mercredi 17 juillet 2024
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Parcours de vie différenciés

Deux récipiendaires lévisiens pour les prix Leviers

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Charles-Alexandre Bouffard et Abigaël Landry (au centre) sont 2 des 27 récipiendaires d’un prix Levier. Photo : Courtoisie

07 nov. 2023 09:10

C’est lors d’une cérémonie tenue le 17 octobre dernier que 27 jeunes de partout au Québec ont reçu un prix Levier, événement organisé par le Regroupement des organismes communautaires autonomes jeunesse du Québec (ROCAJQ). Soulignant l’implication et la détermination de jeunes aux parcours de vie différenciés, deux jeunes de Lévis ont, entre autres, reçu le prix cette année : Abigaël Landry et Charles-Alexandre Bouffard.

«De notre côté, nous avons choisi Abigaël parce qu’elle a su utiliser son diagnostic (de trouble de santé mentale) comme un levier. Elle s’en sert pour faire de la prévention et le vulgarise. C’est un beau modèle», explique la directrice générale d’Alliance Jeunesse Chutes-de-la-Chaudière, Anne-Marie Roy.

Ayant reçu l’aide de cet organisme par le biais du Tremplin, un centre de logement supervisé pour jeunes de 18 à 30 ans qui sont dans la quête de l’autonomie et qui ont de la difficulté à se loger, Abigaël a vécu plusieurs difficultés qui l’ont amené à se tourner vers cette ressource.

C’est après avoir été hospitalisée pour avoir fait deux tentatives de suicide que cette dernière a commencé à aller chercher davantage d’aide. Avant d’arriver au Tremplin, Abigaël a aussi vécu une période d’instabilité résidentielle et d’itinérance cachée.

«Ce qui m’a poussé à aller chercher de l’aide, ce sont les commentaires d’une personne qui m’a aidé, mais qui a aussi été toxique dans ma vie. Elle me disait que je n’allais jamais y arriver et ça m’a donné le goût de lui prouver le contraire», raconte la récipiendaire.

Après un séjour de près de deux ans au Tremplin, Abigaël l’a quitté au mois d’avril dernier et vit maintenant en appartement avec son copain. Elle poursuit ses études en éducation spécialisée et utilise la plateforme TikTok afin de partager son expérience et de sensibiliser les gens à l’automutilation auprès de plus de 11 000 abonnés. Elle continue de travailler sur elle-même et d’aller chercher de l’aide auprès d’un psychologue.

Deux parcours différents

Du côté de Charles-Alexandre, ce dernier a complété quelques séjours dans d’autres hébergements avant d’arriver au Centre aide et prévention jeunesse (CAPJ) de Lévis pour compléter un séjour à la Rose des vents, un hébergement transitoire avec soutien pour des adultes vivant avec des problèmes de santé mentale.

«Charles-Alexandre a un très gros parcours de vie, il avait la consommation dans sa vie, l’instabilité résidentielle et l’instabilité du travail. Tout ce paquet le rendait très instable. Lorsqu’il est arrivé chez nous, il était prêt et il est venu chercher de l’aide par lui-même», raconte la responsable de la Rose des vents et intervenante auprès de Charles-Alexandre, Sarah Fournier.

Un an et demi plus tard, ce dernier a réussi à accepter son diagnostic, à cesser la consommation et à conserver son logement et son travail. «Il continue toujours de travailler, d’aller au mieux et il démontre de la résilience dans tout son parcours», souligne Sarah Fournier.

À la fin de son parcours en logement supervisé, Charles-Alexandre doit maintenant trouver son propre logement et voler de ses propres ailes.

Démystifier la santé mentale

Les deux récipiendaires sont d’ailleurs fiers d’avoir reçu un prix Levier, symbole de la réussite de tous leurs efforts.

«Ce n’est pas parce que tu as un diagnostic de santé mentale que tu ne peux pas travailler ou vivre une vie normale. Il y a une démystification à faire. On peut réussir quand même. On peut devoir faire des adaptations, trouver des solutions, mais on peut réussir. Le chemin n’est pas obligé d’être droit», souligne Sarah Dufour.

Les deux intervenantes déplorent le fait que les problèmes de santé mentale sont souvent vus d’un mauvais œil alors qu’il «s’agit d’un problème de santé au même titre qu’un problème physique». «Il y a un gros travail à faire là-dessus», ajoute Anne-Marie Roy.

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