La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) a accueilli avec soulagement la décision de la Régie de fixer la hausse tarifaire moyenne des tarifs d'électricité des PME à 3,6 % pour les années 2026, 2027 et 2028. Le regroupement s'inquiétait d'une approbation de la proposition initiale déposée par Hydro-Québec, la société d'État voulant augmenter les tarifs d'électricité des PME à 4,8 %.
«La décision de la Régie apporte un soulagement, mais elle laisse tout de même un arrière-goût amer pour les entrepreneurs. Soulagement, parce que la Régie n'a pas retenu la demande d'Hydro-Québec et a adopté une hausse moins élevée que celle proposée. Voilà une preuve de l'importance d'un contre-pouvoir. Cela dit, cette augmentation pour les trois prochaines années demeure l'une des plus fortes en 15 ans, et les PME continuent de payer davantage afin de maintenir des tarifs plus bas pour les clients résidentiels», a déclaré mi-figue mi-raisin François Vincent, vice‑président pour le Québec à la FCEI.
Du même souffle, la FCEI a argué que les PME avaient «besoin de prévisibilité et de modération dans leurs coûts d'énergie pour demeurer compétitives».
Hydro-Québec mécontente
Pour sa part, Hydro-Québec juge que la décision rendue par la Régie de l'énergie à l'égard de sa demande tarifaire «aura des impacts importants sur la mise en œuvre» de son Plan d'action 2035.
La société d'État déplore le refus de la Régie de l'énergie de «reconnaître les sommes nécessaires» pour améliorer la qualité du service, estimant les montants en jeu à 450 M$.
«Dans un contexte où le réseau doit être renforcé et modernisé afin de faire face à l'augmentation de la demande et aux aléas climatiques, cette situation limitera la capacité d'Hydro-Québec à déployer toutes les mesures nécessaires pour améliorer la fiabilité du service et réduire la fréquence et la durée des pannes. Lemaintien et l'amélioration de la qualité du service reposent sur des interventions soutenues dans le réseau de distribution, notamment pour le remplacement d'équipements vieillissants et la maîtrise de la végétation. Les aléas climatiques récents prouvent l'importance d'investir pour la fiabilité de notre service», a argué Hydro-Québec.
Aussi, la société d'État s'est plainte que la Régie ait décidé de réduire de 13 % les budgets demandés par Hydro-Québec pour les programmes d'efficacité énergétique et de gestion de la demande de puissance ainsi qu'elle ait refusé sa première mouture du tarif pour les surconsommateurs résidentiels, «outil visant à à favoriser une meilleure consommation et à réduire le gaspillage».
«La réduction des budgets aura pour effet de restreindre l'ampleur et le rythme de déploiement de plusieurs initiatives, tant pour la clientèle résidentielle que pour les clientèles d'affaires, y compris les ménages à faible revenu», a soutenu Hydro-Québec.
Hydro-Québec a ainsi partagé qu'elle analysera la décision en détail au cours des prochains jours afin de confirmer les tarifs applicables tout en évaluant «les options qui s'offrent à elle et déterminera la suite à donner».