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La culture bulgare à l’honneur avec TSAR STANGRA

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Photo : Courtoisie

18 juil. 2026 04:31

Le groupe de métal à saveur bulgare TSAR STANGRA, mené par le Lévisien Stanislav Stefanovski, a lancé son nouvel album Hymns of the Broken Worlds, le 1er juillet dernier. Avec cette œuvre, l’ensemble souhaite utiliser la musique pour préserver et transmettre le patrimoine culturel de la Bulgarie.

Dans cet album de huit pistes interprétées entièrement en bulgare, le groupe transforme de la poésie, des textes païens et des incantations du pays pour en faire des œuvres foncièrement culturelles. Avec son ensemble, Stanislav Stefanovski met également de l’avant l’aspect barbare présent dans le folklore et la mythologie bulgare, qui se marie avec le côté brute de la musique métal.

«À l’époque, d’autres groupes de l’Europe de l’Est mélangeaient leur folklore à travers la musique, mais je n’avais pas trouvé l’équivalent bulgare pour ça, donc j’ai décidé que si ça n’existait pas, j’allais l’inventer. Ça va des costumes jusqu’au choix des textes. Les gens qui écoutent le projet, s’ils effectuent des recherches sur nos textes, vont en apprendre sur la culture. Même dans les costumes, on est inspiré par des choses qui existent déjà. C’est sûr que c’est très culturel et la musique l’accompagne, puisque c’est le produit de base», explique celui qui nourrit ce projet depuis 2007.

Un pont culturel

Né en Bulgarie, Stanislav Stefanovski a longtemps rejeté sa propre culture. Adolescent, il en était complexé et souhaitait «avoir l’air le plus Québécois possible». C’est en fouillant sur le folklore bulgare que le musicien a découvert sa propre culture, qui est très peu connue.

Depuis, la création de TSAR STANGRA, dont le nom est inspiré du musicien ukrainien Kniaz Varggoth, est devenue un pont entre deux cultures. Avec des textes issus du pays des Balkans et de la musique composée, enregistrée et produite au Québec par des artistes d’ici, le groupe veut faire rayonner ses deux cultures à l’international.

«J’ai deux missions avec ce projet-là. D’abord, je veux faire découvrir la culture bulgare à travers le métal. La deuxième mission, c’est d’inspirer les autres cultures à faire pareil. En ce moment, il y a un mouvement dans le métal où plein de pays commencent à incorporer le folklore de leur pays dans la musique. C’est un mouvement qui est répandu et qui commence à exister en Bulgarie. On veut alimenter ce phénomène pour trouver notre propre identité et notre unicité», soutient Stanislav Stefanovski.

Un parallèle à Angine de Poitrine
Si le groupe respecte les codes du black metal, son univers musical est inspiré des traditions bulgares. Ainsi, le collectif n’utilise pas la mesure 4/4 pour ses chansons, comme on la retrouve généralement dans le métal.

«C’est sûr qu’on sonne un peu funky, lance le meneur du groupe. Certains trouvent que c’est de l’avant-garde, mais, en réalité, on réutilise des vieilles mélodies ancestrales. On n’est simplement pas habitué de l’entendre.»

En plus d’un succès qui commence à se faire ressentir à l’international, la situation de TSAR STANGRA n’est pas sans rappeler les débuts d’Angine de Poitrine, le groupe de rock progressif saguenéen qui défie les codes occidentaux et qui fait maintenant fureur à travers la planète.

Bien que Stanislav Stefanovski soit conscient que le cas d’Angine de Poitrine, un groupe qu’il affectionne particulièrement, soit unique, celui-ci lui donne espoir d’une potentielle popularité.

«J’étais probablement un des plus heureux du succès d’Angine de Poitrine, puisqu’eux non plus n’utilisent pas la mesure 4/4. J’ai capoté quand j’ai vu que c’était viral, parce que dans le milieu métal, plusieurs personnes disent que si ce n’est pas en 4/4, ce n’est pas bon. Je l’ai entendu tellement souvent, que j’avais accepté que je resterais niché. Mon but, c’est de faire quelque chose qui n’a pas été fait. Je me disais donc que mon projet resterait comme ça, mais en voyant le succès de ce groupe-là, je capotais. Ça donne espoir à tout ce qui est pété, niché, progressif et underground», affirme le Lévisien.

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