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Albatros Lévis en plein développement

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Les Caisses Desjardins de Lévis et de la Chaudière ont fait un don à Albatros Lévis. – Photo : Courtoisie

14 juil. 2023 09:01

Depuis 32 ans, Albatros Lévis accompagne les personnes en fin de vie et leurs proches. Cette année, c’est l’organisme qui franchira une autre étape de son existence grâce au déploiement de sa nouvelle planification stratégique et l’embauche d’une directrice.

Par Aude Malaret

Albatros Lévis s’apprête à franchir une nouvelle étape de son développement. Depuis ses débuts, l’organisme tire sa force de ses bénévoles et d’un conseil d’administration composé de membres impliqués et généreux de leur temps. Pour mener à bien sa mission, ce ne sont pas moins de 5 000 heures par année en gestion et en administration qui sont nécessaires.

Dans le but de soutenir leur travail et de renforcer la structure de l’organisme, Albatros Lévis a décidé de se doter d’une permanence, grâce à l’embauche de salariés. En plus d’une adjointe administrative, une directrice générale assurera la conduite des opérations de l’organisme. C’est  Sarah Gauvin, ancienne directrice générale du Service d’entraide de Breakeyville, qui occupera ce poste dès le 14 août.

«Actuellement, le conseil d’administration est plus opérationnel que stratégique. C’est très lourd d’assumer tout ça. On est rendu au bout de ce qu’on peut donner comme heures de bénévolat. Albatros Lévis, c’est 150 membres, dont 55 personnes qui accompagnent les personnes en fin de vie», explique Jean Gagnon, vice-président aux communications chez Albatros Lévis.

Une précieuse aide financière

Pour effectuer ces changement, l’organisme a notamment pu compter sur une aide financière des Caisses Desjardins de Lévis et de la Chaudière. Grâce au soutien de ces institutions financières, Albatros Lévis pourra concrétiser le plan d’action qui assurera sa pérennité.

«Cet argent va nous permettre de nous offrir des outils qui vont servir à déployer la planification stratégique de notre organisation», complète Annette Giguère, la présidente d’Albatros Lévis.

Au sein du mouvement Albatros, qui est national et qui existe depuis les années 1980, sont réunis 14 organismes affiliés, dont celui de Lévis. D’ailleurs, plusieurs de ces organisations fonctionnent déjà avec la présence de salariés.

En plus de renforcer la solidité de l’organisme, cette nouvelle structure permettra à Albatros Lévis de recevoir davantage de subventions du programme de soutien aux organismes communautaires du CISSS, puisque le montant accordé suit la croissance de l’organisme. Ainsi, les dons d’organisations et d’entreprises, telles que Desjardins, donnent le coup de pouce indispensable à Albatros Lévis pour franchir cette étape supplémentaire de son développement.

Des accompagnements qui changent la fin de vie

Depuis 2010, Albatros Lévis a réalisé 1 794 accompagnements, soit 20 022 heures d’accompagnement, et formé 696 personnes à l’accompagnement palliatif. «On accompagne dès le moment où une personne est déclarée atteinte d’une maladie non-curative, partage Jean Gagnon. Certaines personnes accompagnées ont même vécu un peu plus longtemps parce qu’elles étaient accompagnées.»

Habituellement, l’accompagnant palliatif se rend auprès de la personne trois heures par semaine, pendant plusieurs semaines, quelques mois ou parfois même deux à trois années. Les personnes peuvent être accompagnées à domicile, dans les résidences de personnes âgées, dans certains CHSLD, à l’unité des soins palliatifs de l’Hôtel-Dieu de Lévis, plus rarement à la Maison de soins palliatifs du Littoral, quand une personne a d’abord bénéficié d’un accompagnement à domicile et souhaite poursuivre avec le même bénévole.

«Il n’y a pas d’accompagnement type, parce que c’est en fonction de la personne accompagnée. Ça peut être trois heures à écouter la télévision sans dire un mot, ça peut être trois heures à tenir la main de la personne dans son lit, ça peut être une heure à jaser de tout et de rien, une heure à faire la lecture et une autre heure à l’écouter raconter sa vie, ses angoisses, ses inquiétudes face à ce qui s’en vient demain, jouer aux échecs, aller marcher. On n’arrive pas là avec un programme», raconte-t-il.

Le rôle du bénévole, c’est aussi de «faire parler l’autre». «La personne possède en elle-même une bonne part des réponses aux questions qu’elle porte. Comme accompagnant, on souhaite amener la personne à creuser en elle pour trouver les réponses par elle-même. Alors, on lui demande : ‘‘Qu’est-ce que vous en pensez? Pourquoi vous vous posez cette question?’’»

Toutes les personnes qui deviennent accompagnant palliatif ont suivi la formation Albatros de 36 heures, qui comporte 12 modules de 3 heures «où on va embrasser tous les volets de la fin de vie, les conditions physiques, sociologiques, communicationnelles, spirituelles, le deuil, l’agonie et la mort. On va visiter le salon Claude Marcoux au complet et ça démystifie beaucoup la mort».

Offertes deux à trois fois par année, cette formation est suivie par «70 à 75 % de gens qui ne deviendront pas bénévoles Albatros», mais viennent la suivre pour se préparer à vivre l’accompagnement éventuel d’un proche.

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