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Soins infirmiers

Une clinique d’IPS à Lévis

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La salle d'attente de la clinique. Photo : Elizabeth Cyr

29 août 2026 06:30

Depuis son ouverture en avril, la nouvelle clinique d’infirmières praticienne spécialisée (IPS) de Lévis accueille progressivement des patients. Situé au 1205, boulevard Guillaume-Couture, dans le secteur de Saint-Romuald, l’établissement souhaite ainsi contribuer à réduire la pression sur les urgences et offrir une prise en charge de proximité à une clientèle qui attend parfois depuis plusieurs années un médecin de famille.

Par Elizabeth Cyr, journaliste pour l'Initiative de journalisme local

Il s’agit de la première clinique d’IPSen Chaudière-Appalaches et celle-ci regroupe une équipe multidisciplinaire.

Rappelons que les IPS sont des professionnelles de la santé qui fournissent des soins médicaux infirmiers avancés. Elles peuvent assurer un suivi complet de la santé des patients et, depuis avril 2024, elles peuvent également prendre en charge en partie des personnes sans médecin de famille.

«Dans la première année, c’est environ 250 patients par IPS», explique le chef de service et IPS, Andy Pelletier-Laliberté. 

La capacité d’accueil doit également augmenter au fil des années. Selon les projections présentées, une IPS pourrait éventuellement suivre entre 800 et 1 000 patients.

Une prise en charge diversifiée

La pratique des IPS en clinique de première ligne se veut comparable à celle d’un médecin de famille en GMF ou en clinique médicale, bien que certains services demeurent propres au milieu hospitalier.

Les professionnels peuvent notamment assurer des suivis pour le diabète, l’hypertension, les troubles lipidiques, l’hypothyroïdie, l’arthrose et l’arthrite. Ils peuvent également effectuer certains suivis liés au cancer en collaboration avec des spécialistes, assurer des suivis de grossesse et du développement de l’enfant et intervenir auprès de patients à domicile lorsqu’ils sont moins en mesure de se déplacer.

La clinique prend aussi en charge des problèmes de santé courants, comme les fractures, les coupures, les blessures, les rhinites et les pharyngites. Des cultures de gorge et certains tests rapides peuvent également être réalisés sur place.

Bien qu’elle ne constitue pas un centre spécialisé dans ce type de pratique, la clinique peut effectuer certains prélèvements lorsque la situation d’un patient le justifie, notamment pour une personne vulnérable ou lorsqu’un résultat est nécessaire rapidement.

L’objectif est de limiter les déplacements des patients et de regrouper plusieurs services au même endroit.

La clinique joue également un rôle dans la réorientation de certains patients qui se présentent à l’urgence avec des problèmes de santé considérés comme moins prioritaires.

Des plages sont notamment réservées aux patients classés P4 et P5 à l’urgence, soit ceux qui peuvent devoir attendre plus longtemps avant d’être vus.

Selon M. Pelletier-Laliberté, cette organisation s’inscrit dans une approche où différents professionnels sont appelés à travailler en complémentarité. La clinique ne constitue pas un remplacement des groupes de médecine familiale. Elle se veut plutôt complémentaire aux GMF et aux autres services du réseau.

«Il faut vraiment que tout le monde aille au maximum de leur champ de pratique pour qu’on puisse y arriver en tant que réseau de la santé», affirme-t-il.

Une équipe multidisciplinaire

La clinique compte plusieurs types de professionnels, dont huit IPS en première ligne, deux en santé mentale, trois infirmières cliniciennes, une physiothérapeute et, bientôt, une nutritionniste. Au total, environ 16 professionnels travaillent sur les lieux et couvrent également la région de Lotbinière. 

Des équipes spécialisées du réseau collaborent également avec la clinique, notamment pour le dépistage et le traitement des infections transmissibles sexuellement et par le sang.

La formation occupe aussi une place importante dans l’offre. Une salle de supervision munie d’une vitre miroir permet notamment aux stagiaires d’observer lors de consultations sans être directement dans la pièce avec le patient, afin de permettre une rétroaction, tout en offrant au stagiaire un environnement qui se rapproche le plus possible d’une consultation normale.

La clinique accueille progressivement davantage de patients. Selon les données compilées par sa responsable, plus de 400 patients différents ont été vus au cours d’une même semaine récemment.

Depuis son ouverture en avril, l’équipe affirme avoir dû s’adapter à certains enjeux liés au démarrage du projet, mais considère que la mise en place se déroule bien.

«Tout le monde a la volonté que ça marche. Pour de vrai, j’ai la meilleure équipe. Je leur dis pratiquement tous les jours. Ils ont tellement envie de faire partie de la solution», assure Andy Pelletier-Laliberté.

Le modèle pourrait d’ailleurs être appelé à prendre de l’ampleur. M. Pelletier-Laliberté estime que les cliniques d’IPS peuvent contribuer à répondre aux besoins du réseau de la santé, particulièrement dans un contexte de vieillissement de la population et de disponibilité limitée des professionnels.

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