C’est dans les années 80 que Jean-François Carrier a débuté sa carrière au sein de la Société de développement économique de Lévis, maintenant connue sous le nom de Développement économique Lévis. À l’époque, celle-ci était un organisme indépendant de la Ville de Lévis, ayant pour but notamment de soutenir les entreprises d’ici et le développement économique de la région par le soutien à l’implantation de projets structurants. Le Lévisien y a fait son entrée à titre de commissaire industriel, avant d’en reprendre la direction générale.
Parmi les dossiers majeurs de sa carrière, ce dernier a mené de front et s’est battu pour l’implantation d’un canal permettant la traversée du gaz naturel à Lévis.
«À l’époque, c’était un avantage concurrentiel que possédait la ville de Québec. À Lévis, on n’en avait pas et ça plombait le développement économique et la progression de nos entreprises qui nécessitaient de grandes consommations d’énergie», explique-t-il.
Jean-François Carrier raconte, avec son équipe, avoir dû amener Gaz Métropolitain, aujourd’hui Énergir, devant les tribunaux afin d’obtenir gain de cause et que la Rive-Sud soit connectée au réseau de gaz naturel. Malgré les embûches, le projet a vu le jour et un tunnel et des conduits ont été construits sous le fleuve pour permettre le transit.
«C’était un projet quand même très structurant pour la communauté parce que ce sont l’Hôtel-Dieu de Lévis, FritoLay et de grands consommateurs d’énergie qui en ont bénéficié, mais ça a été toute une bataille», ajoute l’ancien directeur général de la société de développement.
Durant ses 25 années au sein de cet organisme, Jean-François Carrier a également aidé des entreprises d’ici à se construire, tels que Creaform ou Jambette, mais a aussi œuvré à amener des entreprises d’ailleurs à installer leurs activités à Lévis. Celui-ci donne en exemple l’implantation de l’usine de FritoLay, à Lauzon.
«On était en compétition à ce moment-là avec différentes usines pour voir ce que le milieu pouvait offrir. J’avais eu deux mois pour monter un dossier avec des subventions pour les amener à faire leur investissement à Lévis et on avait réussi à le faire avec la collaboration de Jean Garon, Denis Guay, Bernard Landry (NDLR : anciens député de Lévis, maire de Lévis et ministre de l’Économie). Ça a été une expérience que je n’aurais jamais imaginé vivre dans ma vie. Je me suis ramassé dans un jet privé du président de la compagnie Pepsico pour aller en Indiana pour nous montrer de quoi ça aurait l’air si on acceptait le projet à Lauzon», se remémore le Lévisien.
Une opportunité nouvelle
C’est en 2009 que l’opportunité de prendre la direction générale de la STLévis s’est présentée à Jean-François Carrier.
«Le mandat qu’on m’avait donné quand je suis arrivé était d’amener la société au même rythme où la ville était rendue en développement. J’ai pris goût [à l’organisation] parce que j’ai vu tout le potentiel qu’il y avait. Ma lecture, c’était que c’était un levier de développement économique, social et environnemental incroyable et ça s’est confirmé par la suite», maintient-il.
À son arrivée, la STLévis comptait sur une flotte d’une cinquantaine d’autobus à renouveler, un financement à gagner par l’obtention du fonds sur l’immatriculation ainsi que des enjeux d’espace et de personnel.
«Il a fallu négocier des acquisitions d’autobus. On avait une somme qui nous était réservée pour faire du développement qui était nettement inférieure à ce qu’on avait comme attentes par rapport à notre plan de développement. Alors, on a renégocié avec le gouvernement pour qu’il augmente le plafond en 2010», énumère le directeur général.
Avec son équipe, il a également travaillé à revoir l’offre des trajets, qui étaient auparavant concentrés de Lévis vers Québec pour augmenter les possibilités de déplacement à Lévis. Par cette vision, avec les années, la STLévis a dû investir dans plus d’autobus et un nouveau garage. Dans son mandat, Jean-François Carrier avait le devoir de changer la façon de rendre les titres de transport accessibles aux usagers.
C’est en usant de ses contacts auprès de la Société de transport de Montréal (STM), propriétaire du système Opus, et en travaillant en partenariat avec eux que Jean-François Carrier a pu changer le système d’achat de titres pour amener le système Opus à Lévis.
«On a lancé tous ces projets-là en simultané, puis graduellement, l’achalandage a progressé et les sommes sont venues du gouvernement. Donc, on a fait un deuxième agrandissement et là, on est en train de finaliser l’implantation de notre nouveau système de billeterie qui va nous permettre de faire le paiement par téléphone ou par la carte de crédit directement sans avoir besoin d’avoir un titre de transport», souligne le directeur général.
Plus récemment, le directeur général a travaillé au début de l’électrification de la flotte lévisienne, alors que les premiers autobus électriques ont fait leur arrivée en 2026 et que la STLévis a concrétisé l’électrification de son garage sur la rue Saint-Omer. Un nouveau système de suivi des autobus et de suivi du trajet pour les usagers a également été mis en place dans les véhicules.
Après tout ce développement, Jean-François Carrier sent laisser la STLévis à un autre niveau. Ce dernier se dit chanceux d’avoir eu des personnes, des collègues et partenaires autour de lui qui ont été présents à ses côtés pour l’aider et développer l’organisation et ses projets.
«J’ai côtoyé plein de gens que j’ai aimés, qui m’ont aidé et que j’ai aidés. Je quitte la tête haute. J’ai l’impression d’avoir réalisé le mandat qu’on m’avait donné, d’amener la société à un autre niveau. La nouvelle génération va l’apporter à un autre niveau. Je pense qu’ils ont de bonnes idées et il faut qu’ils réussissent à les vendre», conclut le directeur général de la STLévis.
Jean-François Carrier demeurera en fonction jusqu’au 30 septembre, avant d’assurer un rôle de conseiller jusqu’au 31 décembre auprès de la personne qui prendra la relève à la direction de la STLévis.
D’ailleurs la STLévis a annoncé, le 8 juillet, que c’est Éric Savard, qui possède une vingtaine d’années d’expérience dans la gestion d’entreprises de transport et de logistique, qui prendra la relève.