Depuis qu’ils sont au primaire, les trois Lévisiens tournent des films ensemble. Alors que le résultat n’était «pas très travaillé» à cette époque, ils ont créé leur maison de production pour améliorer et peaufiner leurs projets.
«Ce qui nous a poussé à créer Triskel Films, c’est l’envie de montrer aux autres notre passion. Le fait de vouloir raconter des histoires, comme on peut les voir à la télévision, mais de les construire nous-mêmes. On veut tout créer nous-mêmes pour montrer aux autres ce qu’on peut faire», explique Mathieu Alain, majoritairement réalisateur et monteur.
Bien que chacun joue un rôle particulier dans la maison de production, les trois adolescents s’échangent régulièrement les différents chapeaux. C’est ce qui leur permet d’aborder leur passion du cinéma sous différents angles.
«Ce qui me passionne du cinéma, c’est la différence de points de vue pour raconter une histoire. Tu pars d’un simple texte et tu peux créer différents produits, dépendant de ta personnalité. Ce que j’aime, c’est qu’en écoutant des films, je me dis parfois que je l’aurais fait différemment. Avec Triskel Films, ça nous permet de créer notre propre produit», croit Olivier Anctil, qui se charge généralement de la scénarisation et de la mise en scène.
Entre deux
Dans leur premier court-métrage, les trois artistes proposent une «œuvre dramatique qui aborde les circonstances ardues rencontrées par un plus grand nombre d’adolescents que l’on pourrait croire». Avec des thèmes et des scènes parfois difficiles, Triskel Films veut susciter des réflexions sur les influences qui peuvent avoir un impact sur la vie des jeunes lors de cette période de transition qu’est l’adolescence.
Si les scènes choquantes du film aident à faire comprendre que des jeunes peuvent se sortir de situations difficiles avec de l’aide, elles permettent également aux trois Lévisiens de s’émanciper.
«La raison principale derrière certaines scènes, c’est pour montrer qu’on n’est plus seulement des enfants. On voulait aller plus loin et pousser le truc pour que les gens comprennent qu’il y a un fond de sincérité et de professionnalisme là-dedans. On s’est dit qu’on allait aborder des sujets plus lourds et y aller avec des scènes choquantes et fortes pour marquer les gens», exprime Olivier Anctil.
Effectivement, les élèves du réalisateur et bédéiste lévisien, Luca Jalbert, lui doivent beaucoup. Ils sentaient toutefois qu’ils étaient maintenant prêts à avoir leur propre projet.
«Luca Jalbert est comme notre mentor. Il nous a tout appris au fil des années, alors qu’on a souvent joué dans ses projets. Avec les années, on a décidé de créer notre maison de production pour voler de nos propres ailes et mettre en œuvre tout ce qu’il nous a appris. Il a un caméo dans Entre deux pour le remercier de ce qu’il nous a montré», raconte Vincent Feller, qui joue le rôle principal du film et qui s’occupe des réseaux sociaux.
Le futur de Triskel films
À long terme, les fondateurs de Triskel Films espèrent faire rayonner le cinéma québécois en créant des projets qui «rivalisent avec des productions hollywoodiennes» et en montrant ce que la jeunesse est capable d’accomplir. À plus court terme, les Lévisiens préparent un plus long film qu’ils souhaitent commencer à tourner cet été, tout en diversifiant leur style.
«En ce moment, on essaie encore de se démarquer. On veut explorer le plus de sujets possibles. On a plein d’idées d’histoires qu’on essaie d’explorer avec des thèmes, des époques ou des environnements différents. On se fait dire par des gens qui ont étudié dans le domaine qu’il faut en faire beaucoup pour agrandir notre portefolio et, plus tard, pouvoir montrer les différentes parties du cinéma qu’on a explorées quand on était jeune», conclut Mathieu Alain.