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Expiration de permis de travail

La FCEI alarmée

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Photo : Unsplash - Jeriden Villegas

12 mars 2026 12:00

Estimant que plus de 1,3 million de permis de travail vont expirer d'ici la fin de 2026, la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) craint que les PME canadiennes fassent face à «d'importants défis économiques et de main-d'œuvre».

«Certaines estimations montrent que plus de 300 000 permis de travail expireront d'ici la fin mars. Les répercussions économiques de cette situation pourraient être énormes. De nombreux employeurs ne pourront pas être en mesure de garder leurs travailleurs étrangers en raison des récents changements fédéraux. Cela fragilisera des secteurs clés qui sont déjà confrontés à des pénuries de main-d'œuvre à un moment où le pays doit renforcer son économie et ses chaînes d'approvisionnement», a illustré Jasmin Guénette, vice-président aux affaires nationales à la FCEI.

Citant un sondage qu'elle a mené en 2024-2025 auprès d'entreprises ayant eu recours au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) pour répondre à leurs besoins en main-d'œuvre, la fédération a rappelé que 57 % des répondantes avaient alors indiqué qu'elles devraient réduire leurs plans de croissance si elles ne pouvaient pas retenir ou accéder aux travailleurs étrangers. De plus, 52 % des participants au coup de sonde avaient alors partagé qu'ils seraient incapables de traiter des commandes ou de fournir des services.

«Les PME veulent embaucher des Canadiens, y compris des jeunes et des personnes issues de groupes sous-représentés, mais certains emplois exigent des compétences précises qu'elles ne parviennent pas à trouver. En fait, la proportion de jeunes travaillant dans plusieurs des secteurs où les travailleurs étrangers temporaires sont employés, comme le secteur agricole ou manufacturier, demeure extrêmement faible. Dans certains cas, sans ces travailleurs étrangers qualifiés, il y a moins d'emplois pour les Canadiens. C'est pourquoi l'accès aux travailleurs issus de l'immigration demeure essentiel», a renchéri M. Guénette.

Comme d'autres organisations économiques, la FCEI réclame donc au gouvernement fédéral de faciliter le maintien des travailleurs étrangers temporaires déjà présents au pays en instaurant une clause grand-père.

Aussi, l'association aimerait qu'Ottawa mette en place une voie d'accès à la résidence permanente pour les travailleurs étrangers temporaires peu qualifiés «qui ont conservé leur statut juridique, acquis une expérience de travail au Canada et payé des impôts».

Enfin, le regroupement demande qu'un processus d'appel en cas de refus d'une demande de travailleurs étrangers temporaires soit établi, qu'Ottawa «réduise le fardeau administratif du programme» et que les employeurs et le milieu des affaires soient consultés avant toute réforme.

«Les entreprises et leurs employés ont besoin de stabilité. Bon nombre de détenteurs de permis de travail, y compris des travailleurs étrangers temporaires, sont déjà intégrés à leurs communautés et y contribuent. Les politiques d'immigration doivent répondre aux besoins économiques. Le gouvernement doit présenter un plan concret pour assurer la stabilité de la main-d'œuvre», a conclu Christina Santini, directrice des affaires nationales à la FCEI.

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