À court terme, ce projet représente un investissement de 3,7 M$ pour la Ville de Lévis, en plus d’un crédit de taxes foncières pour les promoteurs des projets sur 20 ans. Au total, ce projet de 90 M$ connaîtra une implication financière de la Ville de 15,8 M$.
Le projet de logements abordables en collaboration avec le secteur privé situé dans le secteur Saint-Jean-Chrysostome, soit Les développements de demain, devrait coûter 40 000 $ par porte à la Ville, mais permet au promoteur de retirer l’aspect abordable de ses logements à tout moment avec une pénalité et à tout moment sans pénalité après 35 ans.
Le projet en collaboration avec le communautaire dans le secteur Desjardins et celui en partenariat avec Desjardins dans le secteur Saint-Romuald devraient coûter respectivement 57 000 $ et 72 000 $ par porte à la Ville.
Un projet qui ne fait pas l’unanimité
Puisque la Ville «ne s'est pas encore dotée d'une politique financière concernant le logement abordable», Steven Blaney, maire de Lévis, a accordé un vote libre au conseil municipal, afin que les élus ne soient pas limités à une ligne de parti.
Si le projet lié au communautaire et celui en collaboration avec Desjardins ont été adoptés à majorité, celui soutenu par le secteur privé a obtenu neuf voix en faveur, contre sept en défaveur. Bien qu’il soit le projet qui coûte le moins cher par porte à la Ville, soit 40 000 $, il accorde à des promoteurs privés des congés de taxes foncières pour 20 ans ainsi qu’un contrôle sur la pérennité des logements abordables.
Anick Tremblay, conseillère du district Saint-Romuald et élue du parti de Steven Blaney, Prospérité Lévis (PL), a critiqué les propositions en indiquant que le déficit en matière de gestion des actifs était «colossal» à Lévis et que la Ville devait connaître l’ampleur du problème avant de s’y attaquer.
«Il est fort probable que ce que nous constatons présentement ne représente que la pointe de l’iceberg. À l’heure actuelle, aucun chiffre précis du déficit de maintien des actifs de logement sociaux sur notre territoire n’a été transmis à la direction générale. Nous ne pouvons que constater qu’il est préoccupant, sans toutefois en connaître l’ampleur réelle. À mon sens, avant d’investir fortement dans de nouveaux logements sociaux, il serait important d’avoir une vision complète et partagée de l’état de nos actifs existant», souligne-t-elle, avant de s’opposer aux trois propositions.
De son côté, Audrey Bédard, conseillère du district Villieu, s’est également opposé au projet livré par le secteur privé, mais en soutenant plutôt seules projets portés par le communautaire ou par l’Office municipal d’habitation (OMH).
«C'est, selon nous, la meilleure façon de s'assurer que le logement abordable soit pérenne, explique-t-elle. On a un énorme manque à gagner, c'est important pour nous qu'on le développe, mais pas n'importe comment, a indiqué la conseillère municipale.»
Quant à elle, Karine Lavertu, conseillère du district Breakeyville, a souligné son désaccord envers le projet en critiquant fortement les crédits de taxes accordés aux promoteurs.
«Je pense que les citoyens doivent savoir qu'en 20 ans, on va avoir donné à un promoteur privé 7,5 M$ en crédits et subventions. Au bout de 35 ans, son bâtiment lui appartient. Il n’est pas obligé de continuer à donner des logements sociaux et abordables. Après avoir donné autant d’argent public dans un projet, je trouve inconcevable que le promoteur puisse faire ce qu’il veut avec ce bâtiment», ajoute-t-elle.