Les trois candidats en lice pour cette élection municipale ont débattu des enjeux qui touchent la Ville de Lévis lors de ce débat divisé sous quatre grands thèmes, soit le leadership municipal et la vision du développement, le développement économique et l’aménagement du territoire, les infrastructures et le tourisme ainsi que la main d’œuvre, l’attractivité et l’immigration.
Leadership municipal et vision de développement
Pour ce thème, les candidats devaient témoigner de leur posture comme leader en ce qui a trait au développement de la Ville de Lévis.
Pour Isabelle Demers, «le leadership municipal, c’est aussi de prendre des décisions difficiles quand cela s’impose pour le meilleur de notre ville». Elle a indiqué vouloir travailler en partenariat avec les commerces et les industries de Lévis pour répondre aux enjeux de la ville, tout en expliquant adéquatement à la population les décisions prises par le conseil municipal.
De son côté, Steven Blaney a plutôt parlé de son désir d’un troisième lien à l’est pour permettre le bouclage périphérique de la Ville de Lévis. Il a d’ailleurs évoqué le fait que le budget de la Ville n’incluait pas le lien interrives et a souligné que les gens de Lévis ont besoin d’un leader qui prend les rênes de ce dossier.
Pour sa part, Serge Bonin a lancé qu’un bon leader est quelqu’un qui sait s’entourer de «gens qui sont meilleurs que soi autour de soi et tirer le meilleur d’eux-mêmes pour faire en sorte que leurs idées soient mises de l’avant». Il a rappelé que son équipe comportait des candidats de 25 à 72 ans de plusieurs domaines et environs.
Dans une courte période de débat entre les candidats sur ce thème, Isabelle Demers a répondu à la critique de Steven Blaney sur l’absence du troisième lien dans le budget de la Ville en lui rappelant que c’est un projet de juridiction provinciale, mais qu’elle défendait tout de même ce projet, tout comme Serge Bonin, qui souhaite que celui-ci se fasse à l’est du territoire.
Isabelle Demers - Photo : Gilles Boutin
Développement économique et aménagement du territoire
Concernant le moratoire sur la construction présentement en vigueur à Lévis, Isabelle Demers a mentionné que Lévis se développait bien, mais qu’elle devait prendre une petite pause pour s’occuper de ses usines de traitements des eaux pour mieux développer à long terme. Steven Blaney a soutenu que la Ville de Lévis était densifiée et qu’elle devait continuer d’aller de l’avant pour «générer des revenus et maintenir notre qualité de vie». Il a d’ailleurs accusé Serge Bonin d’être contre le développement. Ce dernier a répondu qu’il était pour le développement, mais qu’il exigeait plus de prévisibilité de la part de la Ville, en qualifiant le moratoire «d’écueil et de manque de prévisibilité» et en mentionnant qu’il n’avait aucun problème à ce que des promoteurs construisent s’ils réussissent à obtenir les autorisations du ministère de l’Environnement.
En ce qui a trait aux redevances demandées au promoteurs, Serge Bonin s’est dit favorable à ce qu’elles soient appliquées, mais souhaite offrir aux promoteurs une flexibilité en proposant d’étaler le paiement des redevances. Isabelle Demers a rappelé que Lévis a été la 30e ville à mettre des redevances au développement afin de protéger les commerces et les industries, notamment grâce aux 70 M$ récupérés par la Ville grâce à cette mesure. Elle considère que c’est une mesure qui oblige les promoteurs à «payer leur juste part». Steven Blaney s’est aussi dit d’accord avec la mesure, mais souhaite le faire en partenariat avec les promoteurs, contrairement à la manière «sauvage et brutale» qu’applique l’organisation actuelle.
Pour le transport, Steven Blaney a qualifié la Société de transport de Lévis «d’extrêmement performante», sans mentionner de projet en particulier en lien avec le transport en commun. Il a toutefois qualifié le boulevard Guillaume-Couture de «colonne vertébrale» de la mobilité. Serge Bonin a mentionné l’importance d’un service rapide par autobus (SRB) entre le Cégep de Lévis et le secteur Saint-Rédempteur. Pour Isabelle Demers, l’élargissement de l’autoroute 20 est une «façon rapide et économique» de réduire le trafic rapidement.
Pour répondre aux besoins des PME, Steven Blaney a critiqué le manque de planification de la Ville pour créer des infrastructures qui permettraient d’appuyer le développement économique. Il a évoqué son désir de travailler sur les infrastructures en raison de son expertise en ingénierie civile «avant de sombrer en politique». Isabelle Demers l’a critiqué pour son utilisation du terme sombrer, ce à quoi il a répondu que «c’était mieux que vendeur d’autos». Par la suite, Isabelle Demers a indiqué que les PME étaient les «yeux sur le terrain» et que la Ville avait réalisé plus de 200 consultations l’année dernière pour avoir leur avis au niveau de l’urbanisme. Serge Bonin a mentionné vouloir faire de Lévis une ville de destination plus attractive, ce qui aiderait les PME.
Steven Blaney - Photo : Gilles Boutin
Infrastructures et tourisme
Sur le sujet de l’amphithéâtre multifonctionnel dans l’arrondissement Desjardins, tous les candidats étaient en faveur de celui-ci. Steven Blaney et Isabelle Demers ont salué le travail de Mouvement Sportif Lévis dans ce dossier, alors que Serge Bonin a soutenu qu’une équipe de la Ligue de hockey junior Maritimes Québec permettrait de soutenir ce projet et qu’il souhaitait entrer en contact avec les Remparts de Québec pour faire avancer ce dossier.
Questionnés quant au développement du secteur de la Traverse, Isabelle Demers a indiqué qu’elle souhaite le poursuivre comme son parti le faisait déjà, notamment grâce à un stationnement étagé. Steven Blaney a relevé l’enjeu d’itinérance sur l’avenue Bégin, qui ferait fuir les gens de ce secteur. Il a proposé plus de sécurité pour apporter de la prospérité au secteur. Serge Bonin a affirmé qu’un projet hôtelier permettrait de faire ressortir le potentiel immense du secteur.
En ce qui a trait à la Davie, tous les candidats ont mis en évidence l’importance de soutenir cette entreprise pour le développement économique de la région. Isabelle Demers a tenu à rappeler que les Conservateurs fédéraux desquels Steven Blaney faisait partie n’avaient pas appuyé la nomination du chantier lévisien à la Stratégie nationale de construction navale, ce à quoi il s’est défendu de ne pas avoir pu le faire à l’époque, puisque l’entreprise était dans un gouffre financier.
Si Isabelle Demers et Serge Bonin ont défendu l’importance de la culture et de sa diffusion, Steven Blaney s’est montré plus prudent, alors qu’il souhaite que Lévis soit présente pour accompagner les projets culturels, mais qu’elle doit le faire de façon vigilante, vu le ratio d’endettement de la Ville.
Concernant le tourisme d’affaire, Serge Bonin a indiqué vouloir développer le centre-ville pour offrir une identité claire à la Ville. Steven Blaney a plutôt rappelé l’importance d’améliorer la sécurité et les infrastructures pour attirer davantage d’événements, notamment les Jeux du Québec. Isabelle Demers a quant à elle soulevé la présence des pistes cyclables, du secteur de la Traverse et du Festivent qui attirent des touristes.
Serge Bonin - Photo : Gilles Boutin
Main d’œuvre, attractivité et immigration
Par rapport à l’attraction de la main d’œuvre à Lévis, Isabelle Demers a souligné le caractère accueillant de la Ville. Elle a également rappelé l’importance de l’immigration temporaire pour le secteur agricole et les entreprises de la région. Elle a aussi indiqué que l’immigration est une «responsabilité fédérale, mais (que) c’est de notre responsabilité de faire que les entreprises d’ici puissent avoir la main-d’œuvre dont elle a besoin».
Serge Bonin a parlé des solutions qu’il souhaite apporter à la main-d’œuvre, notamment les travailleurs étrangers temporaires, pour lui permettre d’être bien accueillie. Il a indiqué l’importance de créer des logements abordables pour permettre aux immigrants et aux travailleurs de se loger adéquatement, ainsi que de l’importance du Tremplin, un organisme qui facilite l’accueil des immigrants. Finalement, il a indiqué qu’un SRB était «nécessaire» pour permettre le déplacement des travailleurs.
Quant à Steven Blaney, il a assuré vouloir être une voix forte pour défendre un programme de travailleurs étrangers temporaires auprès des différents paliers de gouvernement, puisque celui-ci permettrait d’offrir une main-d’œuvre économique aux entreprises de la région. Il a également défendu l’apport des étudiants étrangers sur le marché du travail, particulièrement dans les secteurs agricole, manufacturier et hôtelier.
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