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Pas facile d'être

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14 mars 2024 10:29

À mon avis, il n'est pas facile d'être un enseignant, un directeur d'école, un directeur général d'un centre de services scolaire, un administrateur d'un centre de services scolaire ou un parent d'élève.

Par Léopold Castonguay

Pas facile d'être un enseignant, car à 8h, tu es maman ou papa pour l'accueil des élèves. À 9h psychologue, à 10h travailleur social, à 11h acteur, à 12h préposé, à 13h négociateur, à 14h policier et à 15h formateur pour aider ses élèves à socialiser et se cultiver. À 16h, il doit planifier le travail du lendemain et maîtriser les nouvelles technologies.

Difficile donc de s'acquitter adéquatement de ces multiples tâches qui requièrent tant d'attention et de considération auprès de leur classe. Difficile aussi de concilier travail et famille, à travers les corrections, les communications aux parents et évaluer les travaux de leurs élèves.

Ce n'est là qu'un aperçu de la complexité de leur emploi, car là comme ailleurs, ils doivent gérer les relations avec l'équipe-école. Et veiller à préserver leur santé.

Pas facile d'être un directeur ou une directrice d'école ainsi qu'un directeur ou une directrice d'un centre de services scolaire.

Vous devez gérer l'équipe-école, la motiver, la soutenir. Vous devez suivre le budget et appliquer des conventions collectives. Vous devez vous occuper du bien-être des élèves et s'assurer d'un climat sain et respectueux. Vous devez créer des conditions favorables à l'apprentissage, porter une attention spéciale aux élèves avec des besoins particuliers. Vous devez aussi maintenir un canal de communication efficace avec les parents et le milieu ainsi qu'avec le ministère de l'Éducation, s'il y a lieu.

Difficile, car malheureusement, un bon nombre d'entre vous n'avez d'emblée pas tous les qualifications requises en gestion financière, en psychologie et en communication. Cependant, dans les plus grosses écoles, vous pouvez, pour compenser ces lacunes, compter sur un ou plusieurs adjoints. Il en est de même pour la direction générale d'un centre de services scolaire.

Pas facile d'être un administrateur ou une administratrice d'un centre de services scolaire. Vous devez connaître les rouages administratifs d'un centre de services et la portée de vos décisions. Vous devez connaître les lois qui régissent l'organisation, être au fait des enjeux du milieu de l'éducation et participer à la planification stratégique. Vous devez adopter les budgets, s'assurer de l'application des orientations du ministère et maintenir un lien harmonieux avec les municipalités du territoire.

C'est difficile pour des gens à temps partiel et bénévoles, comme vous, de posséder toutes les compétences nécessaires pour remplir complètement votre rôle dès le début de votre mandat. Heureusement, la plupart d'entre vous y viennent avec la meilleure volonté possible et un souci de participer à l'amélioration du système scolaire. Par ailleurs, vous êtes à même de constater que depuis la conversion des commissions scolaires en centres de services scolaires, les directions générales prennent de plus en plus de place dans la gouverne de la chose scolaire.

Pas facile d'être un parent. Vous avez à concilier les horaires des enfants, leur déjeuner, les lunchs et leur transport. Vous devez assurer la gestion des sacs à dos, prévoir une présence au retour de l'école, superviser les devoirs et les leçons et surtout accompagner vos enfants dans leur réussite scolaire.

C'est difficile, car vous travaillez souvent tous les deux et encore plus si vous êtes un parent monoparental. Vous essayez de concilier vos responsabilités familiales et professionnelles. Heureusement, vous pouvez cependant compter sur les fins de semaine pour prendre un peu plus de temps pour des activités «non programmées».

Une suggestion. Peut-on penser à oublier les devoirs de fin de semaine? Sont-ils nécessaires à la réussite des enfants? Difficile question qui m'amène même à proposer de reconsidérer la longueur des devoirs. Leur durée pourrait être revue en fonction des degrés. Par exemple, en première, deuxième et troisième année, les devoirs pourraient être abolis. En quatrième année, prévoir 10 minutes, en cinquième, 20 minutes, et en sixième, passer à 30 minutes. Pour les deux premières années du secondaire, on pourrait s'en tenir à 30 minutes tandis qu'aux autres degrés du secondaire, on pourrait se rendre à 40 minutes.

Ces propositions pourraient faire l'objet de discussions entre enseignants et parents pour en arriver à une durée pouvant varier dans le temps. Une autre avenue est aussi possible : prolonger le temps des présences à l'école pour l'aide aux devoirs sous la supervision et l'accompagnement d'enseignants.

En conclusion, j'ai partagé mon expérience du milieu scolaire avec vous et rêver de faire aimer davantage l'école. Il appartiendrait à tous les secteurs que je viens d'identifier pour trouver les «conditions gagnantes», pour faire un pas de plus vers la réussite scolaire et éviter le décrochage.

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