L’enquête publique a été réalisée à la suite de la dénonciation publique des proches qui ont critiqué le premier rapport de la coroner Sophie Régnière, le jugeant incomplet. Des lacunes au niveau de l’opération policière avaient également été exposées dans les médias.
Circonstances entourant le décès
Le 6 novembre 2024, l’adolescente avait quitté son école secondaire sur l’heure du dîner lors d’une journée où elle avait déjà eu deux rencontres avec l’éducatrice spécialisée, qu’elle devait revoir à son retour de dîner. À la suite de son non-retour et après une recherche dans l’école, à la bibliothèque et à son domicile, le Service de police de la Ville de Lévis a été contacté.
Maëlyne a été retrouvée sans vie le lendemain, vers 13h20, dans un ruisseau situé à environ 700 mètres à vol d’oiseau de l’établissement scolaire.
«Les éléments factuels démontrent que Maëlyne a probablement eu un malaise à un moment ou un autre alors qu’elle marchait dans le boisé. Elle aurait déposé son sac au sol, continué son chemin, enlevé ses souliers [...] Elle a rampé sur le ventre et s’est rendue au ruisseau où elle a perdu connaissance pour ultimement s’y noyer accidentellement», conclut le coroner.
La mort de Maëlyne est évaluée par le coroner vers la fin de la soirée du 6 novembre, après 22h ou plus tard dans la nuit, ce qui laisse croire que celle-ci était toujours en vie lors de l’arrêt des recherches terrestres pour la nuit.
«Rien ne permet de croire que si les recherches avaient été faites autrement, la conclusion aurait été différente», précise toutefois Me Malouin.
Ce dernier insiste d’ailleurs dans son rapport sur le fait que l’analyse de la situation s’est fait sur de nombreuses heures alors que le «travail des policiers s’est déroulé sur moins de 24h». «Nous n’avions pas le stress de l’événement ni l’urgence du temps qui s’écoule», ajoute-t-il, ne remettant pas en doute la bonne foi des policiers.
L’enquête policière critiquée
C’est cet arrêt des recherches terrestres à 21h15 le 6 novembre qui est tout d’abord remis en question par le coroner Malouin. Ce dernier mentionne que l’adolescente n’a été traitée que selon son profil qui indiquait qu’elle était suicidaire, alors que l’opération aurait dû être menée en prenant également en compte le profil qu’il s’agissait d’une enfant de 13 à 15 ans, auquel cas la recherche n’aurait pas cessé durant la nuit.
«En oubliant ce deuxième profil, les officiers du SPVL ont orienté leur travail d’une seule façon alors que, à mon avis, on aurait dû considérer l’ensemble des profils», mentionne-t-il dans son rapport.
En ce qui a trait à la décision de suspendre les recherches terrestres, l’officier décisionnel a parlé avec l’enquêteur et le GRT, mais ne les a pas consulté quant à la suspension, ce qui normalement aurait dû être fait pour que «la décision soit prise d’un commun accord». Ceux-ci n’en ont qu’été informés.
«L’enquêteur témoignera de plus qu’il était d’accord avec cette décision, car, face à une personne suicidaire, il peut être bon de relâcher la pression pour lui permettre de revenir d’elle-même. C’est exact pour une personne suicidaire, mais ici, en plus d’être suicidaire, il s’agissait d’une enfant de 13 ans», explique le coroner quant au témoignage de l’enquêteur lors des audiences tenues en avril dernier.
L’enquêteur a également insisté sur le fait que les démarches d’enquête ont continué durant la nuit, bien qu’il y a eu l’arrêt des recherches terrestres.
Le coroner revient également sur la collaboration entre le SPVL et la Sûreté du Québec (SQ), qui aurait dû intervenir plus rapidement dans le dossier selon les procédures prévues dans les guides pratiques.
Me Malouin mentionne que c’est au moment de cesser la recherche terrestre pour la nuit que le SPVL aurait dû entrer en communication avec la SQ pour obtenir des conseils qui auraient pu lui permettre d'apporter d'autres techniques d'enquête.
Me Malouin recommande donc au SPVL de «mettre à jour les connaissances de son personnel, notamment en matière de recherches terrestres et des pratiques prévues du Guide de pratiques policières qui s’y rapportent» et à la SQ de «faire mieux connaître aux autres corps policiers les services qu’elle offre, notamment ceux de la Division des mesures d’urgence».
Le SPVL a répondu par voie de communiqué prendre acte du rapport d’enquête et l’accueillir «avec sérieux, respect et ouverture» et en entreprendre l’analyse. Le corps policier ne formulera toutefois pas de commentaires pour l’instant sur le contenu.
Questionné sur le sujet en mêlée de presse, le maire de Lévis, Steven Blaney, indique avoir rencontré la direction du SPVL au matin du 15 septembre et s’être assuré qu’un suivi sera fait par ceux-ci pour prendre compte des recommandations et les appliquer.