Par Clément Genest
L’investissement semble rationnel, mais nos décisions sont souvent influencées par des biais cognitifs. Ces distorsions mentales peuvent entraîner des erreurs coûteuses. Et même les investisseurs aguerris ne sont pas à l’abri de ces erreurs. Voici les principaux biais et leurs impacts, illustrés par des exemples réels.
1. L’aversion aux pertes
Principe : Une perte est ressentie deux fois plus intensément qu’un gain équivalent.
Exemple concret : Un investisseur achète des actions de Société X à 50 $. Elles chutent à 35 $. Plutôt que de vendre et limiter la perte, il conserve en espérant un rebond, immobilisant son capital pendant des années.
Résultat : il rate d’autres opportunités plus rentables, pendant que le titre continu de baisser.
2. Le biais de confirmation
Principe : Nous privilégions les informations qui confirment nos croyances.
Exemple concret : Un investisseur convaincu que le secteur des cryptomonnaies va exploser lit uniquement des articles optimistes et ignore les avertissements sur la volatilité. Il investit massivement avant une correction brutale, perdant 40 % de son capital.
3. Le biais d’ancrage
Principe : Nous nous fixons sur une valeur initiale (prix d’achat, prévision).
Exemple concret : Une action achetée à 100$ tombe à 80 $. L’investisseur refuse de vendre car il «attend» qu’elle revienne à 100 $, même si les fondamentaux se sont dégradés. Pendant ce temps, le titre continue de baisser à 60 $.
4. La surconfiance
Principe : Surestimer ses compétences et sous-estimer les risques.
Exemple concret : Un investisseur amateur réalise trois gains consécutifs et croit avoir «trouvé la formule». Il augmente ses positions avec effet de levier. Une mauvaise annonce économique survient : il perd en une journée l’équivalent de ses gains sur six mois.
5. L’effet de troupeau (mimétisme)
Principe : Imiter les autres par peur de manquer une opportunité.
Exemple concret : Lors de la bulle technologique de 2000-2001, des milliers d’investisseurs ont acheté des actions NORTEL à plus de 100 $ sans analyser les bilans. Quand la bulle a éclaté, les cours se sont effondrés, entraînant des pertes massives. Et l’action de NORTEL valait moins de 1 $.
Comment limiter ces biais ?
• Plan d’investissement clair : définir des objectifs à long terme.
• Diversification : ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier.
• Indicateurs objectifs : ratios financiers, analyses quantitatives.
• Prendre du recul émotionnel : éviter les décisions impulsives.
• Avis externe : faite affaire avec un conseiller indépendant.
Conclusion
Les biais cognitifs sont inévitables, mais en les identifiant et en adoptant des stratégies pour les contrer, on peut améliorer ses décisions et ses performances. Investir, c’est aussi gérer ses émotions.
Cette chronique fait partie de notre section Opinions, qui favorise une pluralité d'idées. Elle reflète l'opinion de son auteur, pas celle du Journal de Lévis.