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Traitement des eaux usées

La Ville de Lévis met les points sur les i

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Photo : Catherine D'Amours

09 mars 2026 06:05

Après que le moratoire et la situation de la Station de traitement des eaux usées (STEU) de Saint-Nicolas aient fait couler beaucoup d’encre dans la dernière semaine, la Ville de Lévis a tenu une rencontre avec les journalistes afin de revenir sur l’état des STEU Saint-Nicolas et Desjardins, ainsi que sur son plan pour la suite.

Rappelons que l’ancien conseil municipal de la Ville de Lévis a décidé d’adopter un règlement touchant le développement en novembre 2024 en raison de la surcharge des stations de traitements des eaux usées de Desjardins et Saint-Nicolas. 

David Boudreault, directeur adjoint à la planification intégrée du territoire, a fait un retour sur les grandes lignes et l’évolution du territoire lévisien dans les dernières années, notant d’abord que le territoire de la Ville de Lévis est constitué pour les trois quarts de zones agricoles, obligeant la densification. C’est en ce sens que, compte tenu des nouvelles réglementations provinciales, la Ville s’est tournée vers la densification et plus particulièrement vers deux pôles : Chaudière et Desjardins. 

De 2015 à 2025, la population lévisienne est passée de 144 560 à 161 582 personnes. En 2019, l’Institut de la statistique du Québec prévoyait que Lévis allait atteindre ce cap en 2046.

Le nombre d’unités d’habitation construite sur le territoire a également suivi cette progression, se hissant à 3 863 nouvelles unités pour l’année 2024. 

Notons que les intervenants n’ont pas pu se prononcer sur certains aspects du dossier, dont les dates où les signaux d’alarme ont été lancés, par exemple, comme il s’agit d’éléments faisant partie de la réponse de la Ville de Lévis aux poursuites qui ont été intentés contre elle par plusieurs promoteurs. 

Des stations à ras bord 

Du côté des stations de traitement des eaux usées de Saint-Nicolas et de Desjardins, le constat opérationnel est le même pour les intervenants de la Ville : celles-ci ne possèdent aucune capacité résiduelle. «Des travaux majeurs devront être réalisés pour assurer la pérennité de la STEU et augmenter sa capacité afin de respecter les normes.» 

La situation et le plan diffèrent toutefois pour chacune des stations, alors que celles-ci n’utilisent pas le même système de traitement des eaux usées. 

Au total, ce sont plus de 600 M$ qui seront investis par la Ville sur une période de dix ans pour l’ensemble des infrastructures en eau. De ce montant, un peu plus de 200 M$ iront aux stations de traitements des eaux usées du territoire. Du 200 M$, 155 M$ sont affectés aux STEU Desjardins et de Saint-Nicolas. 

Dérivations à Saint-Nicolas

Alors que des médias avaient indiqués dans la semaine du 23 février que la STEU de Saint-Nicolas avait rejeté 15 % d’eaux usées dans l’affluent en 2023 et que le maire de Lévis, Steven Blaney, n’avait pas été en mesure de partager les données plus récentes, les experts de la Ville sont revenus sur le sujet lors de la rencontre. 

En effet, pour l’année 2023, ce sont 16 % des eaux usées qui ont été rejetées dans l’affluent après n’être seulement passées qu’au dégrillage et au dessablage. De ce nombre, ce sont 5 % de ces dérivations, sanctionnables, qui ont été réalisées en temps sec. 

Pour l’année 2025, le nombre total de dérivations est passé à 23 % et le pourcentage sanctionnable à 9 %. 

«C’est un choix professionnel qu’on a fait au niveau opérationnel. C’est de procéder à la dérivation. On pourrait ne pas dériver, mais ça ferait en sorte que le traitement au complet ne rencontrerait pas les normes», a indiqué le directeur général adjoint par intérim et directeur de l’entretien des infrastructures, François Bélanger.

Pour la station Desjardins, aucune dérivation n’a été réalisée comme la station de traitements des eaux utilise un système différent qui ne permet pas la dérivation. 

Un plan retardé 

Bien que le plan d’action pour les deux stations soit déjà en marche, il est à noter qu’à ce moment-ci, la fin des travaux prévue diffère de celle présentée en février 2025. Ceux-ci devaient alors se conclure en 2028, mais l’administration prévoit un délai supplémentaire de neuf mois dans le secteur Saint-Nicolas et de six mois pour Desjardins. Ce serait la «complexité» du projet ainsi que «certaines discussions avec le ministère» de l’Environnement qui ferait que le projet d’augmentation de la capacité des stations retarde, a expliqué le directeur du génie de la Ville de Lévis, Pierre Lefèvre. 

Au niveau des investissements, les coûts se chiffrent désormais à 155,2 M$. Lors de la présentation en 2025, ceux-ci se étaient plutôt estimés à 93,6 M$. 

«On ne parle pas de dépassement de coût. On est encore dans la phase d’initialisation et d’avant-projet. On n’a pas défini le choix final du projet, donc il évolue dans sa planification avec l’équipe du génie», a tenu à expliquer David Boudreault.

En fin de séance, ce dernier a conclu en rappelant qu’ «au 29 novembre 2026, ce sera la fin du cycle de deux ans des deux règlements (sur le moratoire), donc le conseil municipal aura une décision à prendre d’abroger, de modifier ou de reconduire ces deux règlements». 

Le maire de Lévis présentera d’ailleurs «les enjeux d’orientation au point de vue de la prévisibilité» le 11 mars au sujet du moratoire sur les nouvelles constructions. 

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