Plan complet des installations de la quarantaine publié dans le rapport de 1901. Photo :Reproduction à partir d’une photocopie - Claude Genest

Des documents enfouis dans les dédales administratifs contiennent des informations parfois surprenantes sur des éléments de l’histoire des localités. À preuve, un rapport du ministère de l’Agriculture du Canada, daté du 31 octobre 1901, nous brosse une esquisse historique intéressante de la quarantaine des bestiaux de la Pointe-Lévis.

Par Claude Genest - Collaboration spéciale

Construit à partir d’août 1865, le fort Numéro-3, situé aux limites des anciennes villes de Lévis et de Saint-David, n’a jamais vraiment servi à la défense de Québec. Érigé entre autres en prévision d’une potentielle invasion américaine, la signature du traité de Washington entre l’Angleterre et les États-Unis en 1871 rend ce fort, comme ses deux frères de la Rive-Sud, moins stratégique en vue d’un conflit armé. Il est donc recyclé, dès 1876, en quarantaine de bestiaux dans le cadre du commerce international d’une Amérique du Nord en pleine expansion.

Très détaillé, le rapport du ministère fédéral de l’Agriculture nous apprend que la station de quarantaine est organisée «pour la réception des bestiaux importés» avec des aménagements temporaires dans la cour intérieure du fort. Bien situé, le lieu prend rapidement de l’expansion et couvre non seulement l’enceinte du fort, mais aussi les terrains appartenant au gouvernement qui sont situés aux abords qui, bientôt, sont couverts «de remises et de cours».

La nécessité de la quarantaine ne fait pas de doute. Dès 1886, l’endroit est touché par la pleuropneumonie suivie de la maladie des pieds et de la bouche et le lieu confirme son rôle de sur-veillance essentiel pour atténuer les maladies contagieuses des animaux importés de la Grande-Bretagne. Comme le souligne le rapport, «dans les deux cas l’on a réussi à restreindre la contagion aux troupeaux qui les avaient apportées ou à ceux qui avaient contracté ces maladies au cours de la traversée» de l’océan Atlantique.

L’arrivée successive de ces maladies contagieuses donne lieu au renforcement des mesures transnationales et ralentit considérablement les importations. Par conséquent, le lieu de quarantaine se détériore par la suite «faute d’usage». Plus encore, on doit incendier des bâtisses afin de «maîtriser la contagion» de la pleuropneumonie.

Quoi qu’il en soit, la disparition presque complète de cette maladie des deux côtés de l’océan revigore les importations animales et voilà que la quarantaine reprend du galon dans le dernier droit du 19e siècle. Des travaux de relance sont réalisés par le département des Travaux publics et à nouveau l’endroit peut accueillir, au moment de la publication du rapport, 464 bestiaux et 300 moutons avec possibilité d’agrandissement.

Notons que la quarantaine est complétée par une autre installation située sur le bord du fleuve où transitent temporairement les bêtes présentant des symptômes contagieux en provenance d’Europe lorsqu’elles débarquent des navires. Pour le reste, les animaux gravissent le cap par l’entremise d’une route très abrupte, semi-privée et peu fréquentée minimisant ainsi la contagion des animaux domestiques.

En fin de compte, le rédacteur du rapport de 1901 se montre satisfait des installations de la Pointe-Lévis. Pour lui, la quarantaine «continue à être largement recherchée par les importateurs des États-Unis, qui préfèrent la route du Saint-Laurent à cause de l’excellente accomodation (sic) qu’ils y trouvent». Son opinion est confirmée par des médecins vétérinaires des États-Unis et de Grande-Bretagne qui ont inspecté la quarantaine en vue du commerce international de bétail. Voilà donc une page de l’histoire de la Rive-Sud agricole.

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