En effet, l'emploi grimpe à 515 500 postes (+1,2 %) et la population active progresse de 0,8 %, pour atteindre 531 400 personnes, dans la RMR de Québec.
Quant à lui, le taux de chômage a fléchi dans la région à 3 %, soit sous le seuil du plein emploi pour un deuxième mois consécutif. Parallèlement, le taux d’emploi bondit à 68,1 %, son plus haut niveau depuis 2019 et l’un des plus élevés de la dernière décennie.
«Un chômage trop bas comporte ses risques. Effectivement, lorsque la main-d’œuvre devient rare, les entreprises risquent de ralentir leurs décisions de recrutement et d’investissement, faute d’avoir la capacité à pourvoir des postes clés. Fait d’autant plus particulier, cette situation est asymétrique entre les secteurs industriels, révélant un marché du travail fortement hétérogène dans la région. De plus, un taux d’emploi en forte hausse peut alimenter les pressions inflationnistes, en poussant les entreprises à hausser les salaires, puis les prix», a prévenu Rosalie Forgues, économiste chez Québec International.
D'ailleurs, l'organisation estime que la région devra faire preuve de vigilance afin d'éviter des conséquences négatives face à ces bonnes nouvelles liées à l'emploi.
«Cette tension accrue pourrait engendrer des pénuries de main‑d’œuvre, freiner la réalisation de projets et augmenter les coûts de production, fragilisant ainsi la compétitivité des secteurs particulièrement exposés à la concurrence internationale. La région n’a pas encore atteint un seuil critique, mais l’actuel resserrement du marché du travail exige une vigilance accrue comme une économie en surchauffe peut devenir un frein à sa propre croissance», a ajouté Mme Forgues.
Si les jeunes travailleurs avaient plus de difficultés dans le marché du travail en 2025, ce n'était plus le cas en début d'année. Selon les données non désaisonnalisées de Statistique Canada, le taux de chômage des 15 à 24 ans s’établit à 3,2 % (-6,5 % sur un an), sous le seuil du plein emploi pour une première fois en 5 ans.
«La capacité d’absorption du marché du travail demeure, mais elle se concentre désormais sur la stabilisation, l’amélioration de la productivité et le renforcement des compétences. Ainsi, les jeunes doivent s’intégrer dans un marché du travail concurrentiel. Les prochains mois permettront donc de voir si le faible taux de chômage des 15 à 24 ans se maintient, dans un contexte où l’embauche se resserre dans certains secteurs clés», a conclu Rosalie Forgues.