«À Shawinigan, le mouvement est vraiment parti de la base par [les organismes communautaires]. Il y a eu beaucoup de mouvements nationaux dans les dernières années dans le volet communautaire, où c’était difficile de rallier le milieu. Celle-ci, de sa nature et du fait qu’elle est née du milieu, elle rallie beaucoup plus et elle est cohérente avec le terrain», explique Érick Plourde, directeur général de la Corporation de développement communautaire (CDC) de Lévis.
Selon le sondage mené par la CDC de Lévis, ce sont sept organismes de la ville qui ont signalé leur intention de faire la grève. Parmi ceux-ci, on compte Bénévoles d’expertise, le Filon, le CALACS Rive-Sud, l’ADDS Rive-Sud, le Contrevent, Aux quatre vents et l’AQDR de Lévis. La grève ne sera toutefois pas complète pour la plupart, mais se fera sous différentes formes, selon les services des organismes et les besoins de leur clientèle.
«Quand on parle d’une grève, on s’entend que ce n’est pas une grève pour couper l’essentiel des services. Chacun arrive avec des propositions de comment faire des actions symboliques qui sont cohérentes avec le quotidien et la réalité du milieu communautaire», ajoute le directeur général.
Près de 20 organismes lévisiens ont toutefois mentionné leur intention de prendre part aux mobilisations et activités de diverses façons. Durant la semaine, l’organisme le Filon agira à titre d’espace collectif pour plusieurs activités de mobilisation à Lévis. La semaine débute aujourd’hui avec l’annulation du dîner collectif de l’organisme pour tenir une tempête d’idées créatives dès 9h30 portant sur la réflexion aux actions positives et de grèves. Des cellules d’actions spontanées seront également mises en place dès 10h30 ce lundi.
«Le Filon a toujours eu une voix plus collective. Il a été nommé de façon officieuse que le Filon sera l’épicentre des activités pour l’éducation populaire, des ateliers de fabrication d’items pour la mobilisation. L’idée des gens qui sont en grève, c’est d’être actif dans la diffusion», souligne Érick Plourde.
Des demandes qui reviennent
Le communautaire à boutte a mené à la mobilisation de nombreux organismes à travers le Québec. En Chaudière-Appalaches, ce sont 42 organismes qui sont en grève et 84 organisations qui ont officialisé leur soutien au mouvement.
«Les revendications sont les mêmes que toujours. Les organismes sont financés par un projet social de prendre soin au Québec. Les conditions de travail descendent pour le milieu. Notre réseau social a besoin d’être mieux financé dans un contexte de multicrises au Québec avec l’inflation et les enjeux sociaux qui se multiplient, comme l’itinérance ou la détresse psychologique. Notre façon de fonctionner de notre État, notamment en santé publique, en éducationo ou en développement social, ça ne fonctionne pas», déplore Éric Plourde.
Ces revendications se feront donc entendre partout au Québec dans le cadre de la campagne.
Pour la suite, un grand rassemblement pour une mobilisation régionale aura lieu le 27 mars et une mobilisation du mouvement québécois se fera devant l’Assemblée nationale à Québec, le 2 avril prochain, pour terminer la semaine. D’autres activités ou mobilisations de la part d’organismes de Lévis pourraient avoir lieu et se rajouter en cours de route jusqu’au 2 avril.