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L’ambition de Smawl dépasse les frontières

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Photo : Courtoisie - creatively.mochi

19 mai 2026 10:17

Ancien joueur de haut niveau à Overwatch, le Lévisien Matis Smolla, alias Smawl, agit aujourd’hui comme entraîneur auprès de quatre équipes à travers le monde. Il travaille avec les formations du Cégep de Matane, de l’Université Cumberland, au Tennessee, d’une équipe du Pakistan et d’une formation semi-professionnelle en Amérique du Nord.

Par William Gauvin

Originaire d’une famille de gamers, Matis devient passionné des jeux vidéo à sa transition entre le primaire et le secondaire. 

Un jour, un de ses amis lui suggère d’essayer Overwatch. Moins captivé au départ, Matis lui répond qu’il n’est pas intéressé par le jeu. Il décide finalement de l’essayer, puisque ses amis y jouent déjà. Malgré ses difficultés initiales, cette première expérience marque le début de sa passion pour le jeu. «Tu ne pouvais pas être pire que moi», dit-il en riant.

À ses débuts, son désir de devenir meilleur l’amène à se lancer dans le sport électronique. Pendant sa carrière, il a remarqué qu’il aimait mieux entraîner. «J’ai plus de plaisir quand j’apprends au monde comment jouer. Au final, une carrière professionnelle de sport électronique chez un individu va durer en moyenne un an à trois ans», lance-t-il.

Un de ses meilleurs moments s’est concrétisé, à la fin avril, lorsque son équipe, le Phoenix de l’Université Cumberland, était à Orlando, en Floride, pour un tournoi dans la ligue universitaire des États-Unis (NACE). L’un des matchs de l’équipe a rejoint 130 000 spectateurs sur Twitch pour y voir Smawl, vêtu d’un veston beige, communiquant avec ses joueurs. L’Université Cumberland a fini troisième au classement.

Travailler de sa chambre

À son domicile familial à Lévis, le jeune entraîneur forme et renseigne en ligne ses joueurs en prenant des notes et en développant des stratégies pour ses quatre troupes. Du plus près au plus loin, Matis est entraîneur des Capitaines du Cégep de Matane, dans la Ligue collégiale de sports électroniques, de l’Iliad Artemis, une ligue semi-professionnelle en Amérique du Nord s’appelant FACEIT, du Phoenix de l’Université Cumberland dans la ligue universitaire des États-Unis et assistant-entraîneur pour le Pakistan pour les qualifications de la Coupe du monde d’Overwatch. 

Avec quatre équipes à gérer, ce qui inquiète le plus le Lévisien est le temps. «En général c’est beaucoup de sacrifices dans le temps. Au travers de tout ça, je fais des 35 heures par semaine à l’école et à peu près 20 à 30 heures par semaine à coacher à Overwatch», affirme-t-il. 

Malgré cela, il confirme pouvoir prendre des pauses pour remettre les piles à neuf.  

La différence entre les jeux vidéo et le sport électronique

Pour la majorité, les jeux vidéo peuvent être perçus comme un loisir pour se détendre, pour passer le temps et pour socialiser avec ses amis après une journée à l’école ou au travail. De l’autre côté de la médaille, le sport électronique se distingue par sa compétition. Celle-ci nécessite une préparation minutieuse, une grande concentration et de solides compétences pour des tournois qui permettent aux athlètes d’obtenir leur gagne-pain.

Par exemple, les joueurs de la ligue universitaire américaine ont accès à une bourse d’études, comme c’est le cas pour le Phœnix de l’Université de Cumberland. Les entraîneurs, dont Matis, sont également rémunérés. La majorité des entraîneurs sont inscrits à l’université correspondante. Matis, convoité par Cumberland, est entraîneur même s’il n’étudie pas à Lebanon, au Tennessee.

«C’est dur de faire comprendre aux gens la différence entre jouer à des jeux vidéo et le sport électronique. C’est aussi difficile de faire comprendre aux gens que je ne suis pas un accroc aux jeux vidéo sans ambition, mais que je consacre mon temps à un projet qui me passionne», explique-t-il.

Ses objectifs à long terme

Finissant en soutien informatique au Centre de formation professionnelle Marie-Rollet de Sainte-Foy cet été, Matis aimerait passer du semi-professionnel au niveau professionnel, dans la Overwatch Championship Series (OWCS). Bien qu’il ne gagne pas suffisamment d’argent pour en faire sa seule source de revenus, il est déterminé à atteindre cet objectif. 

«Je me vois percer dans le milieu professionnel. J’aurai mon diplôme d’études professionnelles cet été, mais je pense que le travail va prendre beaucoup de place. Si je dois choisir entre les deux, je vais toujours privilégier mon emploi, parce qu’une carrière dans l’e-sport ne peut pas répondre à tous les besoins d’une vie à long terme», explique-t-il. 

Le 10 mai dernier, l’équipe du Cégep de Matane, qu’il a représentée, a été vaincue en finale par son ancienne équipe, les Légionnaires du Cégep de Sainte-Foy.

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