde coopératif estiment que l’agriculture pourrait être un terreau fertile pour une relance coopérative de l’économie. CRÉDIT : ARCHIVES

Comme les entreprises prônant un autre modèle d’affaires, les coopératives et les mutuelles de la région ont dû faire face aux impacts économiques de la crise de la COVID-19. Selon des représentants de ce milieu économique, ce modèle d’affaires a toutefois permis à plusieurs entreprises de passer à travers le pire de la crise et de continuer de faire une différence dans leur collectivité.

«La crise a amené des difficultés pour les coopératives, mais elle a aussi amené des opportunités. C’est sûr que c’est pas mal plus stimulant de gérer de la grande croissance que de faire des mises à pied. Même pendant la crise, le modèle coopératif est un modèle porteur. Des projets de coopératives se sont poursuivis pendant le gros de la crise», ont d’emblée souligné Sébastien Girard, directeur Québec/Chaudière-Appalaches pour la Coopérative de développement régional du Québec (CDRQ), et Gaston Bédard, le président-directeur général du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité (CQCM).

Si plusieurs coopératives ont dû elles aussi procéder à des mises à pied ou des arrêts de production afin de faire face à la crise, la nature même de plusieurs coopératives, soit de servir ses membres ou de donner du travail à ses employés, a permis de sauvegarder des activités économiques dans plusieurs régions.

Pour leur part, certaines coopératives ont dû complètement transformer leur modèle d’affaires pour poursuivre leur mission dans le contexte de la pandémie. Par exemple, les coopératives funéraires ont dû adapter leurs services aux nombreuses règles distinctes établies par la Santé publique pour cette industrie. D’autres coopératives se sont pour leur part retrouvées littéralement sur la ligne de front, comme les coopératives de services à domicile.

Un modèle pour répondre à de nouveaux besoins

Si la COVID-19 a provoqué plusieurs bouleversements pour les coopératives québécoises, la crise a aussi créé des opportunités pour des gens qui désiraient créer des entreprises prônant ce modèle d’affaires. Afin de diminuer la dépendance de la province envers d’autres États en ce qui a trait à ses approvisionnements alimentaires, plusieurs entrepreneurs ont décidé de créer des coopératives de production agroalimentaire.

«On parle beaucoup de l’agroalimentaire et de l’achat de proximité pendant cette crise. Il y a un désir des Québécois d’encourager l’agriculture locale et maraîchère et cela se reflète dans le développement de projets coopératifs dans ce domaine. Actuellement, il y a une quarantaine de projets de coopérative agroalimentaire ou maraîchère actifs dans la province», a expliqué M. Bédard.

D’ailleurs, la réduction des obstacles à la création de modèles émergents en agriculture, tels que les fermes coopératives, ainsi que la mise en place d’avantages fiscaux pour encourager les agriculteurs et de mesures pour protéger les terres québécoises d’intérêts étrangers est l’une des 10 pistes de réflexion lancées par le CQCM dans une récente lettre ouverte, Penser la relance sociale et économique par l’enrichissement collectif.

Également, l’organisation suggère aux autorités de soutenir adéquatement les organismes qui octroient des services d’accompagnement et de soutien aux entreprises d’économie sociale, d’utiliser les coopératives comme partenaires complémentaires de l’État en matière de santé, de services sociaux et de services à domicile, d’augmenter la création de logements coopératifs, d’encourager les filières de développement d’énergies vertes ainsi que de créer un fonds d’acquisition transitoire d’entreprise pour investir dans les reprises d’entreprise.

Aussi, le CQCM propose aux États de soutenir la vente de services et produits coopératifs en ligne ainsi qu’un système de livraison afin de bonifier l’achat local, d’octroyer un avantage aux acheteurs de produits locaux et mettre en place des mécanismes d’achat local auprès des coopératives pour les appels d’offres gouvernementaux et municipaux, de sensibiliser les jeunes à plusieurs modèles économiques en incluant dans les cursus scolaires, du primaire à l’université, l’enseignement du modèle d’affaires coopératif et mutualiste ainsi que de soutenir l’entrepreneuriat collectif autochtone dans l’organisation de leur propre écosystème d’accompagnement.

«Les économies stables à travers le monde reposent sur plusieurs modèles d’affaires. Si on réussit à avoir un bel équilibre entre les différents modèles, l’économie québécoise n’en sera que plus forte», a conclu le président-directeur général du CQCM.

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