Ce sont près de 120 personnes qui se sont présentées à la célébration. Durant la première partie de la journée, la conférencière Maude Michaud a abordé le mythe de l’égalité atteinte, un sujet très important pour le RGFCA.
«C’est un grand enjeu pour nous au réseau parce qu’on se bat contre ce mythe chaque jour. Chaque fois qu’on traite d’un enjeu qui concerne les femmes, il y a toujours ce mythe qui persiste, peu importe à qui on parle. Oui les femmes travaillent, vont à l’université et ont des congés de maternité, mais il y a plus. On doit toujours le déconstruire avant de faire notre travail», explique Karine Drolet, directrice générale du RGFCA.
L’après-midi s’est voulu un moment de rencontre et de concertation entre les 24 membres du réseau, qui est composé des maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale, des centres femmes, d’organisme œuvrant en emploi, des associations féministes et plus encore.
À Lévis, on compte notamment parmi les membres du réseau l’Association féministe d’éducation et d’action sociale de Lévis (AFEAS), le Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) Rive-Sud, l’Espace Mélilot, la Jonction pour Elle, le Centre femmes l’Ancrage et Connexion emploi, en plus de plusieurs autres organisations régionales.
Sa mission : défendre les droits des femmes par une approche concertée avec le milieu et faire de la représentation auprès des paliers décisionnels, notamment.
Un historique qui s’est bâti
Après les balbutiements et l’établissement de la Table de concertation des groupes des femmes au début des années 90, c’est en 1996 que celle-ci s’incorpore pour devenir le Réseau des groupes de femmes Chaudière-Appalaches.
«C’est parti d’une volonté des groupes de femmes d’avoir ce lieu de concertation régional. Il y en a dans toutes les régions du Québec. La première travailleuse du réseau, Thérèse Larochelle, nous a dit lors de l’événement que ça avait été une grande fierté d’incorporer la table en termes de reconnaissance, d’expertise et de notoriété régionale», raconte Karine Drolet.
Les groupes de femmes se sont d’ailleurs joints au groupe dès le départ, marquant une grande stabilité au niveau des années.
Contribuer à la recherche
Dans les dernières années, le RGFCA a développé un nouvel outil à sa pratique, soit la réalisation d’études sur la situation des femmes dans la Chaudière-Appalaches. Parmi ces recherches, on compte désormais des données sur la pauvreté des femmes dans la région, l’âgisme envers les femmes et la charge mentale.
«Une grande réussite pour nous est la création de tous les outils et recherches que nous avons menés, surtout dans les six dernières années. On a travaillé avec beaucoup de chercheuses pour faire ressortir les faits, les statistiques de ce que vivent les femmes en Chaudière-Appalaches. C’est essentiel pour démontrer aux élus et aux gouvernements ce que les femmes vivent», souligne la directrice générale.
Le rapport de recherche le plus récent touche l’itinérance féminine, un enjeu bien présent en Chaudière-Appalaches, mais moins visible que l’itinérance chez les hommes.
«On a découvert qu’il y a des ressources en itinérance, entre autres à Lévis, mais ce sont toutes des ressources mixtes à l’exception de l’Espace Mélilot. Ce qu’on se rend compte, c’est que les femmes sont beaucoup plus à risque de violence, d’agressions sexuelles ou de se faire approcher pour de la prostitution. Donc, il y a beaucoup d’itinérance cachée chez les femmes. Les gens nous disent qu’ils ne voient pas vraiment de femmes en itinérance, mais c’est normal parce qu’elles ne sont pas dans la rue parce que c’est trop risqué pour elles», explique-t-elle.
Des défis qui se poursuivent
Pour la suite, le RGFCA souhaite continuer de travailler pour faire changer les lois, les structures et les mentalités par sa mission de défense collective des droits des femmes.
«En 30 ans, on a fait du chemin, mais si on parle à des femmes qui étaient là il y a 30 ans, elles disent ‘’on dirait qu’on dit la même affaire’’. Il y a eu des avancées, il y a des femmes qui sont plus présentes dans différents secteurs, mais, en même temps, on parle encore de violence, de pauvreté, d’itinérance et il y a plus de féminicides que jamais. On va continuer de défendre les droits des femmes tant que l’égalité de fait ne sera pas atteinte», conclut Karine Drolet.