Le secteur de la Traverse, vers 1920. CRÉDIT : BANQ - COLLECTION MAGELLA BUREAU

Contrairement à la crise sanitaire actuelle où l'économie lévisienne tournait, il y a à peine trois mois, à plein régime, la pandémie de la grippe espagnole de 1918 survient dans un Lévis aux prises avec des difficultés économiques depuis des années. 

Par Claude Genest
Ancien président de la Société d'histoire de Lévis

 Au moment de la pause de la pierre angulaire de l’église Notre-Dame le 29 septembre 1850, l'économie lévisienne connaît une période de progrès qui se poursuit jusqu'au début des années 1870.

Dans son ouvrage intitulé L'histoire économique de Lévis 1636-2011, l'historienne Catherine Objois nous présente une synthèse plus qu'intéressante sur le sujet. Pour elle, le «formidable élan» de l'économie du Lévis naissant fut «brisé» par la crise économique de 1873, si bien que le Lévis de la fin du 19e siècle se transforme en celui des «espoirs déçus».

Elle a raison, car en 1871 la ville de Lévis est classée comme étant la troisième ville du Québec pour la valeur de sa production industrielle et au début des années 1880 elle se retrouve au 9e rang des villes industrielles du Québec. Bref, ce que certains auteurs ont appelé l'âge d'or de Lévis fut, en réalité, d'une assez courte durée. 

Dès les années 1870 donc, l'économie lévisienne entreprend une période difficile qui perdurera pendant plus d'un demi-siècle. Ainsi, la fulgurante pandémie de grippe espagnole du mois d’octobre 1918 survient en plein cœur de cette phase de morosité prolongée.

La situation est telle que le conseil municipal adopte, le 12 décembre 1911, une résolution qui stipule que la ville est prête à «donner» un terrain «à tout industriel ou à toute compagnie qui viendrait établir à Lévis une nouvelle industrie» près des chemins de fer le tout jumelé à une exemption de taxe municipale pour 10 ans. Il faut dire que trois ans plus tôt, la liquidation de l'usine Carrier et Lainé, jadis un fleuron de l'économie lévisienne, sur le parvis de l'église le 14 avril 1908 fut un électrochoc dur à encaisser pour les travailleurs et les élites locales.

Dans le but de relancer la municipalité, une compagnie anglaise, en collaboration avec la Chambre de commerce de Lévis, publie, en 1913, un album bilingue qui est posté, d'après Pierre-Georges Roy, «à toutes les chambres de commerce du Canada, de même qu'à tous les industriels susceptibles de venir s'établir à Lévis». L'effort est louable. Quoi qu'il en soit, la Première Guerre mondiale (1914-1918) dynamisera temporairement l'économie de la ville avec des contrats militaires de construction navale et de fabrication d'obus. Toutefois, une guerre à une fin et la pandémie de grippe espagnole de 1918 coïncide coup sur coup avec l'armistice du 11 novembre 1918 qui coupe court à ce dynamisme temporaire.

La crise économique d'après-guerre, au début des années 1920, et surtout la Grande Dépression, des années 1930, font perdurer le climat économique difficile et plonge une certaine élite lévisienne dans la nostalgie. À preuve, ce petit livre de Pierre-Georges Roy publié à l'occasion des 75 ans de la Chambre de commerce de Lévis en 1947. L'auteur y déplore le fait que «la liste des industries disparues à Lévis est longue, trop longue». Pour couronner le tout, il publie un appendice qui dresse, de son propre aveu, une liste incomplète des industries disparues. Cette liste s'étend sur cinq pages...

 

Les plus lus

Le Pacini de Lévis définitivement fermé?

Un autre restaurant lévisien sera vraisemblablement une nouvelle victime de la COVID-19. Selon un article de La Presse, le restaurant Pacini de Lévis n'ouvrira plus ses portes.

Un Benny & Co à Lévis

La 61e succursale de la chaîne de restaurants Benny & Co ouvrira ses portes à Lévis, en septembre. Ironie de l’histoire économique, le nouvel établissement occupera les mêmes locaux qu’occupait jusqu’à sa fermeture la succursale PFK du quartier Lévis, sur la route du Président-Kennedy.

Une place éphémère à la tête des ponts tout l’été

À l’aube de la construction du nouveau quartier à la tête des ponts, l’Escale Cocité́ a été installée par le promoteur immobilier. À l’image d’une plage, le lieu se veut un espace de détente, où il sera aussi possible de se restaurer.

Se réinventer pour passer à travers

Entreprise événementielle florissante basée à Saint-Nicolas, le Groupe Satir Productions a été durement frappé par le confinement mis en place par le gouvernement provincial afin de freiner la propagation de la COVID-19. Cependant, la firme a développé de nouveaux services afin de poursuivre ses activités et rappeler ses salariés au boulot.

Mantra Pharma choisit l’Innoparc

Mantra Pharma a annoncé, le 16 juillet, qu’elle implantatera son nouveau centre de distribution jumelé à son bureau régional dans l’Innoparc de Lévis.

350 000 $ pour le développement de deux entreprises de Lévis

Deux entreprises de Lévis, Technologie Genset-Synchro et Boivin Évolution, ont reçu une aide de Développement économique Canada (DEC), a annoncé la ministre du Développement économique, Mélanie Joly, ce 23 juillet.

Le Bistro les 3 frères ouvre sur le site du Golf Stastny

Depuis le 10 juillet dernier, le Bistro les 3 frères a ouvert ses portes sur le site du Golf Stastny à Saint-Nicolas. Eric Nittolo et Steve Blouin sont les deux associés du projet et ont joint à leur équipe le promoteur Samuel Gourde qui s’occupera du volet événementiel.

Grands Prix du tourisme : deux entreprises de Lévis distinguées

Le 16 juillet en matinée, Tourisme Chaudière-Appalaches a dévoilé le nom des 19 lauréats de la 35e édition des Grands Prix du tourisme de la Chaudière-Appalaches. Lors de l’événement tenu sur le Web en raison de la pandémie, deux entreprises lévisiennes ont ravi des honneurs.

Procédé de récupération unique au Canada chez Fibres Breakey

Fibres Breakey est une entreprise du secteur Breakeyville à Lévis qui se spécialise dans la récupération de fibres de papier. Depuis avril, la filiale lévisienne de Fibres Sustana a mis au point de nouveaux procédés afin de recycler la fibre des contenants multicouches de lait et de jus recyclables, une première pancanadienne.

Desjardins investit 60,5 M$ pour acquérir DuProprio

Le Mouvement Desjardins a annoncé l’achat de la société canadienne de portefeuille de l’entreprise britannique Purplebricks qui comprend l’entreprise d’origine lévisienne DuProprio ainsi que l’entreprise installée au Canada anglais Purplebricks Canada, le 15 juillet.