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Jour de deuil

257 décès liés au travail sont survenus en 2025

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Photo : Unsplash - Christopher Burns

28 avr. 2026 02:00

Lors du Jour de deuil, la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a invité la population, le 28 avril, à observer un moment de recueillement en mémoire des travailleurs blessés, malades ou décédés du fait de leur travail. Pour l'occasion, la CNESST a également dressé le bilan national du nombre de décès, blessures ou malades provoqués par le travail au Québec l'an dernier.

En 2025, 91 personnes ont perdu la vie lors d'un accident du travail, un bilan à la hausse comparativement à l'année précédente. Le nombre de décès liés à une maladie professionnelle s'élève, quant à lui, à 166, une baisse de 3 % par rapport à 2024.

L'an dernier, 11 053 personnes ont pour leur part développé une maladie professionnelle et 92 875 ont été victimes d'un accident du travail. Ensemble, elles représentent 103 928 lésions professionnelles, soit une réduction de l'ordre de 3 % par rapport à 2024.

C'est dans les secteurs des soins de santé et assistance sociale (21 819), de la fabrication (17 061) et de la construction (9 608) que le plus de lésions professionnelles ont été enregistrées par la CNESST en 2025.

«En ce Jour de deuil, nous avons le devoir de nous souvenir de toutes celles et de tous ceux qui ont perdu la vie ou qui ont été blessés au travail. Chaque accident est un drame de trop. Les progrès observés au cours des dernières années ne sont pas le fruit du hasard. La modernisation du régime de santé et de sécurité du travail a marqué un tournant important pour mieux prévenir les risques dans nos milieux de travail. Mais le travail n'est pas terminé. Nous devons poursuivre nos efforts avec les employeurs et les travailleurs pour faire de la prévention une véritable culture partout au Québec», a souligné Jean Boulet, ministre du Travail.

Les syndicats mécontents

Le bilan 2025 n'a pas été bien accueilli par plusieurs syndicats québécois, ces derniers critiquant notamment «l'inaction et les reculs du gouvernement» en matière de santé et sécurité au travail au cours des dernières années.

«Aujourd'hui, on se souvient. Mais on refuse que ces drames deviennent une routine. Deux cent cinquante-sept décès, ce ne sont pas des statistiques : ce sont 257 vies perdues, 257 familles brisées. Et dans trop de cas, ces décès auraient pu être évités par une prévention adéquate», a déploré le secrétaire général de la FTQ, Olivier Carrière.

«257, c'est plus élevé que la moyenne des 10 dernières années. C'est aussi 11 décès de plus qu'en 2024. Nous devons poursuivre nos efforts pour changer cette triste réalité, a renchéri la présidente de la CSN, Caroline Senneville. (...) 77 % des accidents de travail ayant causé la mort en 2025 ont eu lieu sur un chantier de construction. Malgré ça, le gouvernement veut absolument affaiblir les protections dans ce secteur et diminuer grandement la présence des représentantes et représentants en santé et sécurité du travail sur les chantiers.»

«Plus de décès, aucune véritable réduction du nombre de lésions, des coûts en hausse et des délais qui s'allongent : ce n'est pas ce qu'on appelle une réforme réussie (adoption il y a cinq ans de la Loi modernisant le régime de santé et de sécurité du travail). Et ce n'est pas étonnant. Tant que l'on continuera de penser ce régime d'abord comme un mécanisme d'assurance plutôt que comme un véritable outil de prévention, nous ne verrons pas la situation s'améliorer», a conclu Luc Vachon, président de la CSD.

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