CRÉDIT : MÉLANIE LABRECQUE

Fort de la poussée du Bloc québécois dans les sondages, le candidat de la formation pour Lévis-Lotbinière, François-Noël Brault, est sûr que les électeurs de la circonscription lui accorderont leur confiance le 21 octobre. Ce dernier estime qu’il est en mesure d’offrir une alternative solide au député sortant, le conservateur Jacques Gourde.

Par Mélanie Labrecque - Collaboration spéciale

En entrevue, il est revenu sur plusieurs points qu’il souhaite défendre si les citoyens de la région décident de l’envoyer à la Chambre des communes.

En matière d’immigration, il espère que son parti pourra persuader le gouvernement fédéral de déléguer complètement cette compétence au Québec. «On aimerait que presque l’ensemble de notre immigration parle le français. […] On veut qu’il y ait une meilleure intégration et cela passe par la langue.»

Si les nouveaux Québécois s'expriment en français à leur arrivée, il serait par conséquent plus facile de les convaincre de venir s’établir à l'extérieur des grands centres, comme dans Lévis-Lotbinière qui a un important besoin de main-d’œuvre, a-t-il ajouté. «Aussi, on devrait encourager ceux qui sont déjà présents, qui vivent à Montréal et qui n’ont pas d’emploi, à envisager la vie en région, dans Lévis-Lotbinière par exemple.»

Agriculture

François-Noël Brault confirme qu’il défendra la gestion de l’offre. Les brèches consenties dans les derniers traités internationaux ne font qu’affaiblir, selon lui, tout un pan de l’économie québécoise. «Quand on attaque le modèle de la gestion de l’offre, on s'en prend à celui des fermes familiales au Québec.»

Il dénonce, au passage, le fait que les concessions aient toujours était faites au détriment des agriculteurs. «Pourquoi ne demande-t-on pas des concessions à l’industrie pétrolière de l’ouest ou à l’industrie automobile de l’Ontario? Je pense que finalement, l’élite anglophone du Canada choisit toujours de préserver ses industries stratégiques et que c'est toujours nous, les Québécois, qui devons faire des compromis.»

Le gouvernement devra également passer de la parole aux actes, selon lui, et compenser les pertes encourues par les agriculteurs. «On veut que ce soit effectif le plus rapidement possible et que ce ne soit pas temporaire.»

Environnement

Le candidat a réaffirmé son opposition au projet d’oléoduc proposé par le chef conservateur, Andrew Scheer, de même que son inquiétude face à l’industrie du gaz de schiste.

Dans les deux cas, le potentiel de contamination des sources d’eau est bien présent. «Dans Lotbinière, on n’a pas de centre de traitement des eaux. Alors, s’il y a une contamination de la nappe phréatique, c’est directement la source d’eau potable qui est affectée.»

Par ailleurs, il estime qu’il est important d’investir en recherche et développement en agriculture afin de mettre au point de nouvelles technologies qui limiteront les émissions de gaz à effet de serre.

Pouvoir

Même si le Bloc québécois sera un parti d’opposition au lendemain de l’élection, M. Brault croit que sa formation politique pourra avoir une influence. 

«On prévoit qu’il y aurait un gouvernement minoritaire. On veut que le Bloc ait la balance du pouvoir. Quand on est dans un contexte de balance de pouvoir, il y a un jeu de négociation avec le gouvernement. Il ne peut pas nous imposer ses démarches comme il le souhaite. À ce moment-là, on est en situation où l'on peut négocier.»

François-Noël Brault rappelle aussi que le travail d’un député est de collaborer avec les autres élus, peu importe le palier gouvernemental. En ce sens, il se dit prêt à travailler avec les maires de la MRC de Lotbinière et de Lévis ainsi qu’avec le gouvernement du Québec.

 

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