Par Jonathan Dussault
Pendant que c'est encore frais, je vous explique mon raisonnement. Rappelez-vous les résultats des dernières élections :
* Serge Bonin (17 866) et Isabelle Demers (15 592 votes) se sont présentés à la mairie.
Constats : Ils ont obtenu un nombre significatif de votes, mais n'ont pas remporté la mairie.
Résultat : Aucun siège pour eux au conseil de ville, malgré un fort appui citoyen.
Je compare des pommes et des oranges ici, mais pour avoir un aperçu des chiffres, un conseiller municipal qui gagne son pari reçoit environ 1 500 votes.
Le principe du colistier (ailleurs)
Dans des villes comme Montréal et Québec, un candidat défait à la mairie peut obtenir un siège de colistier (un candidat au poste de conseiller de district qui s'est engagé à céder son siège) est élu. C'est une façon de s'assurer que les chefs de parti et leurs idées ne disparaissent pas complètement du conseil.
Pourquoi Lévis devrait l'adopter ou le réformer?
Imaginez un conseil de ville avec l'expertise et la vision de Serge Bonin et Isabelle Demers. Leur présence aurait forcé de meilleurs débats, apporté des perspectives diversifiées et tenu le parti au pouvoir davantage responsable. Un conseil fort est un conseil qui inclut de l'opposition et des idées variées. En se dotant d'une telle réforme, on permet une pondération du risque de se lancer à la mairie et on ouvre la porte à une opposition plus forte et mieux structurée.
En ce moment, on ne sait guère ce que réserve l'avenir à M. Bonin et Mme Demers qui doivent se trouver un nouveau gagne pain. Avec le principe de colistier, les deux auraient probablement obtenu un rôle de conseiller au vu de leurs nombres de voix et nous, la population, on aurait gardé une expertise bien précieuse au conseil de ville. Si mes chiffres sont bons, Mme Demers a servi quatre mandats, et M. Bonin représentait son quartier depuis 2021. On perd donc environ 20 ans d'expérience provenant de politiciens qui ne quittent pas faute de soutien et qui auraient possiblement accepté de continuer.
Il est temps que Lévis se dote d'un conseil de ville plus fort et plus représentatif! Nous devrions exiger que nos élus actuels étudient une réforme de la loi ou l'adoption d'un règlement pour permettre :
- L'entrée au conseil des candidats défaits à la mairie ;
- L'application du principe de colistier tel qu'utilisé à Montréal et Québec.
Qu'en pensez-vous? Lévis bénéficierait-elle d'un système qui garantit la présence de chefs d'opposition défaits au conseil?
Cette chronique fait partie de notre section Opinions, qui favorise une pluralité d'idées. Elle reflète l'opinion de son auteur, pas celle du Journal de Lévis.