Celui qui est originaire de Saint-Georges a entrepris la conférence tenue devant une salle comble en racontant les grandes lignes de son parcours. Il a été diplômé du Boston College en 1987, avant de fonder son entreprise en technologie de l’information et de rejoindre Le Groupe Canam Manac inc. en 1989.
Au sein du groupe, il est passé de vice-président exécutif en 2001, à président et chef de l’exploitation en 2003, puis président et chef de la direction de Groupe Canam inc. de 2012 à aujourd’hui.
Canam est une entreprise spécialisée dans la conception et la fabrication de composants métalliques pour l’industrie de la construction et mise sur 65 ans d’expérience.
Parmi les grandes réalisations de l’entreprise, on trouve la fourniture de la superstructure en acier des approches du pont Champlain, la construction du stade des Falcons d'Atlanta et la pose prochaine de la toiture du Stade olympique de Montréal.
En parallèle, M. Dutil est également le président-fondateur de l’École d’Entrepreneurship de Beauce depuis 20 ans. Ses implications lui ont d’abord valu le titre d’Entrepreneur de l’année EY pour le Québec et d’être nommé membre de l’Ordre du Canada pour ses implications communautaires et entrepreneuriales en 2013.
«Se déconstruire»
Marc Dutil a ensuite longuement abordé les difficultés du monde entrepreneurial et les défis qui peuvent se dresser dans un parcours professionnel. Selon lui, il est essentiel de «frapper un mur» afin de se «déconstruire» pour changer les choses.
«Fin 2016, je suis rentré à la maison et j’ai dit à ma blonde “je ne suis plus capable”, raconte Marc Dutil. Ça m’a pris quatre jours. J’étais à bout et brulé. […] Il faut que ça aille mal. Il faut mettre un genou par terre et frapper un mur pour ultimement se transformer. En 2016, j’ai dit “il faut que quelqu’un m’aide”. C’est dur de changer quand ça va bien, il faut se déconstruire.»
Pour le Groupe Canam, la «déconstruction» réfère au moment où l’entreprise a été acquise à 60 % par un fonds d’investissement américain.
«On a passé une heure dans l’usine (avec les Américains). Ils nous regardent et nous disent “on pense que vous êtes capables de produire la même quantité avec la moitié de monde ou de produire deux fois plus avec le même monde’’. Warren (directeur général de l’usine) a dit “on commence où?”», relate l’homme d’affaires.
Des leçons à tirer
Le natif de Saint-Georges a ensuite pris un moment pour expliquer en détail chacune des leçons qu’il a apprises et intégrées à son modus operandi.
Ces dernières sont le respect des différences au sein d’une équipe, de rendre visible l’authenticité, d’observer sans juger, d’agir sans délai ainsi que la fin des oui, mais.
Il soutient également qu’il est important de ne pas régler le problème. «Je ne sais pas quel problème vous voulez régler, mais il y en a un. Si vous avez un mur vide, rendez-le visible. Rendez ce problème visible et demain, on efface et on recommence.»
Puis, le point sur lequel il a le plus insisté est la priorisation de la santé-sécurité.
«Personne ne veut que Jimmy perde le bout de son doigt, image Marc Dutil. Si c’est arrivé alors que personne ne le veut, c’est que nous ne sommes pas en confiance, on n’est pas en contrôle de la formation, de l’embauche, de la sécurité des machines, des instructions de travail.»
Le père de cinq enfants a terminé la conférence en abordant l’importance de trouver un équilibre entre les différentes sphères de la vie lorsque questionné sur la manière d’avoir un équilibre travail-famille.
«Famille, travail, amitié, santé, loisirs, communautaire. Ce sont plein de dimensions qui sont constamment déséquilibrées. Il faut être capable de dire “je nourris chacune de ces choses-là dans ma vie”, mais de ne pas culpabiliser parce que le vendredi, il y a quelque chose là-dedans que vous oubliez. On se rattrapera plus tard», conclut Marc Dutil.