Originaire de Saint-Étienne-de-Lauzon et fils de deux patineurs de vitesse olympiens, Laurent Dubreuil a toujours été un sportif dans l’âme et, tout comme ses parents, c’est le patinage de vitesse qui l’a fait vibrer.
C’est en 2018, aux Jeux olympiques de Pyeongchang,que le Lévisien a pris part à ses premiers Jeux. Il s’était classé au 18e rang à l’épreuve du 500 mètres ainsi qu’au 25e rang à celle du 1 000 mètres. Le sportif a travaillé fort au cours des quatre dernières années pour arriver fin prêt aux Jeux olympiques de Beijing en 2022. À ce moment-là, il était favori sur la distance du 500 mètres, lui qui était champion du monde en titre sur cette distance et qui avait obtenu huit podiums en huit courses du circuit de la Coupe du monde lors de cette saison.
Toutefois, on connaît l’histoire. Dubreuil a raté de quelques centièmes de seconde le podium sur cette distance à Beijing.
«Ça a été très difficile de perdre une médaille par trois centièmes de secondes. […] Ma première réaction a été de me dire qu’attendre quatre ans pour les prochains Jeux olympiques, c’est long», a-t-il souligné aux membres de la CCIGL.
Il ne lui restait qu’une chance de médaille et c’était sur la distance du 1 000 mètres où il était loin d’être le favori.
Le chemin pour s’y rendre
Afin d’atteindre l’excellence et pouvoir rebondir d’une telle déception, le Lévisien s’était préparé au cours des années suivant sa performance à Pyeongchang. Selon lui, les deux clés de son succès sont sa fille, Rose, et ce qu’il appelle «la planification à rebours».
Il a indiqué aux membres présents de la CCIGL que sa fille, née en 2019, lui a donné une perspective différente sur ses résultats et lui permet de garder les deux pieds sur terre.
«Je réalise mon rêve de jeunesse (de vivre du patinage de vitesse) et j’avais envie que mes enfants puissent me voir heureux et fier comme je le suis en ce moment», a-t-il soutenu.
Également en 2019, Laurent Dubreuil a remis en question son plan d’entraînement ainsi que sa vision de l’excellence. Via la planification à rebours, le Lévisien s’est permis de visualiser son but pour ensuite, décortiquer le processus pour s’y rendre.
«(Quand j’ai appliqué la planification à rebours), chaque exercice que je faisais à l’entraînement devait être justifié parce qu’il fallait que ça m’amène au résultat que je me suis fixé. J’ai alors spécialisé mon entraînement, plus de musculation, plus de sauts, plus de départs explosifs et beaucoup moins d’aérobie», a-t-il expliqué.
Rebondir
Ainsi, six jours après avoir manqué le podium au 500 mètres, le patineur a pris le temps de vivre sa déception pour ensuite accepter qu’«il n’ait pas besoin d’une médaille olympique pour être heureux» et s’est «refocusé» sur l’épreuve du 1 000 mètres. Le Lévisien a causé la surprise et a enregistré le deuxième temps le plus rapide et s’est ainsi mérité la médaille tant convoitée.
«(Réaliser cet exploit), ça m’a demandé plus de persévérance et de résilience que je me connaissais capable. Plus tôt dans ma carrière, je n’aurais pas été en mesure de rebondir comme ça. Grâce à ma famille, grâce à Rose et Nathan (son fils nouvellement né), je suis maintenant capable de me pousser à faire des choses que j’aurais cru impossibles dans le passé», a conclu le médaillé olympique.