Pour justifier ce potentiel délai de plus de deux ans entre la possible arrivée au pouvoir du PQ et cette hypothétique consultation populaire, Paul St-Pierre Plamondon cite principalement le climat incertain sur la scène internationale provoqué par les décisions de l'actuel président américain.
Après avoir affirmé dans les derniers mois que le PQ «exercerait son jugement pour choisir le moment de la consultation», l'engagement de ne pas tenir de référendum d'ici le 20 janvier 2029 permettra de «désamorcer complètement l’argument selon lequel ce serait le pire moment pour réfléchir à notre avenir», selon Paul St-Pierre Plamondon.
«Un enjeu aussi crucial que celui de l’avenir politique du Québec exige des conditions qui permettent un débat éclairé et serein. Il ne doit pas être confisqué par les soubresauts de la politique américaine, ni par les coups d’éclat d’un président imprévisible, ni par des campagnes de peur. Cette imprévisibilité de l’administration américaine nuira à notre processus ainsi qu’à la qualité du débat sur notre avenir comme nation», a déclaré le leader souverainiste.
Du même souffle, Paul St-Pierre Plamondon estime qu'un possible gouvernement péquiste devra d'abord s'attaquer «aux reculs et au déclin inquiétant subis par le Québec au cours des dernières années», en raison de diverses décisions du gouvernement fédéral «nuisibles» au Québec ainsi que «l'inaction et la mauvaise gestion» de la Coalition avenir Québec (CAQ) au cours des huit dernières années. Il craint d'ailleurs que la CAQ tente de distraire les électeurs «pour tenter de tromper la volonté de changement réelle des Québécois».
«Nous allons remettre de l’ordre dans nos services publics en réduisant la bureaucratie, nous attaquer avec efficacité à la crise du coût de la vie, répondre à la crise du logement, lutter contre l’itinérance, mettre fin au gaspillage éhonté de fonds publics, nous occuper de la santé physique et mentale de nos gens et redonner aux Québécois le goût du Québec. (...) Comme les gouvernements de René Lévesque et de Jacques Parizeau l’ont fait avant nous, nous voulons redonner aux Québécois confiance en eux-mêmes, comme nation. J’ai confiance en notre capacité comme peuple de se relever et de décider par nous-mêmes de notre avenir», a conclu M. St-Pierre Plamondon.
Pluie de critiques
Cette temporisation décidée par le chef souverainiste a alimenté les attaques de plusieurs adversaires politiques en vue de la campagne électorale à venir.
«Le Québec a besoin de stabilité et de prévisibilité, pas d’une nouvelle période d’incertitude. Le PQ nous dit qu’il n’y aura pas de référendum tant que Donald Trump sera président. Mais après? Cette incertitude est préoccupante, notamment pour notre économie et notre capacité à attirer des investissements. Nous, on veut parler de l’avenir du Québec et travailler sur les vraies priorités des Québécois, pas replonger le Québec dans l’instabilité», a lancé Bernard Drainville, ministre caquiste de l'Économie et député de Lévis.
«Aujourd’hui, Paul St-Pierre Plamondon essaie de faire oublier aux Québécois ce qu'il leur propose réellement. Il ne renonce pas à son référendum. Autrement dit, il vient d'admettre que son projet est trop risqué pour le Québec dans le contexte économique actuel, sans pour autant y renoncer. Il a raison sur une chose : c'est risqué. Mais ce qui est risqué aujourd'hui le sera encore après Donald Trump. Face aux menaces tarifaires et à l'incertitude économique, le Québec a besoin d'un leader économique capable de bâtir des alliances, pas d'un premier ministre qui cherche le moment où il serait le moins risqué de créer davantage d'incertitude», a pour sa part partagé Charles Milliard, le chef du Parti libéral du Québec.
«PSPP est une vraie girouette référendiste! Comment faire confiance à quelqu’un qui a répété pendant cinq ans qu’il ferait l’indépendance coûte que coûte, puis change d’idée à une semaine des élections? Si un autre gouvernement protectionniste prend le pouvoir à Washington, que fera-t-il? Repousser encore son projet? Le Québec n’a pas à se faire dicter son agenda politique par les Américains. Donner la balance du pouvoir au Parti conservateur du Québec permettrait d’éviter un référendum et de concentrer le gouvernement sur le pouvoir d’achat, la compétitivité de nos entreprises, l’accès aux soins et l’accès à la propriété pour les jeunes», a quant à lui soutenu Éric Duhaime, le chef du Parti conservateur du Québec.