Par Agence Science-Presse - (www.sciencepresse.qc.ca)
Le sommeil n’est bien sûr pas unique aux humains : la neurologie a établi depuis plus de 10 ans que chez toute créature dotée d’un cerveau, le sommeil sert à réorganiser les souvenirs et à «nettoyer» le cerveau par un mécanisme qui sert à se débarrasser des déchets accumulés pendant la journée.
Cependant, la méduse n’a pas de cerveau : elle dispose d’un réseau de neurones réparti dans son corps, mais sans «matière grise» centrale. Il en est d’ailleurs de même pour tout un groupe d’animaux aquatiques appelé les cnidaires, qui inclut les anémones et les coraux. Il en est également de même pour les escargots.
Il semblait jusqu’ici logique de conclure que le sommeil était quelque chose qui avait évolué, il y a des centaines de millions d’années, en même temps que les cerveaux. Mais les comportements de la méduse et d’une anémone de mer obligent à faire reculer l’horloge, écrivent des chercheurs israéliens en neurosciences dans la revue Nature Communications. Le sommeil pourrait être inhérent aux réseaux de neurones, une «structure» qui a probablement évolué, chez les premiers organismes marins, avant les cerveaux.
Les chercheurs sont arrivés à cette conclusion d’un cycle veille-sommeil par deux méthodes : en laboratoire, ils ont mesuré les réactions d’une espèce appelée Cassiopea andromeda lors de variations de l’éclairage artificiel dans la pièce. Ils ont aussi mesuré l’accumulation de microdommages sur l’ADN des neurones de ces méduses et d’anémones de mer pendant la journée, lesquels semblent s’atténuer pendant la nuit. Ce dernier détail tend lui aussi à confirmer que l’opération de «nettoyage» pendant le sommeil aurait elle aussi commencé, il y a très longtemps, avec les premiers réseaux de neurones de l’histoire de notre planète.
Cette méduse reste d’ordinaire bien installée au fond de l’aquarium, ses six tentacules «en l’air». Les enregistrements révèlent que lorsque les lumières sont allumées — le «jour» — le corps de la bestiole «bat» en moyenne 37 fois par minute et réagit rapidement lorsque de la nourriture passe à proximité. La nuit, les pulsations diminuent et il faut plus longtemps à la méduse pour réagir, suggérant qu’elle est endormie.
Comme quoi la vie est dure pour les méduses, elle fait aussi une sieste d’une à deux heures, en milieu de journée.
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