Par Agence Science-Presse - www.sciencepresse.qc.ca
Les premières heures d’Artemis 2
Huit minutes après le lancement, survenu mercredi à 18 h 35 en Floride, le réacteur principal s’est arrêté comme prévu et s’est détaché, retombant dans les eaux du Pacifique. L’équipage était en orbite.
Pendant la quarantaine de minutes suivantes, les panneaux solaires ont été déployés et, à l’intérieur de la capsule Orion, des équipements de base ont été branchés — dont la toilette.
Après quoi, l’engin a effectué sa première correction de trajectoire, pour se placer sur une orbite plus stable et circulaire.
Une heure plus tard, deuxième correction d’orbite : 15 minutes de poussée du réacteur du deuxième étage, pour amener l’équipage sur une orbite élevée : 70 000 km d’altitude à son apogée (le point le plus élevé).
Près de 2 heures plus tard (environ 3 heures et demie après le lancement), séparation du deuxième étage (de son nom complet, interim cryogenic propulsion stage) et, pendant environ une heure, tests de navigation de la capsule Orion, pour profiter de la proximité de ce deuxième étage. Il s’agissait d’une répétition des manœuvres qui seront nécessaires le jour où d’autres astronautes devront manier avec un module lunaire.
Ensuite, repas et quatre heures de sommeil.
Le deuxième jour : 2 avril
L’étape suivante est «l’injection translunaire». C’est, historiquement, le nom donné à la manœuvre consistant à donner à un vaisseau spatial en orbite terrestre la poussée nécessaire pour l’envoyer vers la Lune.
Cette étape passe par l’allumage du réacteur principal du module de service européen — qui est la contribution de l’Agence spatiale européenne à ce voyage — attaché à la partie inférieure de la capsule Orion. C’est aussi sur ce module que sont déployés les quatre panneaux solaires.
Cet allumage devrait se faire approximativement 25 heures après le lancement, soit en début de soirée jeudi, au moment où l’engin atteint le périgée, la partie la plus basse de son orbite : à cette altitude, la gravité terrestre lui donne un petit coup de pouce supplémentaire. Si l’équipage n’a pas le feu vert des techniciens de la NASA, une deuxième tentative peut être faite 23,5 heures plus tard.
Une fois que le réacteur a fini son travail, l’engin est en route vers notre satellite, sur une trajectoire calculée de telle façon que, profitant de la gravité combinée de la Terre et de la Lune, il fera l’équivalent d’une courbe entre la Terre et la Lune, devenant plus accentuée à proximité de la Lune, en raison de la gravité. Aucune correction de trajectoire majeure n’est normalement nécessaire pendant les quatre jours entre la Terre et la Lune.
Le survol de la Lune et le retour : 6-10 avril
Au terme de cette «courbe», Orion survolera la Lune puis, sans s’arrêter, poursuivra sa course, cette fois vers la Terre. C’est la même manœuvre qu’avaient accomplie les astronautes d’Apollo 13 en 1970, lorsqu’un grave accident les avait empêchés d’aller se poser sur la Lune.
La communication radio sera interrompue pendant 30 à 50 minutes, lorsque l’engin passera derrière la Lune, au-dessus de sa face cachée. Les astronautes seront à ce moment à leur point le plus éloigné de la Terre : 402 000 km, battant de peu le record d’Apollo 13. La raison du record : les autres missions Apollo s’étaient mises en orbite lunaire, plutôt que d’utiliser, comme Apollo 13, et comme Orion à présent, ce qu’on appelle une «trajectoire de retour libre», en anglais, «free-return trajectory», ainsi appelée parce qu’elle ne nécessite pas de carburant.
Pour Orion, des corrections mineures de trajectoire s’avéreront sans doute nécessaires après le survol de notre satellite.
Quatre autres jours plus tard, le module de service et Orion se sépareront, 20 minutes avant qu’Orion entre dans l’atmosphère. La capsule doit être récupérée par la marine américaine dans le Pacifique, comme à l’époque des missions Apollo.